‹ Traité du paludismeChapitre 222 sur 291 · Rleinb, ZeiUchr.f. Hyg„ t. XXXVIII, p · texte numérisé non relu

Rleinb, ZeiUchr.f. Hyg„ t. XXXVIII, p

3. F. Mahiapii, Atti délia Soc. per gli Studi delta malaria, t. IV, p. 72.

4. Rerner, Beitrâge zur Kenntniss der Chinin Bcsorption, Arch. f. die gesammte Physiologie, 18Ô9-1870.

E. Modigliani est arrivé à des résultats semblables '.

La lenteur de l'absorption qui est un {<rave inconvénient daiDi le traitement des fiÈvres palustres, a peu d'importance quand la quinine est donnée à titre préventif; on emploie aujourd'liui couramment en Italie les chncolatines au tannate <ie quinine qui n'ayant pas d'amertume sont facilement acceptées par les enfants.

Fr. Arnaud a constaté que l'absorption de la quinine était retardée chez les fébricitants*.

C'est la. sans doute, une des causes des divergences qui existent entre les Auteurs nu sujet de la rapidité d'absorption et d'élimination d'un même sel de quinine, les expériences ayant été faites tantôt sur l'homme sain, tantât sur des malades ; il faut tenir compte dans ces expériences, non seulement de la fièvre, mais de l'étal des voies digestives [si la quinine est donnée par ingestion) et Je l'état des reins.

2" A quel moment, à quelle dose et pendant combien de lempt faut-il donner la quinine? — On a beaucoup discuté la question de savoir h quel moment de la fièvre intermittente il fallait faire prendre la quinine.

La méthode de Torti ou méthode romaine consistait k donner la poudre de quinquina immédiatement avant l'accès de (iè>Tc; Torti prescrivait d'ordinaire 8 gr. de poudre de quinquina, à prendre en une seule dose.

Cette méthode avait des inconvénients : le quinquina était souvent mal supporté, il provoquait des vomissements et étiît rejeté en partie; en tous cas, on ne prévenait pas l'accès le plus proche.

Sydenliam voulait que l'on fit prendre le médicament le plos loin possible de l'accès à venir; il prescrivait d'ordinaire 24 à30^r. de poudre de quinquina distribués de quatre en quatre heures par doses de 2 gr. 50 à partir de la (in de l'accès, et il avait soin de faire prendre un petit verre de vin après chaque dose, ce qui devait faciliter la dissolution et l'absorption de la quinine.

Brelonneau et Trousseau avaient adopté le principe de la méthode de Sydenliam ou méthode anglaise'.

Avec la quinine, on a beaucoup moins à se préoccuper do la

I. E. MoDioLFA^, Atti detta Soc. prr gti St. drlla malaria, tOOlI. t. VI, p. 98. 3. Fh. An.vAUD. A^uninn biologique de Mar$eiUr, 21 miin IVOS. C. H. Sot. AMufi*' I" avril 1905.

3. TnoVE^EAu el Pmoux, Trailé de llitrnii., 8' Mil., 1. II. p. 4IIS.

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manière dont le médicament sera toléré, d*autant qu*on peut recourir aux injections hypodermiques.

Les hématozoaires se multiplient dans le sang principalement au début des accès de fièvre, il paraît donc indiqué de faire prendre la quinine avant les accès, afin de détruire les petites hémamibes provenant de la dissociation des corps segmentés, avant qu^elles aient pénétré dans les hématies'. Ces considérations sont un peu théoriques et, dans la pratique des pays chauds surtout, il n'y a pas lieu de s'y arrêter. Lorsque la quinine doit être administrée par les voies digestives, il est bon de la faire prendre pendant les intervalles d'apyrexie ; elle est mieux supportée à ce moment que pendant les accès de fièvre; elle provoque moins souvent les vomissements, et l'absorption du médicament est plus facile ; d'autre part, on ne peut pas songer à empêcher révolution d'un accès de fièvre lorsque cet accès est commencé ; même en donnant la quinine quelques heures avant le frisson on ne réussit pas à prévenir l'accès.

Dans les fièvres graves, dans les continues, on n'attendra pas les rémissions, pour administrer la quinine.

II fut un temps où l'emploi de la quinine, considéré comme dangereux chez les malades qui avaient des fièvres continues, était limité strictement aux fièvres intermittentes.

Dans les continues palustres il était de règle d'employer les émissions sanguines, les vomitifs et les purgatifs, jusqu'à ce que la fièvre eût pris le type intermittent. Sous l'influence de cette doctrine, la mortalité par le paludisme était énorme dans les pays chauds.

Maillot a eu le grand mérite de montrer que la quinine devait être administrée rapidement, et à forte dose, dans les continues palustres.

