E.-A.-O. Thavehs, Joiirn. nf Iroji
Troprn ilyg.. mai lUOt. p. 213.
3. Km-OEH, Arli, a. d. Kait. Oeamdliei \. VoycE iiiilammpnl : Rcp. af the ai
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«imtf. I. XXI, p. ssa.
ti-matorinl «peralioiis ut Mian Mir IHOHWI, Ltfp. ofllieCm: o/lmlitt. Cukulta, 1903 et t»i
droit de péaétrer, dans les dépendances des habitations pour s assurer qu'il n*y avait pas de gîtes à moustiques; la présence de larres de moustiques, résultant de l'inobservation des mesures prescrites par les règlements, constitue une contravention '.
1. Destrlxtion des larves dk cuucides. Suppression des eal^ STAGNANTES. — Les culicides ont besoin d'eau stagnante pour se reproduire; la première mesure à prendre pour détruire ces insectes est donc la suppression des collections d'eau stagnante.
C'est un fait connu depuis longtemps, enregistré par tous les auteurs, que, pour assainir un pays, il faut dessécher les marais, endiguer les cours d'eau, drainer le sol, en un mot faire dis])araître les eaux stagnantes^; les données de la tradition et de Texpériencc sont donc tout à fait d'accord avec la doctrine anophélienne.
A. Dessèchement des marais. — Dans l'histoire du paludisme, les exemples abondent de pays qui ont été assainis à la suite du dessèchement des marais et de la mise en culture du sol qu*ils recouvraient. Par contre, on peut citer beaucoup de régions qui sont devenues insalubres à la suite de la formation naturelle de marais ou de la création d'étangs. Les étangs à poisson de la Sologne et de la Dombes ont été la cause principale de l'extension de l'endémie palustre dans ces régions de la France; la mesure d'assainissement la plus efficace a été de rendre à la culture une grande partie de la surface du sol qui avait été transformée en étangs '.
On a vu (p. 41) qu'une loi ayant permis de rétablir les étangs
1. Lb Moal, Ànn. d'hyg. et de méd. colon. y lîMJô, t. IX, p. 212.
2. RéGY, Assainissement du littoral méditerranéen du département de rilèrault, Montpellier, 1868. — Hbrvé-Mangon, Rapport sur Tamélioration sanitaire et agricole de la Dombes, Àcad, des se, 1859. — Durand Olaye, Mémoire sur le dessèchement du lac Fucino, Paris, 1877. Bull, de la Soc, des Àtjriculteurs de France^ 1877, et Ann, des Ponts et Chaussées, 1878. — Chambrelent, De Tassoinissement et de la mise en valeur des landes de Gascogne, Congrès internat. irUygiène, Paris, 1880. — Valun, Art. Marais du Diction, encyclop. des se. méd. — Hey, Art. Marais du A'ouveau diction, de méd. et de chir, pratiques.
3. Passbrat a essayé de démontrer que les étangs de lu Dombes n'étaient pas malsains. Un étang bien construit n'est pas dangereux, dit-il; d'accord, mais les étangs bien construits sont rares dans la Dombes et ailleurs. Passerat demande à ce que les étangs soient entourés de berges à arêtes vives ou du moins fortement inclinées, chose difficile à obtenir pour des étangs qui sont mis en culture tous les trois ans. 11 résulte des chiffres donnés par Passerat lui-même que l'état sanitaire s'est beaucoup amélioré dans la Dombes depuis qu'on a desséché une partie des étangs (Passerat, Des étangs de lu Dombes, Hourg. 1893, et Mouvement de la population dans le pays d'étangs de 1S0() à 1890, Bourg, 1897). — Consulter au sujet des étangs de la Dombes l'excellent rap|)ort fait au Sénat par M. Keymond ( innexe au procèsverbal de la séance du 17 mars Î899).
dans la Dombes, une recrudescence de l'endémie palustre n a p tardé à se produire.
Les marais salants i]ui ne sont pas insalubres quand ils sont entretenus en bon état de fonctionnement, le deviennent dès qu'ils !i6nt abandonnés et qu'ils »e transforment en marais gàls '.
