‹ Traité du paludismeChapitre 27 sur 291 · A. Laveran, Soc. de Biologie ^ 26 mars · texte numérisé non relu

A. Laveran, Soc. de Biologie ^ 26 mars

disme chez 80 p. iOO des enfants indigènes. Les formes quartes sont plus nombreuses chez les indigènes que les tierces \

Au Sénégal, les fièvres palustres fournissent tantôt la moitié, tantôt les trois quarts du chiffre des malades.

Pendant la saison des pluies, de juin à novembre, les crues du fleuve Sénégal atteignent 8 à 10 m.; les régions voisines sont inondées et se dessèchent ensuite plus ou moins complètement; le Bas Sénégal, formé en grande parlie de terrains d*alluvions, est semé de bas-fonds ou mangots qui ne se dessèchent pas quand le fleuve rentre dans son lit et qui constituent des marais d*une insalubrité notoire.

A Dakar, le paludisme sévit avec une grande fréquence pendant la saison de Thivernage; le chiffre des entrées à Thùpital pour maladies palustres atteint, pendant certaines années, 100 p. 100 de l'effectif européen de la garnison. L'endémie commence vers la fin d'août et finit vers la fin de novembre. C'est en septembre et octobre que le chiffre des entrées à Thopital est le plus élevé".

La Statistique médicale de Tarmée coloniale, relative à Tannée 1903, donne les chiffres suivants de morbidité et de mortalité palustres dans l'Afrique occidentale française.

Troupes européennes : morbidité, (590; mortalité 7,5 sur 1000 hommes d'effectif.

Troupes indigènes : morbidité, 12,1.*); mortalité, 0,3 pour 1000 hommes d'effectif.

Ces chiffres témoiirnent de la résistance des noirs qui composent les troupes indigènes et des grands avantages qu'on a à remplacer, dans ces régions, les troupes européennes par des troupes indigènes.

Lr p.iluilisine se présente presque toujours, au Sénégal, sous la même forme: c'est d'abord une fièvre continue ou rémittente qui sarronipagnt» souvent de vomissements, d'ictère et de symptômes nerveux plus ou moins graves : stupeur, délire, etc. Sous Tinfim'nre dt» la quinine la fièvre cède, mais au bout de douze à quatorze jours elle re|»araît sous forme tl'accès intermittents; les

I. J.-K. IK'TTON. n»»|M»rt of Iho malaria ««xim'iI. to llir (laiiibin. I9U2. Liverpool School of tn^i». /»«••/.. .Mfiii. X. VMY.\.

1. A. TiORU '». Art. SEM-r.AMBiE <lu />!>/. fiirvchtit, </»•.< s.-, mt'il. — K. Marcboux. Lo palihli-iiii- .m *^.m'-Ml. .s'<"*. *{*' Hiohfjir. 17 jiiillrt ISHT. »'t inn. di' l'Inst. Pasteur, août l'^T. — < i.\UAi\ \iii.'> >iir !•• |»ahnlisinf oliMTVr a Dakar, I/j/i. 'r/»vj;. et de méil, co/o- /<"■/'-.<. lyjs. — Thiuoix. inn. >ir i'In>t. Panh-ur, IDUC. p. TOii.

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rechutes se succèdent à des intervalles plus ou moins rapprochés et aboutissent souvent à la cachexie.

D'après les recherches de Thiroux, la tierce est, au Sénégal, la forme la plus commune chez les Européens et les mulâtres; la quarte prédomine chez les noirs. J'aurai l'occasion de revenir plus loin (Ch. IV) sur les intéressants travaux du D' Thiroux.

La fièvre pernicieuse, qui est commune, peut revêtir différentes formes, mais la bilieuse hémoglobinuriquc est la forme dominante.

Au centre de l'Afrique, le paludisme est en général moins répandu et moins grave que sur le littoral ; c'est le long des cours d'eau et sur les rives des grands lacs intérieurs, Nyassa, Victoria, ïanganyka, Tchad *, que se localise l'endémie.

La Statistique médicale de l'armée coloniale relative à 1903 donne les chiffres suivants de morbidité et de mortalité palustres pour les troupes. du Pays et protectorat du Tchad.

Troupes européennes : morbidité, 305; mortalité, 13,8 p. 1000 hommes d'effectif.

Troupes indigènes : morbidité, 102; mortalité 0 p. 1000 hommes d'effectif.

Au Soudan français (Haut-Sénégal et Niger), le paludisme règne toute Tannée avec maximum en août et septembre. Les indigènes ne sont pas épargnés, tous les enfants sont porteurs de rates volumineuses ^

Les îles Canaries et Sainte-Hélène sont salubres'.

