DB L'INTERMITTENCE
fièvre récurrente, les choses se passent comme si, à la suite de chaque période fébrile, des substances élaborées par les spirilles et accumulées dans les tissus, empêchaient le développement de ces parasites'.
Les recherches de Pfeiffer et de Gabritschewsky viennent à l'appui de cette hypothèse; il semble résulter en eflet de ces recherches qu^il existe dans le sang des malades atteints de fièvre récurrente, à certaines périodes de la maladie, une substance bactéricide qui explique la disparition des spirilles à la fin des paroxysmes fébriles. Lorsque la substance bactéricide a été éliminée en partie, les spirilles pullulent de nouveau dans le sang, d'où la rechute '.
L^apparition des microbes dans le sang, pendant les paroxysmes
fébriles, et leur disparition pendant Tapyrexie, n'ont pas la môme
régularité dans la fièvre intermittente que dans la récurrente; il
arrive souvent qu'on rencontre des parasites en grand nombre
dans le sang de malades qui se trouvent à la fin d'un accès ou
dans une période d'apyrexie. D'autre part, on a vu plus haut
que l'existence d'une toxine de H. malariœ n'avait pas été
démontrée jusqu'ici.
D'après MetchnikofT, ce sont les phagocytes qui mettent fin aux paroxysmes fébriles de la fièvre à rechute, l'accès duro pendant la vie libre des spirilles dans le sang et cesse quand les parasites deviennent la proie des phagocytes ^
11 ne paraît pas douteux que la phagocytose soit aussi une des principales causes de l'intermittence des accidents palustres. Dans mes premières publications sur le paludisme, j'ai montré <]ue l'activité des leucocytes, augmentée par l'état fébrile, expli- <]uait la destruction d'un grand nombre d'hématozoaires à la suite des accès et pouvait contribuer à produire l'intermittence.
En 1884, j'écris : « On sait que sous l'influence de la chaleur artificielle les leucocytes acquièrent une activité très grande; les mouvements amiboïdes s'exagèrent et si l'on met au contact des leucocytes des grains pigmentés, on constate qu'ils s'en emparent et les englobent très rapidement. La chaleur fébrile agit certainement comme la chaleur artificielle dans rctto expé-