‹ Traité du paludismeChapitre 223 sur 291 · I. Trousseau, Clin, médicale, t. lU, p · texte numérisé non relu

I. Trousseau, Clin, médicale, t. lU, p

Latbram, Traité du Paludisme. 2« édition. 30

Si la fièvre reparaît pendant ce traitement, il faut nécessairement le prolonger.

Je n'ai pas la prétention, bien entendu, de donner une formule applicable dans tous les cas de paludisme ; la prescription donnée plus haut comme exemple, devra être souvent modifiée, notamment dans les fièvres graves des pays chauds.

Cette méthode, que Ton peut appeler méthode des traitements successifs, a pour avantage de rendre beaucoup plus rares les rechutes, qui se produisent à courte échéance quand on se contente de couper la fièvre à Taide de quelques doses de quinine.

Il y a tout avantage, lorsqu*un malade est atteint de paludisme, à le traiter énergiquement dès le début; plus on attend, plus l'anémie se prononce, plus les parasites sont difficiles à détruire, plus s'aggravent aussi les altérations viscérales.

La dépense que nécessite la méthode des traitements successifs ne peut pas être mise en balance avec les avantages qu'elle procure.

L'examen histologique du sang fournit des données très utiles pour apprécier l'efficacité du traitement; c*esten m*appuyant sur ces données que je suis arrivé à établir les règles précédentes pour l'administration de la quinine.

Sous l'influence du traitement, les parasites disparaissent plus ou moins rapidement de la circulation générale; j'ai déjà eu l'occasion de dire que les corps en croissant étaient plus résistants que les autres éléments parasitaires.

Le type de la fièvre me parait avoir peu d'importance au point de vue du traitement, qui peut être formulé de la même manière pour les quotidiennes, les tierces et les quartes.

Le traitement des continues palustres diflère peu de celui qui convient aux intermittentes; on devra seulement augmenter les doses i\o quinine au début; on prescrira 1 gr. 50 ou 2 gr. par jour de chlorhydrate de quinine, jusqu'à ce que la fièvre soit tombée; la défervescence se produit presque toujours du deuxième au quatrième jour après que le traitement a été institué.

Quand la défervescence s'est produite, et qu'on n'a pas de doutes sur la nature palustre des accidents, il faut continuer le traitement indiqué plus haut à propos de la fièvre intermittente.

Dès qu'un malade atteint de fièvre intermittente ou de continue palustre présente des symptômes insolites : délire, stupeur, sopor, tendance à l'algidité, etc., on doit insister sur la médication quini({ue.

La dose de 2 gr. de chlorhydrate de quinine dans les 24 h. est généralement suffisante, même dans les formes les plus graves, mais il faut s'assurer que le médicament est avalé et conservé; si le malade refuse de prendre la quinine, ou bien s*il se produit des vomissements, il faut recourir sans retard aux injections hypodermiques, qui devront être employées également toutes les fois que la gravité de Tétat du malade sera manifeste et qu'on n'aura pas pu intervenir dès le début des accidents.

On peut associer la méthode par ingestion à la méthode hypodermique.

En cas d'accès pernicieux, on injectera 1 gr. de chlorhydrate de quinine, et si, au bout de quelques heures, il n'y a pas d'amélioration, on renouvellera l'injection. Je ne crois pas qu'il faille dépasser la dose de 3 gr. de chlorhydrate de quinine par jour lorsqu'on emploie la méthode hypodermique; Maillot a prescrit des doses beaucoup plus fortes, mais en général sous forme de lavements, et l'absorption du médicament était évidemment très incomplète.

Les doses précitées sont celles qu'il convient de prescrire chez l'adulte; ces doses devront être considérablement diminuées, quand il s'agira de traiter le paludisme chez des enfants.

Chez les enfants de 4 ans et au-dessus on peut prescrire 0 gr. 30 à 0 gr. 40 de quinine par jour en plusieurs doses.

Chez les enfants de 2 à 4 ans : 0 gr. 20 à 0 gr. 30.

Chez les enfants de 1 à 2 ans : 0 gr. 10 à 0 gr. 20.

Chez les enfants au-dessous d'un an : 0 gr. 05 à 0 gr. 10 de chlorhydrate de quinine dans un lavement. (J. Simon.)

Lorsque les enfants ont des accès graves, il ne faut pas hésiter à recourir à la méthode hypodermique, d'autant qu'ils refusent souvent d'avaler la quinine et que la voie rectale n'est pas sûre.

< Les enfants, dit Comby S supportent admirablement la quinine ; quand le danger n'est pas pressant, on peut prendre pour règle de donner 0 gr. 10 de quinine par année d'âge (soit 0 gr. 20 à 2 ans, 0 gr. 30 à 3 ans, 0 gr. 50 à 5 ans, etc.), mais, s1l y a ui^nce, il faut doubler la dose ; on ne le regrettera pas. »

Faut-il faire prendre la quinine à dose massive ou à dose fractionnée? L. Ufer a appelé l'attention sur les avantages de cette

!• La quioiae chez les enfants, Médecine moderne^ 17 avril 1803.

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dernière méthoile '. La quinine est. d'après lui, aussi active & i fractionnée qu'à dose massive et elle ne |>rovoque ni troubles gastriques, ni bourdonnements d'oreilles. Les observations de L. Ufer ont été faites à Hambourg et ses conclusions ne peuvent pas s'appliquer à la pratique des pays cliauds; quand un malade a une fièvre palustre grave et qu'on peut redouter sa transformation en accès pernicieux, il est évidemment indiqué de donner de fortes doses de quinine, sans se préoccuper des légers troubles qui peuvent en résulter. Même chez les malades qui ont des lièvres intermittentes simples, je crois qu'il y a avantage h ne pas ti'op fractionner les doses de quinine. En fractionnant, on a l'avantage do maintenir plus longtemps la quinine dans le sang, mais la quantité de quinine présente n'atteint à aucun moment les mêmes proportions qu'avec les doses massives.

Tandis que Ufer recommandait les doses fractionnées, Fr. Artiauil appelait l'attention sur les avantages thérapeutiques des doses massives de quinine dans le traitement du paludisme*.

Il me parait impossible de donnera cet égard des règles absolues; il faut tenir compte, d'une part, de la gravité des accidents et, d'autre part, de ta susceptibilité variable des sujets pour la quinine. S'il s'agit d'une femme nerveuse, n'ayant jamais pris de quinine, si d'ailleurs il n'y a pas ur^rence d'intervenir avec de fortes do»es, on fera sagement de ne donner la quinine qu'à dose fractionnée; à, plus forte raison les doses fractionnées seront-elles indiquées chez les sujets qui sont connus comme ayant de l'intolérance pour laquinine.

III. Du MODt: d'aCTIOS 1>E la QLIMNE SLH l-'oHHAMSlCB A LÉIAT SAIK

KT DANS LE PALUDISME'. — La quiuine a une action topique irritante

1. L. Upeh, Sur rudminii-lrnlion froclionnéc ilr lu i[uiniMt iliins \v Iraiteaii^ut i[u paludisme. Tlièse, Munich. IIM.

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