J. Croppbr, Journal of Hygiène ^ oclohre
5. J.-W.-H. Flanagan, La malaria à Aden, Brit. med. Journal, 21 novembre 1896.
6. MoRBHEAD, Clinical Rescarches on Disease in India, London, 1860. — Patrick .Manson, Hunlerian Society, The annual Oration, 1894.
90 sur 100 sont du type quotidien, 10 sur 100 du type tierce, le type quarte est très rare *.
A Lahore, J. Murray a observé souvent la tierce, avec de grandes formes amiboïdes, et la fièvre dite tropicale, avec de petites formes et des corps en croissant, très rarement des quartes ^.
D'après W.-J. Buchanan les fièvres intermittentes aux Indes sont du type quotidien 90 fois p. 100 et du type tierce 10 fois p. 100; le type quarte est très rare '. •
James, au contraire, a observé assez souvent la fièvre quarte, et, d'après lui, la bilieuse hémoglobinurique ne serait pas très rare.
Dans certains villages très insalubres situés au pied de THimalaya, Stephens et Christophers ont trouvé, pour les enfants indigènes, des index endémiques variant de 40 à 72 p. 100*.
Dans d'autres localités insalubres de Tlnde, James a trouvé, pour les enfants au-dessous de dix ans, un index de 75 p. 100*.
Le paludisme est grave dans les établissements français de rinde.
Eu 1903, la morbidité palustre a été de 260 p. 1000 hommes d'effectif des troupes indigènes, et la mortalité palustre de 7 p. 1000 ^
En 1904, la mortalité palustre a été de 11 p. 1000 habitants. Chandernagor est le plus éprouvé parmi nos établissements de l'Inde; viennent ensuite par ordre décroissant : Pondichéry; Yanaon, Karikal et enfin Mahé. Il est à noter que l'on compte, sur le territoire de Chandernagor, plus de 1 500 étangs petits ou grands; ces étangs ou mares, qui proviennent des infiltrations du Gange, sont très propres, dit Kermorgant, à la culture des culicides^
A Ceylan, l'endémie a, sur les côtes, la môme gravité qu'aux Indes; les parties élevées qui constituent le plateau central de l'île sont salubres.
Dans la presqu'île de Malacca, l'endémie est grave \ 251 cas de
1. J. IUynald Mautin, Tlir influfnces of tropical climats, Londres, 1850. — More- HEAD, Oft. cH. — A CiiOMBiE, Cofitjres (If nu^d. de l'Inde, Calcutta, 18U4.
2. J. M L'HUA Y, Scientif. Mem. hy nwd. Officers of the nrmy of India, 1897.
•1. W.-J. Ik'ciiANAN, Journnl of trop, ined., iiov. 1S98, et Ficvns palustres cl parasites (lu paludisme dans l'Inde, I v«»l., Najrpur, octobre 1901.
4. Stephens et Chhistophers, R. Soc. Hep. lo the Malaria Committee, octobre 1901.
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(». Statistitiue médicale des troupes coloniales pendant Vannée ÎÎM)3, Pari», 1905.
T. Keiimougant, Ann. dliY(j. et de méd. colon., 1900, t. IX, p. 374.
8. H. Wright, Tlie malaria! fevers of Brilisb Malaya, Singaporc, 1901.
RÉPARTITION DE L ENDÉMIE 49
paludisme observés par H. Wright dans celte région se répartissent comme il suit :
Tierce maligne 93
— bénigne 78
Quarte KG
Quotidienne 24
A noter le chiffre élevé des quartes.
Le paludisme règne au Siam *.
De même au Cambodge; les indigènes sont très sensibles au paludisme. Les fièvres sont moins fréquentes et moins graves dans les parties basses, peu boisées, que dans les régions montagneuses boisées ^
En Cochinchine et surtout dans TAnnam-Tonkin, Tendémie palustre est grave'.
La Basse Cochinchine n*est qu'un grand delta formé par les alluvions du Mékong et soumis à des inondations annuelles; les deux tiers du pays sont cultivés en rizières. Malgré ces conditions éminemment favorables au développement du paludisme, Tendémie est moins commune et moins grave qu'en Annam-Tonkin.
C'est dans le troisième trimestre que les fièvres régnent avec le plus d'intensité.
De 1890 à 1896, le paludisme a été la cause d'un quart des décès dans les troupes d'infanterie et d'artillerie de marine résidant en Cochinchine*. Ce sont les maladies du tube digestif (dysenterie et diarrhée chronique) qui, dans cette région, font le plus de victimes.