Pour dessécher nn marais, on creuse des canaux d'écoulemeDt des eaux â la mer et, quand le niveau des parties à dessécher est inférieur au niveau de la mer, ou des cours d'eau voisins, on installe des machines d'épuisement.
C'est ainsi qu'on est arrivé à dessécher, en Hollande, le lac ou mer de Harlem; on s'est servi, comme moteur des machines d'épuisement, de la force motrice du vent.
De grands travaux ont été entrepris, depuis 1880, pour assainir le delta du 'libre qui constitue une vaste plaine d'alluvions mesurant 27 km. de long sur 14 de large (marais et étangs de Maccarèse et d'Oslie); le niveau de ce delta est, en certains points, inférieur à celui de la mer, ce qui rendait les travaux de dessèchement difliciles.
Des canaux ont été creusés pour recevoir les eaux de la ré^on et une usine élévatoire, qui fonctionne depuis 1889, a été installée pour épuiser les eaux qui sont rejetées dans un canal qui va h la mer.
Les parties desséchées des marais d'Ostie ont été soumises è une culture intensive.
L'insalubrité de cette région est déjà moins grande el l'on peut espérer qu'en poursuivant ces travaux, on réussira à assainir celte campagne romaine dont le paludisme a pris possession depuis des siècles, mats qui, aux beaux temps de l'Empire romain, était fertile et salubre*.
On peut avoir recours au procédé du colmatage, lorsqu'il existe,
1. MïLiia (Rapport sur les oinraîs saIadI») pti^voynit que In coiicuneix-e dis laliiuw du Midi «!t de l'Est de la France serBil Maie nux niartiM Bslaal» de l'Ouest H 'fut l'aliaiiiloD ptogressir de ces derniers inarais deviendrait uDe rause d'inïalubnlè; c'M en effet ce qui esl arrivé. Le meilleur moyen de luller contre cet *Ul de cbow» Mi de CormeT des aHsociatioos ayndirales coinme cela ■ et* (ail h Marenaes pour l'asMinissementdela région, l^ nyslème d'asaocisUon syndicale aiisen praLijue A Hareiinr* p«r )l. t.ptenne a produii, d'il Mtiicr. d'excellenla réaiillats el il iwrnit à d«eirvr gur de pareilles associalioDs pussent s'établir partout. • Le r^fcletiiMil que 1«ur a dunni' U. Lelerine est un vi'riUble code sur les marais salants, rode approuvé d'ailleurs {lai rnulorilé el donl clic a apprécié elle-niéine loule 1b sa^fease • {Mémoira He I'AmiL dt méd.. I))47, p. STt).
2. A. UiduEiii. I.ea amélînra lions hydrauliques du deltn <lu Tibre. Roue, ISIK. Anal, in Rttue drhjgânf, I8M. p. 1102.
à proximité des marais que Ton veut dessécher, un fleuve ou une rivière dont les eaux sont riches en produits limoneux ; les alluvions qui se déposent comblent peu à peu les dépressions occupées par Teau stagnante.
C*est ainsi qu'a été comblée, suivant les plans de Galilée et de Torricelli, la vallée de la Ghiana entre le Tibre et TArno.
On a comblé le palude di Casiiglione avec Teau tourbeuse de rOmbrone; les étangs voisins de Narbonne et de Vie ont été comblés à Taide des alluvions de ^Aude^
Le dessèchement des marais et des étangs est le plus souvent, au point de vue économique, comme au point de vue hygiénique une excellente opération.
Le dessèchement partiel du lac de Grand-Lieu (Loire-Inférieure) par exemple, dessèchement qui est en projet depuis de nombreuses années, aurait d*aussi bons résultats au point de vue économique qu'au point de vue sanitaire. Ce lac a une superficie de 3600 hectares; la pêche et la chasse sont aflcrmées actuellement 22000 francs; on a calculé qu'en desséchant 3 000 hectares on élèverait le revenu à 450 000 francs. •
Quand on dessèche un marais ou un étang, on ne doit pas oublier, toutefois, que l'opération présente des dangers et que, si elle est mal faite, elle peut aggraver temporairement Tendémie palustre.
