PALUDISME CHRONIQUE
miliaire d^origine palustre. Je n'ai pas eu roccasion d'observer cette altération du foie en Algérie.
D. Reins. — Par ordre de fréquence, les altérations des reins, dans le paludisme chronique, méritent de prendre place après celles de la rate et du foie.
D'après Kiener, les altérations des reins se rapportent à deux types : 1° rein engorgé, 2* rein atrophié.
Les reins engorgés sont volumineux, augmentés de poids; la surface est lisse, la consistance ferme, la coloration d'un rouge sombre; la congestion est marquée surtout dans les pyramides. Tous les vaisseaux sont distendus et la congestion est parfois si forte qu'il se produit des hémorragies interstitielles ou dans rintérieur des tubuli. L'épithélium des tubuli est granuleux.
Les reins atrophiés sont petits, bosselés; la capsule est adhé. rente; la consistance est augmentée; les reins présentent une teinte marron ou acajou, ou bien un aspect tacheté. II existe souvent de petits kystes.
Le microscope révèle des altérations qui portent à la fois sur la trame conjonctive et sur Tépithélium des tubuli. Il s'agit donc, le plus souvent, d'une néphrite mixte.
Deux fois j'ai constaté la dégénérescence amyloïde des petits vaisseaux, mais dans ces deux cas la cachexie palustre était compliquée de pneumonie chronique avec dilatation des bronches.
E. Tube digestif. — La dysenterie étant en général commune dans les pays palustres, on comprend qu'il ne soit pas rare de trouver, à l'autopsie des cachectiques, les traces d'une dysenterie antérieure : pigmentation au niveau des follicules clos du gros intestin, cicatrices fibreuses, rétrécissements, ulcérations de la muqueuse; il s'agit là de lésions accidentelles.
Le tube digestif ne parait subir aucune altération du fait du paludisme lui-même.
Le péritoine renferme souvent de la sérosité citrine, qui s'y accumule en grande quantité dans les cas de cirrhose atrophique du foie.
La péritonite partielle est fréquente autour de la rate et du foie; la péritonite peut se généraliser et entraîner la mort
F. Poumons. — Les plèvres renferment de la sérosité en plus ou moins grande quantité, dans les cas où la cachexie s'accompagne d^anasarque; lorsqu'il existe des phlegmasies pulmonaires, ce qui n'est pas rare, les plèvres s'enflamment secondairement et on
ANATltMlE l'ATHllLniilyl'K
la pleurésie ou îles ailbér^Dces (l'inlIammationR aipw'f
observe alors les k^sions i pleurales.
Les poumons sont fréquemment le sîègi ou chroniques.
La pneumonie aiguë îles car liée liques palustres se caractériM par des lésions qui rap|>ellent la splénisation pulmonaire, plulùl que l'hépatisalion franche. Le parenchyme pulmonaire, li'un pongc foncé, résistant, privé d'air, présente à la coupe une surface unie. luisante, et non une surface granuleuse, comme dans lu pneumonie franche; on trouve au milieu du parenchyme iridnrè An noyaux noirâtres, hémorragiques '.
L'examen histologique, fait sur des coupes praliqTiées a|ii^s durcissement, montre que les alvéoles pulmonaires sont rem|ilip» d'éléments jeunes; les exsuHats librineux .sont très peu aboiidaiiLs ce qui explique l'aspect particulier du poumon. Il existe, m général, du pigment en assez grande quantité le long des vsi»seaux sanguins.
La pneumonie chronique, sans mélange de liitierculose. n'wl pas In^s rare <laus le paltidisme chronique. Elle a été décrite pir HeschI et par Lancereaux, j'en ai observé )dusieurs exemples*.
Les altérations macroscopiques sont celles de la pneumonie chronique interstitielle, ou induration i;rise. anloisée, des auleun (AsiiKAL, (jiiisoi.LE, (^habcot). Lc parenclivme pulmonaire est iiiiluré. résistant, d'une teinte grisâtre, marbrée; le tissu pulmoMiK transformé présente une résistance fibreuse, et on distingue, so( les coupes, de nombreux tractus fibreux. Les bronches sont «>"■ veni dilatées et ulcérées, 11 n'y a pas de lésions tuberculeuses.
L'examen des coupes lit.stologiques montre que les alléralion» portent principalement sur la trame conjonctive du poumon; k lissu conjonctif s'infiltre d'éléments embryonnaires et ces éléments ne tardent pas à subir la transformation fibreuse.
La cirrhose est à la fois périlobulaire et inlralobulaire; chsfjue lobule présente â sa circonférence un anneau libreux, et. au centre, un deuxième anneau qui entoure la bronchiole centrale et l'ari*riole qui l'accompagne. Les cloisons alvéolaires, épaissies cgalc-