La Statistique médicale de l'armée coloniale donne, pour 1903, les chiffres suivants : 1** troupes européennes de Cochinchine : morbidité palustre, 164; mortalité palustre, 2,8 p. 1000 hommes
t. Chr. Rasch, Conlrib. à ]a géogr. méd. du Siam, Janus^ mars-avril 1807.
2. Angibr, Le Cambodge, Ann. d'hyg, et de méd. colon., 1901, t. IV, p. 5.
'i. RiCHAUD, E:*sni de lopogr. mM. de la Cochinchino française, Arch. de méd. nao., 1864. — Le Roy de .MéRicouRT et A. Latet, art. Cochinchine du Dict. encyclop. des se. méd. — IIarmand, Aperçu pathol. de la Cochinchine, Versailles, 1874. — Poiqné et Nimier, De la lièvre rémittente dans la colonne du Loch-Nam, Arch. de méd. milit., 1885, t. V, p. 445. — J.-S.-L. Morand, Le poste de Nam-Dinh dans le delta du fleuve Roup*, Paris, 1887. — Grall, Arch. de méd. nav. et colon., 1880, et Patholofrie exoti<[ue, lnd<M-hine, Études statistiques et cliniques, Saïpon, 1900. — A. Billet, Deux ans dans le Haul-Tonkin, Ballet, scient, de la France et de la Belgique, 1898, t. XXVIll, 2' partie, p. 2:i0. — Maget, Arch. de méd. nav. et colon., 1893. — J. Legendre, Ann. d'hyg. et de méd. colon.. 1904. — Kermorgant, Prophylaxie des maladies endémiques en Indochine, Ann. d'hyg. publ. et de méd. légale, mai 1903. — Salanoue, Le paludisme au Tonkin, Hanoi, 1*906.
4. Fontaine, Ann. d'hyg. et de méd. colon,, 189^ t. I, p. 114.
LwERAN, Traite du Paludisme, ^^ édition. 4
PALiniSME
1^ .:>:ii:rncs : morhiililé palustre, 10î>; morlalitû
/i • ^i«Miiin('s cr<»nc('tif.
^ viiMMiiiuMnonts qui suivent sur la morhi<Iilé et x..v's i»u Aiinani-Tonkin en iS97.
• iuaLnlit>s nliservéos dans la population niililaire S'Mil «lu> au paludisme; sur 100 iléeès, oO nml
t'.i^ii'N anuaniiles, il y a 282 palustres; sur 100 dtM?t»s
« ^ . : mmiI dus au paludisme.
. .< • p.iluslre. pour 1000 hommes d'elTeclif, est de 17
. X > ^'^'^eiiN, de r».r» ilu'i los indiirùnes'.
, V , x.^jiu* medirale dt» Tarmée coloniale fournit, en ee <jui
...., VuiKun lonlvin, pendant Tannée 1903, les chillVes sui-
. , u'upes tMH'opt^einu's : morlddité j)alustre, 300; morta-
, .» *.;\'. î.l p. MMUï hommes (rolVeetif; 2" trouj^es indijrènes :
... .■ s* p,ih»N(ie. lîM; morlalih' palustre, (>, 4 p. 1000 hommes
, .'\Ms du Haut l'iMiIviu, ipù rèirïi^^ïïl di\i\:> des contrées non
. ^, t.>"srs. m, us rouxerles par la hrousse ou des forêts, ont
V * ' \,'Mi d»'si:'.m'rs NOUS h» nom de /irrros îles Ao/s; il n'est plus
• \ nt|.»md hni qnil ^"a::i>^e x\o lièvres palustres.
\ NiM IMnh \liMiKin'. Ahuaud a eonstaU'\ tians la ^^arnison.
\ . ii.'Mr-. piliiNiirs r,'i;i niN^airu! \\\\ septième du chillre total
. »i.. . . \ \ U^y\\^\. x'\ «iMiuue. dau> les cas légers, les honnnes
.•I .M ni . A I mliniMMU» »»u â la chamhre. ce chifire est cer-
\ , (\|>. mirumifriil ,-s[ ,!,' I^i\u:ior.p le plus fréquent: sur les I I * m \\ 1.1. . I iilii . ,\ l !'..'j;m1 .'.e N.uu-Miuh, nu comptait 104 liè- ^.. i ixj- Miii niM:-..':i: , ' !" :!i"\ rr** mulltciitcs.
\ . ji. Ml I». iT,- , ; \\ N»: \' ..: ; L> l'ommuue au Tonkin, les ., ,. . I I. «n n I» '.«..'.; .i: ,>. ,;;v.Ni ,ji;o U> aot'ès pt'ruicieux.