En 1805, on dessécha, en plein été, le marais de la Chartreuse aux portes de la ville de Bordeaux: 12 000 habitants furent atteints, dit-on, de fièvre palustre et 3 000 succombèrent^
Un étang ou un marais est beaucoup moins dangereux quand il est couvert d'eau que lorsqu'on vient à le vider et que la vase, qui en forme le fond, reste exposée à l'air.
On sait que Lancisi arrêta une grave épidémie de fièvres palustres, qui sévissait sur la population de Rome, en faisant inonder les fossés du fort Saint-Ange.
Le même moyen prophylactique a été employé plusieurs fois avec succès en Hollande.
Lorsqu'il n'est pas possible de dessécher complètement un marais ou un étang, il faut s'eflbrcer, à l'aide <le digues ou de barrages, de maintenir toujours l'eau à peu près au même niveau, surtout pendant l'été.
1. J. Arnould, Nouveaux éléments d^hygiène, 2* édit., 1889, p. 143.
2. L. GouN, Art. Intbrmîttbntbs (nÈTRBs), du Diction, eneyelop. des se. méd.
S36 I'HOI'HYLAXIE
Lea travaux de Jcsséchcmeat des marais, de curage des é(aag«< des canaux ou des fossés doiveat être menés rapidement et effectués, aulant que possible, en dehors de la période endémoépidémique des fièvres.
Si les travaux ne peuvent pas être interrompus pendant celle période, on les restreindra autant que possible et on prendra de.4 précautions minutieuses pour protéger la santé des ourricrs.
Quand il s'agit de curer des fossés, un lac ou un étang de (>eu d'étendue et au voisinage immédiat d'un centre de population, oii peut désinfecter la vase à mesure qu'on la relire afin d'cin piocher e développement de gaz mal odorants.
C'est ce qui a élé fait en 1892 pour le curage du grand canal du parc de Versailles et pour celui du lac de Saint-Mandé. Ou mêlnngeait, à un mètre cube de vase, bOO gr. de sulfate de fer et l kgr de chaux '. Les résultais obtenus furent satisfaisants.
Si la vase ne peut pas être désinfectée, on l'ensemencera le plii* tôt possible avec des plantes à végétaliun rapide.
Les flaques J'eau persistantes seront pélrolées (V. p. 542).
B. Drainage du sot. — Gi"ûce au drainage, un grand nombre Ji' régions autrefois ravagées par le paludi.smc ont été assainies. Le^ bienfaits du drainage ont été signalés surtout en Irlande, en Angleterre et aux Etals-Unis.
• Les fièvres d'accès, dit Graves, étaient anciennement très communes dans certains cantons marécageux voisins de Dublin; aussi, à l'époque où Je faisais mes études médicales, il y avait constamment, dans les hôpitaux, des cas plus ou moins nombreux de fièvre intermittente; mais aujourd'hui les bas-fonds du sol nul été drainés, cl les fièvres maremmatiques ont ontièremenl disparu. •> Plus loin Graves ajoute : • De toutes les maladies quiproduisent les contrées marécageuses, la fièvre intermittente e^t la plus importante et son extinction est la plus saisissante, la pla-i éloquente de toutes les modifications causées par le drainage. • (Clin. méd. Trad. fr., t. I, p. 109-112.)
En Angleterre, les dislricls marécageux des comtés de Norfolk, Lincolnsbire, Cambridgeshire, ont été assainis par le même moyen.
Le drainage a donné aussi des succès en Amérique, dans plit sieurs cantons de l'Illinois, du Michigan el de l'État de New- York.
■s feïiitr tSOt. fin: d'h^fita,; Itl»
Le drainage n*a pas seulement pour avantage d assainir le sol, il augmente sa fertilité et sa valeur, et il doit être regardé comme une des plus importantes améliorations foncières que Ton puisse exécuter.
