DIAGNOSTIC. — PRONOSTIC
Sommaire. — I. Diagnostic. — Importance de Texamen histologique du sang. — La provenance des malades, leur profession, leurs antécédents morbides donnent d*atiles indications. — Signes fournis par Texploration de la rate, révolution de la fièvre, et les effets de la médication quinique.
Causes d^erreur dans Tezamen du sang. — Éléments du sang normal ou pathologique pouvant être confondus avec Thématozoaire du paludisme.
Diagnostic différentiel : Ûèvre éphémère, embarras gastrique fébrile, fièvre de Malte, fièvres bilieuses, grippe, fièvre typhoïde, typhus exanthématique, fièvre récurrente, tick fever, hépatite, abcès du foie, pyohémie, septicémie, fièvre des tuberculeux, des cancéreux, fièvre biliaire intermittente, fièvre nerveuse, anémies, leucémie splénique, splénomégalie primitive, filariose, trypanosomiase, kala-azar, ankylostomiase, béribéri. — Diagnostic différentiel des accidents pernicieux avec Tinsolation, la méningite, Talcoolisme, le choléra, Turémie, etc. — Diagnostic de la fièvre palustre chez les jeunes enfants.
II. Pronostic. — Très variable suivant les conditions de milieu et les circonstances plus ou moins favorables au traitement. — Pronostic des fièvres intermittentes, des fièvres pernicieuses; gravité de la cachexie palustre. — Déchéance des populations condamnées à vivre dans les pays où le paludisme est endémique.
A côté des formes cliniques bien caractérisées, telles que les fièvres intermittentes régulières, qui sont d*un diagnostic facile, on en trouve d'autres sur la nature desquelles il est souvent malaisé de se prononcer. La preuve en est qu*on discute encore sur la nature palustre ou non palustre de certains accidents, de certaines formes cliniques.
En pays palustre, malades et médecins ont une grande tendance à voir partout des manifestations du paludisme et à considérer la
quiDÏne comme la |)anacée universelle; certains observâëSr^nF été conduits ainsi k élargir beaucoup trop le cadre du [iïIudisme.
Par contre, d'autres observateurs ont voulu séparer du paludisme un groupe de fièvres dites climatiques et aussi la bilieuse bémoglobinuri<)ue.
Enfin la question des fièvres larvées présente encore des obscurités.
Le clinicien devra s'elTorcer à l'aveair, dans les cas difficiles, k justifier le diagnostic de paludisme mieux qu'on ne l'a fût 1 jusqu'ici; il aura recours à tous les procédés (l'eX[doratioD quels science met à sa disposition.
1° Principaux ÉLÉMK^^s dc DiACNoaTic. — A. Imiiortnme d' l'examen hUlologiiiue du sang. — Le diagnostic du |ialudisnie, :si délicat chez certains malades et pour certaines formes, est inscrit, on peut le dire, dans les préparations hislologiques <lii sang; encore faut-il savoir y lire.
On ne saurait trop recommander aux médecins qui sont appelés à exercer en pays palustre, de se familiariser avec l'étude bistologique du sang, étude facile du reste, et qui ne demande que de la patience; c'est ainsi qu'on arrivera à bien délimiter le paludÏBme, et à le traiter inélbodiquenicnt.
11 suffit dc constater, dans le sang d'un malade, l'existeace d'une seule des formes parasitaires décrites dans le chapitre IV de cet ouvrage pour que le diagnostic de paludisme soit mis hors d« doute.
Ce signe est d'autant plus précieux qu'il permet de Fsire le diagnostic dans les cas où tous les renseignements qui mettent d'ordinaire sur la voie, font défaut.
Supposons que nous sommes en pays palustre ; on apporte à l'hôpital un malade qui délire ou qui est plongé dans le coma; le médecin ignore les antécédents morbides, ainsi que les conditions dans lesquelles les accidents se sont produits, et il se demande avec inquiétude s'il s'agit d'un accès pernicieux, d'une insolation, d'une méningite, ou tout simplement d'un cas d'alcoolisinr; l'examen histologique du sang peut le tirer d'embarras en quelques minutes, s'il lui révèle l'existence de //. malaria-.
Grâce aux progrès de la technique, les médecins qui ont acqui» un peu d'expérience dans l'examen du sang peuvent consU
lexistence de H, malariœ chez tous les sujets atteints de fièvre palustre.
Sur 331 fièvres palustres observées à Baltimore, dans la clinique du professeur W. Osier, on a trouvé dans tous les cas Thématozoaire du paludisme ^
Plus de cent examens faits au début de Taccès ont toujours permis à du Bois Saint-Sevrin de mettre en évidence le microbe ^ Sur 395 malades atteints de paludisme examinés à Gonstantine, A. Billet a trouvé chez tous, sans aucune exception, l'hématozoaire du paludisme sous ses différentes formes'.
French parlant de Texamen histologique du sang chez les palustres dit : « Ceux qui négligent ce moyen de diagnostic qui ne demande que de bons yeux, un bon microscope et un peu de patience sont peu excusables^. »
< La recherche de Thématozoaire de Laveran, dit W. Osier, a la même importance pour le diagnostic du paludisme que celle du bacille de Koch pour le diagnostic de la tuberculose \ »
L'examen histologique du sang ne permet pas seulement d'affirmer le diagnostic de paludisme lorsqu'il révèle l'existence des hématozoaires, il fournit en outre d'utiles renseignements sur la gravité de l'infection, et il permet de prévoir les rechutes et de les éviter.
L'abondîince des hémamibes est presque toujours en rapport avec la gravité de l'infection ; chez les malades atteints d'accès pernicieux, ou menacés de ces accidents, les parasites se trouvent d'ordinaire en grand nombre dans le sang.
Lorsque l'examen du sang révèle l'existence d'hémamibes chez un palustre qui n'a pas eu d'accès depuis quelque temps et C|ui, du reste, n*accuse aucun malaise, on peut annoncer, presque à, coup sur, que le malade aura prochainement un accès de fièvre. Il m'est arrivé bien souvent de prédire ainsi des rechutes, chez des malades qui se croyaient débarrassés pour longtemps de leur Cèvre.
L'accès peut tarder plus ou moins longtemps à se produire, la
t. Thaykr et HiWBTSON, Les flèvres palustres à Baltimore, Baltimore, 1H05. — HcwBTSOSt, Congrèê méd, internat, de Rome, 1894.