4** Améiuolk. — Dans Y Amérique du Nord, le paludisme ne s'observe guère au delà du i;)* degré de latitude; inconnu au Groenland, il est très rare dans la Nouvelle-Angleterre, au Canada et dans les territoires de la baie d'Hudson; les marais, nombreux dans res régions, ne sont pas fébrigènes.

Les fièvres commencent à se montrer sur les rives des lacs Huron, Erié et Ontario.

Aux États-Unis, les fièvres sont très communes sur le littoral de la Caroline du Nord, dans la Pensylvanie, dans l'Etat de New-

1. ('.ooK. Ln malaria an voisina^»^ dos grands lacs do l'Africfiu» riMilralc, Journal of trojt. nu'd., 15 frvrirr I1K)2. — Dkcorse, Cliari ri lac Trliad. Ann. iVhytj. et de méd. colon , 11)05, t. VIII. p. 175.

2. KKRMOur.ANT, Afin, d'hyg. et de méiL colon., 1900, t. IX, p. 372.

1. Le Roy de MÉRicoruT, art. Canaries (\h*>) du f)ict. encyclop. des se. méd. — K. Brol'SMICHE, SainU'-HôItMie, Arch. de méd. iiav., janv. 1887.

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Jersey, ilaos l'espace immense connu sous le nom de Prairie qui s't^lend (les bords dti Missouri aux monis Alleghanys, et surtout sur les rives du golfe du Mexique iFlorîde. George, Alabama, Louisiane, Texas),

Le Mississipi a formé à son embouchure un delta marécageu:^ et fébrigène.

Sur les côtes du Pacifique, la Californie est la région la plui éprouvée par les fièvres palustres.

On conçoit facilement que, dans les deux Amériques, la régiod du Pacifique, formée par une zone relativement étroite, au pÎM des Cordillères, soit beaucoup moins malsaine que les vaste plaines centrales et les rives de l'Océan Atlantique où vienni déboucber tous les grands fleuves.

D'après J. Metcalf, les fièvres palustres ont donné lieu, petidi la guerre de la Sécession, à la morbidité suivante dans les armé«i américaines'. Itégion des lacs : 193 malades sur 1000 hommei d'eireclif; postes du Nord, h. distance de la mer et des lacs i 151 sur 1000; stations du bord de la mer, du cap Delaware i Savannah : 310 sur 1000; région du Sud-Ouest (JelTerson Bar» raks, forts Gibson, Smith, etc.) : 'ihTi sur 1000 ; Bas-Mississipi : 38&i et Floride orientale : 320 sur 1000.

Thayer, qui a fait une excellente étude des fièvres palustres i Baltimore, constateque l'endémo-épidémie règne pendant les moi de juillet, août et septembre. Les formes observées ont été let suivantes' :

Fièvre tierce 931

— quurle 17

— estivo-aulomnale.. 031

Formes combinées 32

Au Mexique, les fièvres sont communes et graves sur le ItUoralJ des deux mers, dans les terres chaudes, côtes du Yucatan, Aog Vera-Cruz.

Dans la baie de Vera-Cruz, derrière les dunes couvertes dJ palétuviers qui bordent la mer, s'étendent des marais fébrigèneSil très dangereux.

1. i. MncALr, llnpiiort n la Commi^ion snnjtaire Ans Ëlols-Uni». Evaks, d'Iiygit'iic v\ Ae lii«ra)i. iniliL, Purts, 1809.

2. W.-!«. TuiTen. >ub med. Journ., Janvier ISOB, et Loclum on tlii? inaluinl h Spiï-York, imn.

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Les hauts plateaux, sont, au contraire, presque entièrement épargnés par le paludisme comme par la fièvre jaune.

I^ ville de Mexico est très salubre bien qu'elle soit entourée de lacs et de marais et que la température moyenne y soit assez élevée (Jourdanet, Coindet).

Libermann a observé, sur le plateau de Mexico, deux fois plus souvent le type tierce que le quotidien*. On voit bien ici que la climatologie verticale correspond à la climatologie horizontale.

En Guatemala, le paludisme est l'endémie par excellence; il règne dans une grande partie du territoire. Les départements de Retalhulen, Suchitepéquez, Escuintla sont ceux dans lesquels on observe les fièvres avec le plus de fréquence et de gravité. Vient ensuite la partie sud des départements de Santa Rosa y Jutiapa, Amatitlan et Izabal.

Echeverria' a constaté que 2 345 cas de fièvres palustres contraclées au Guatemala se répartissaient de la manière suivante, au point de vue des formes cliniques :

Quotidiennes 1 737

Tierces 205

Quartes 30

Doubles quotidiennes 7

I)oul)l»3s tierces 7

Type indéterminé 31

Continues WH

Pernicieuses Ii8

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