Les terres qui ont besoin d'être drainées se reconnaissent aux caractères suivants : la terre, forte et grasse, s'attache aux souliers, les pieds des hommes et des chevaux laissent des cavités dans lesquelles Teau demeure comme dans de petites citernes, le soleil forme une croûte dure, légèrement fendillée, un bâton enfoncé dans le sol, à une profondeur de 40 à 50 cm., forme un trou au fond duquel on aperçoit de Teau stagnante ^
Le drainage agricole se pratique d'ordinaire à Taide de tubes en terru cuite poreuse, ajustés bout à bout, le diamètre de ces tubes variant avec le volume d'eau dont ils doivent assurer l'écoulement. Les tubes de drainage sont placés dans des tranchées creusées de manière à ce que la pente naturelle conduise Teau des drains à la rivière voisine.
Les tubes de drainage peuvent être remplacés par de simples tranchées au fond desquelles on met des pierres et du gros gravier, très perméable à l'eau.
Lorsque la pente et les déversoirs naturels manquent, on peut utiliser les couches absorbantes profondes du sol; on creuse des puisards qui permettent à l'eau superficielle de s'écouler dans la profondeur du sol. C'est par ce procédé que l'ingénieur Chambrelent a réussi i assainir les Landes; des puits absorbants percés à travers l'alios, couche imperméable, reçoivent l'eau amenée par les tranchées ou crastes.
C. Endiguement de la mei% des cours d'eau, — Lorsque le niveau du sol est inférieur à celui de la mer, il est nécessaire de protéger les côtes, comme on Ta fait sur beaucoup de points de la Hollande, au moyen de digues puissantes, et d'épuiser par des procédés mécaniques (moteurs à vapeur ou à vent) l'eau qui tend à s'accumuler dans les parties déclives.
Les marais mixtes, c'est-à-dire dans lesquels l'eau de mer se mélange à l'eau douce, sont particulièrement dangereux, il est donc indiqué de prendre des mesures pour empêcher ce mélange.
On a assaini les marais de Lucques en construisant des écluses
1. Barral, Drainage, irrigations, engrais, Paris, 1860, t. I, p. 109 et Dubouk, Traité de l*iin paludisme, Paris, 1867. p. 105.
dans les canaux qui faisaient communiquer ces marais avec la mer (1740>1821); ces écluses agissant à la manière d'une soupape se fermaient par la seule pression de Teau de la mer, quand celle-ci tendait à monter, et s'ouvraient sous la pression des eaux du bassin. A la suite de ces travaux, le village de Viareggio, qui était des plus insalubres et presque abandonné, est devenu un lieu de villégiature très fréquenté.
A plusieurs reprises, les écluses s'étant détériorées, on a vu reparaître les fièvres qui disparaissaient de nouveau lorsque les réparations nécessaires avaient été exécutées.
La séparation des eaux douces des eaux salées a donné aussi de bons résultats en Toscane et, en France, dans la région de Marennes*.
L'endiguement des rivières est une mesure excellente; c'est ainsi qu'à Strasboui^ les fièvres palustres ont disparu presque complètement après que l'Ill et le Rhin eurent été endigués.
D. Faucardage des cours d'eau; rizières à eau courante. — L'eau courante est beaucoup moins dangereuse que l'eau stagnante, les culicides ne peuvent s'y reproduire que si le courant est très faible; il arrive que, sur les bords d'un cours d'eau, la végétation ralentit assez le courant pour que les Anophèles puissent s'y développer; il est donc indiqué d'endiguer les cours d'eau et d'empêcher la végétation aquatique d'envahir leurs bords. L'opération dite de faucardage est très utile en pays palustre; dans la campagne romaine on y procède d'une façon originale : on fait entrer, dans le canal à nettoyer de ses herbes, un troupeau de buffles et les bergers montés dans des barques poussent les animaux devant eux-.
On a vu (p. 76) que les rizières sont une cause grave d'insalubrité. On ne remédie entièrement au mal qu'en supprimant les rizières, mais cela n'est pas possible dans les pays où, comme à Madagascar, le riz joue un très grand rôle dans l'alimentation.
On peut du moins aménager les rizières de manière à ce qu'elles se prêtent aussi peu que possible h la culture des Anopheles.
Les rizières bien entretenues, à eau courante, sont beaucoup moins dangereuses que les rizières à eau stagnante'.