\ I I I. M .!,'Mî'. '.. , ;. >îrc >r\it prndaul toute Tannée
..n .. I » .:. , II. . :î. , , •■ . .^ ; i \ :\' j^aa^lrr dans la pri»vince
I |i i»i.»;. . Vr-.'. -. •• i .; x.-.A .• ;:iii^ inou laiiou : au cours de
\ v.:.i .v'.r.re dw paludi>me 12" fois
Il r • ' • *' ' ' ■
RÉPARTITION DE L'ENDÉMIE 51
Au Moyen Laos, le paludisme atteint non seulement les Européens mais aussi les indigènes et surtout les Annamites; la continue palustre et laccès pernicieux algide sont notés parmi les formes communes *.
Le paludisme est très répandu en Chine, il existe non seulement sur le littoral : Pakhoï, Canton, Amoy, Fou-tchéou, Sliang-haï, Tien-tsin, Tché-fou, mais encore dans beaucoup de contrées à l'intérieur *.
Hong-Kong et Macao sont des foyers intenses de paludisme.
A Pékin, la fièvre intermittente est assez commune, mais elle est presque toujours bénigne, les accès pernicieux sont très rares \
Les Chinois offrent très peu de résistance au paludisme, surtout les fumeurs d*opium.
La partie élevée du Yunnan est salubre, mais il n'en est pas de môme des régions basses qui sont sur les confins de cette province ^
L'endémie palustre a été signalée dans la plaine de Tchen-tou, province du Setchouan^
La vallée du fleuve Rouge est insalubre.
La Statistique médicale des troupes coloniales relative à Tannée 1903 donne les chiffres suivants pour le corps d'occupation de Chine (troupes européennes) : morbidité palustre, 71,8; mortalité 0,6 p. 1000 hommes d'effectif.
Le paludisme règne à Formose; il est très rare au Japon.
3" Afriole. — L'empire du paludisme y est immense \
En Algérie, le paludisme est commun et grave sur le littoral et sur les bords fangeux des rivières; sur les plateaux qui succèdent au Tell et dans les oasis du Sud, il se montre plus rarement et sous des formes moins sévères.
Parmi les régions les plus insalubres, il faut citer, dans la province d'Alger : le lac Alloulah et les bords de la Chiffa (marais de Ferguen, de Chaïba, de Mazafran)', dans la province d'Oran : les
1. Rot'FFUNDis, Le Moyen Laos, Ànn. d'hyij. et dr mèd. colon., fOOJ, t. VI, p. 27.
2. Gaide, Nolfs iiié(L sur la Chine, Ann. d'hyij. et d*> niM. colon., 1000, l. III, p. 492. ."<. L«'ttre du 0' Matignon, médecin do la léfration de France en Chine, 23 oct. 1890.
4. Drlay, Not»** sur le Yunnan, Ann. d'IiYtj. et de inêd. colon., 1900, l. III, |>. 145. — Sautarel, Quelques notes méd. sur Sse-Mao (Yunnan), même Hec, 1902.
5. RocPFARO, Ann. d*hytj, et de méd. colon., 1900. t. 111, p. 172.
0. Felkin. l)i>lrihution of Disease in Africa (aviM- une carte), Comjrès (riiytficnc de bndti'Pest. 1894, et Distrih. fréo;rr. des inalad. trnpirales en Afrique, Kdiinhouri:-, 1895.
7. Qi ESNUY, Topographie méd. de la Milidja. Hec. mém. de méd. milit., 1S05, l. XIV, p. 07. -- L- Laveran, Documents pour servir aux maladies du Nord de l'Afrique, Hec ni'jm. de méd. milit., 1842, et art. Algérie du Dict. encvcl. des se. méd. — A. I^llet, Sur
plaines du Sig et de THabra: dans la province de Constantine : la plaine de la Seybouse (environs de Bi»ne\ le lac Fezzara; comme partout ailleurs les principaux foyers se trouvent dans des localités marécageuses, sans que toutefois Texistence de marais proprement dits soit nécessaire au dévelopj>ement des fièvres.
Les fièvres palustres qui ont fait de si grands ravages dans notre armée et parmi les colons, au début de la conquête de l'Algérie, sont beaucoup moinî^ redoutables aujounl hui qu'autrefois; certaines localités ont été assainies complètement par la culture; presque jiartout les travaux d art exéi^utés et la mise en culture du sol ont protluit une amélioration très marquée dans l'état sanitaire.
La morbidité due aux tîèvres |>aluslrt^s, qui pouvait être évaluée naguère dans notre armée d'Alirérie à 48 sur 100', est tombée bien au-dessous de ce chiffre.
De îS*Mi à 1^^9l, la morbidité |>alustre dans l'armée (Algérie et Tunisie» a varié de 221 à 84 p. llHH) et la mortalité de 2 à I.m:^ p. 1000. En 1903, la morbidité s est aUissée à 58,8 p. 1000 *-l la morlalilé à 0,5 p. lOOO*.
