MORTALITÉ
Thôpital et 830 décès qui, pour la plupart, étaient dus aux fièvres palustres ^
Pendant Texpédition de Madagascar en 1895, le nombre des décès s'est élevé, en quelques mois, à 6000, ce qui représente près du quart de l'effectif du corps expéditionnaire; la plupart des décès étaient dus au paludisme. .
La gravité du paludisme varie avec les pays, avec les localités ; les fièvres de Madagascar sont plus graves que les fièvres d'Algérie ou d'Italie; elles se compliquent plus souvent d'accès pernicieux et aboutissent plus rapidement à la cachexie.
Dans une même localité, la gravité de Tendémic peut augmenter ou diminuer; les fièvres palustres sont aujourd'hui beaucoup moins fréquentes et moins graves à Bône qu'elles ne l'étaient au temps de Maillot.
Les conditions dans lesquelles se trouvent les malades qui contractent le paludisme ont aussi une importance considérable sur le chiffre de mortalité.
S'agit-il d'hommes vigoureux, observant toutes les règles de l'hygiène, bien surveillés, traités d'une manière rationnelle dès l'apparition des premiers symptômes du paludisme, et évacués au besoin sur des localités salubres? Le pronostic est favorable, la mortalité faible; c'est le cas de nos soldats en Algérie, depuis l'achèvement de la conquête, c'est aussi le cas des soldats italiens.
S'agit-il d'hommes surmenés, obligés de coucher en plein air, exposés aux intempéries, mal surveillés et ne pouvant pas recevoir les soins immédiats que nécessite la fièvre palustre? Le pronostic devient grave, la mortalité croît rapidement. C'est le cas des soldats en campagne dans des pays palustres; la mortalité est d'autant plus forte qu'on a moins prévu toutes les mesures prophylactiques applicables en pareil cas.
Dans les pays où l'endémie palustre règne avec force, la mortalité augmente rapidement avec la durée du séjour.
Masclavy de Beauveset, gouverneur de la Guyane en ni2, a donné les chiffres suivants qui se passent de commentaires ^
1. HuTiN, L'épidémie de Bône en 1833. Gaz. méd. de VAUjérie, 1882. — Maillot, Mon dernier mot sur les fièvres de l'Algérie, Gaz. des hôp.^ 30 sept. 1884.
2. Thèse de E. Mighaud, citée par Bertillon, Art. Accumatkme.nt du Diction, eneyclop, des se. méd., p. 287.