< La médecine qui, dans les pays marécageux, s'attache à détruire les irritations avant d'administrer le sulfate de quinine, qui veut ramener une fièvre intermittente grave à des conditions absolues de simplicité avant de recourir aux fébrifuges, se prépare, écrit Maillot, des revers inévitables. » (Traité des fièvres intermit., p. 8i.)

c Me fondant sur l'observation de plusieurs milliers de malades,

1. Lapasset, Le traitement spéciflque du paludisme d*après la biologie de Tliématozoaire, Arch, de méd, militaire^ 1897, t. XXX, p. 433. — Gazzarim, Rivista veneta di Se. med,y 1897, fasc. 10.

dit encore Maillot, j'avance que, immédiatement après et quelquefois même avant les saignées, on doit recourir au sulfate de quinine quel que soît l'ensemble des symptômes. Il ne faut se laisser arrêter, ni par la persistance de la réaction circulatoire, ni par les signes de gastro-entérite. Tous ces phénomènes morbides disparaîtront en quelques heures et comme par enchantement. > (0,.. cil., p. 312.)

Maillot administrait d'abord la quinine par le rectum dans tous les cas où la gastrite était intense. Les malades arrivant en grand nombre h l'hôpital militaire de BOne, il devint impossible ilicompter sur l'exécution de ce genre de prescriptions. « Ce fut doac par la force des choses que je fus conduit à donner par la bouche le sulfate de quinine dans tous les cas, et sans être arrêté comme auparavant par tes symptômes de gastro-entérite. ■ (Op. cil.. p. 313.)

Enhardi par te succès de cette thérapeutique. Maillot se décjdi dès lors à donner le fébrifuge immédiatement après et, dajis certains cas, avant même toute déplétion sanguine. Cette réforme thérapeutique eut les plus heureux résultats.

Les idées de Maillot sur la continue palustre et sod traitemeot sont aujourd'hui universellement admises.

Dans les cas graves, on fera des injections hypodermiques, sans se préoccuper de la température.

On se contente souvent de couper la fièvre avec 2 ou 3 dose* de quinine et on attend une rechute pour reprendre le traitement. Je crois qu'il faut s'efforcer, à l'aide de traitements successifs, tle prévenir la rechute, sans quoi on ne réussit qu'à supprimer quelques accès; les parasites arrêtés un iostant dans leur développement, repultulent bientôt, et tout est à recommencer.

Lind et Sydenham avaient compris déjà la nécessité des traitements successifs par le quinquina dans la (lèvre intermittente.

« Le quinquina, nonobstant son efficacité, ne peut pas détruire entièrement la maladie... Le meilleur moyen de prévenir l« rechute est de réitérer le fébrifuge, même après la cessation de II lièvre. > (SvDEriUAH, ni Encyclop, des se. méd., p. 1S5.) Et plus bas : « De peur que la fièvre ne revienne, je ne manque jamui précisément le huitième jour depuis la dernière prise de quinquiu, d'en donner au m<ilade la même quantité qu'auparavant. Si l'on veut se mettre tout à fait à l'abri d'une rechute, il faut reprendrt trois ou quatre fois le traitement. »

Bretonneau et Trousseau insistent aussi sur la nécessité de continuer le traitement après que la fièvre a été coupée, do manière à éviter les rechutes*.

Quand la fièvre intermittente a été coupée à Taide d'une ou de deux doses de quinine, elle reparait d*ordinaire au bout de 7 à 8 jours; pour prévenir la rechute, il faut donc reprendre le traitement 5 ou 6 jours après le dernier accès.

On pourrait administrer la quinine sans interruption, pendant quinze jours ou trois semaines, mais cela présenterait des inconvénients; la quinine donne lieu, surtout chez certains malades, à des troubles nerveux désagréables : bourdonnements d*oreilles, surdité, dyspepsie; de plus, le traitement deviendrait dispendieux, considération qui a son importance pour beaucoup de malades, et dont les médecins des hôpitaux doivent tenir compte.

II. n*est pas démontré d'ailleurs qu'un traitement continu par la quinine ait une efQcacité plus grande que le traitement discontinu que je préconise.

On obtient de meilleurs résultats en donnant quelques doses fortes de quinine qu'en prescrivant pendant longtemps de faibles doses journalières, ce qui s'explique facilement; si l'on prescrit i gr. de chlorhydrate de quinine en une dose, le sang se trouve à un moment donné plus chargé de quinine, et par suite plus toxique pour les hématozoaires, que si, pendant quatre jours, on prescrivait 0 gr. 25 de chlorhydrate de quinine.

Après s'être assuré, notamment par l'examen du sang, que la fièvre est bien due au paludisme, on prescrira, chez l'homme adulte :

Les 1*', 2* et 3* jours, 0 gr. 80 à 1 gr. par jour de chlorhydrate de quinine.

Du 4* au T jour, pas de quinine.

Les 8% 9* et 10* jours, 0 gr. 60 à 0 gr. 80 de chlorhydrate de quinine.

Du 11® au 14* jour, pas de quinine.

Les 15" et 16' jours, 0 gr. 60 à 0 gr. 80 de chlorhydrate de quinine.

Du IV au 20' jour, pas de quinine.

Les 21* et 22* jours, 0 gr. 60 à 0 gr. 80 de chorhydrate de quinine.

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