Mais, en 1905, rendénuM'pidémie a présenté, surtout dans la provinre d*(»ran, une gravité exceptionnelle; pour un effectif de 18152 homnjes, il y a eu 1891 malades atteints de paludisme et 'ii décès. Lo [Mjpulation civile a été plus éprouvée encore*. Cette re*;rudes<:euce des lièvres en 1904 s'explique par ralK>ndancc des pluies.
Dans des recherches qui ont porté sur différentes localités jialuslres de l'AlîTérie. Ed. et Et. Sergent ont trouvé que, chez les éTiifaiiis de un à cinq ans examinés pendant la saison insalubre, rh\j»<-r-plénie existait dans 03.58 p. 100 îles cas; lexamen du hHW ne révélait lexistenco de l'hénialozoaireque chez 18,18p. 100 de^ enfants examinés*.
Billet et (larpanetti ont trouvé que l'index endémique à Aïn Mokra «loralit*!' très insalubre aux environs de Bône) était de
l;j |.»«'*«i«n' i*jii«t<ifitf di' riirni.it«i/(»airi' (IfLavi-mn ilan> \v pahulisniocu .\lpi'ru'. Soc, '//' ffr,hfi*'. ' «i''« . I'.«H. — (i. Carpanetti, ïh. Iaoii, IW4. — K. Moreac cl H. Sorut, K--'ii -'Jf l't r«'|iartitin|i <in pnluiii>iiit' ni Alj:<'rir. I vol. in-S' ;i\ir uiu» oarlo, Al^»r,
I. L. I^A%'eK%>. \rl. Aloi:rie. in />«>/. f*/i«\vc/o/*, tirs se. im'tl. 1. *<ttiti^ti'fiii- lu* •ii'iili' i/e* l'arnu'r.
i. "^hi i.iK «'l .MoHE\i . !-«• |».-iliiilisiii(^ vi\ .^l.ï-orio p(Mi«iaiit r.inntv 1904. Rap|>orl de A. LA\f.lt%.N. A'-n'I. 'Ir int''h'.iiu\ 10 (N'tuliro l*,)U5.
4. Ki>. fi Kt. ï^f.HGCNT. .4/1/1. de Vlntt, Pasteur, avril HHKi.
RÉPARTITION DE L'ENDEMIE 53
60 p. 100, encore plusieurs des enfants examinés prenaient-ils de la quinine'.
La flèvre intermittente quotidienne est de beaucoup la manifestation clinique la plus commune du paludisme en Algérie; les fièvres tierces se rencontrent surtout chez des individus qui ont eu déjà une ou plusieurs atteintes de fièvre; les quartes sont rares.
Tous les auteurs qui ont étudié le paludisme en Algérie ont signalé la prédominance du type quotidien sur les types tierce et quarte.
E. CoUin compte à Philippeville*, sur 6 636 cas de fièvre palustre : 3 523 quotidiennes dont 21 doubles, 916 tierces dont 1 doubles, 58 quartes dont 1 double, 303 erratiques, type variable entre le quotidien, le tierce, etc., 1 836 rémittentes.
Antonini et Monard frères comptent à Alger, sur 776 cas de fièvre intermittente : 599 quotidiennes, 171 tierces et 6 quartes.
Maillot, à Bône, sur 2 338 cas : 1 582 quotidiennes, 730 tierces et 26 quartes \
Finot, à Blidah, sur 4 21 i cas : 2 984 quotidiennes, 1 206 tierces, 21 quartes.
Casimir Broussais, à Alger, sur 689 cas : 413 quotidiennes, 259 tierces et 17 quartes.
Durand de Lunel, à Tenès, sur 625 cas : 418 quotidiennes, 201 tierces et 6 quartes*.
Le type quarte, qui dans les statistiques des hôpitaux militaires ne compte que pour 1 sur 100, se rencontrerait d'après Chassagne 7 fois sur 10 sur les Kabyles ^
Dans certaines oasis du Sud de l'Algérie, les fièvres palustres, autrefois rares, sont devenues communes depuis que le forage de puits artésiens a augmenté beaucoup la quantité d'eau destinée aux irrigations®.
En Tunisie ^ au Maroc, dans la régence de Tripoli, l'endémie palustre est assez répandue, mais peu grave en général.
D'après W. Groff, le mot Aat, qui se trouve dans les inscriptions
\, A. Billet rt G. ('arpanetti. Soc. de Biologie, 31 octobre 1903.
2. E. CoLLiN, liée, niéin. de méd. milit., 1848, 2* série, t. IV, p. 110.