‹ Traité du paludismeChapitre 275 sur 291 · Ann. de chir. milit. et nav.^ Londres, 1864, p · texte numérisé non relu

Ann. de chir. milit. et nav.^ Londres, 1864, p

3. The medic. and surg. History of thc War of Hebellion, 1888, I, p. 111-166.

saison des fièvres, 0 gr. 30 de sulfate de quinine par jour, d'avril à octobre 1863; ces 200 hommes ne fournissent que 4 cas de paludisme. Le reste du régiment (400 hommes environ), qui n'est pas soumis à la médication préventive, a plus de 300 cas de paludisme.

Samuel Logan fait prendre à un certain nombre d'hommes de son régiment, en campagne dans la Caroline du Sud, pendant Tété de 1863, 0 gr. 25 de quinine par jour et il note les résultats suivants : les hommes qui ne prennent pas de quinine sont atteints dans la proportion de 58 p. 100; ceux qui en prennent d'une façon irrégulière, dans la proportion de 39 p. 100; ceux qui en prennent d'une façon régulière, dans la proportion de 19 p. 100.

Comme le dit Longuet {op, cù.) : « L'expérience de la guerre d'Amérique a été concluante, décisive, en faveur de l'emploi préventif de la quinine ».

Chose curieuse, tandis que les médecins américains, s'appuyant sur les résultats obtenus par les médecins de la marine anglaise, recommandent l'emploi préventif de la quinine, et obtiennent des succès indiscutables, les médecins anglais délaissent quelque peu cette mesure prophylactique.

La quinine a été administrée, à titre préventif, pendant la guerre contre les Aschantis; dans un rapport sur l'état sanitaire du corps expéditionnaire, Home déclare que « les résultats de l'administration préventive de la quinine ont été des plus douteux * ». Pendant cette expédition, la morbidité et la mortalité ont été très faibles; il est difficile de faire la part de l'administration préventive de la quinine dans les résultats obtenus, mais il est probable qu'elle a joué son rôle.

En 1816, lors de l'expédition dans la presqu'île de Malacca, Collis fit distribuer d'abord 0 gr. 20 de sulfate de quinine par jour, puis la même dose tous les deux jours, ce qui n'empêcha pas un grand nombre d'hommes d'être atteints de fièvre'.

Ces insuccès n'infirment par les résultats mentionnés plus haut, d'autant plus que les doses de sulfate de quinine administrées dans ces dernières campagnes paraissent avoir été trop faibles.

Nous allons voir que l'efficacité de la quinine, administrée préventivement, a été constatée par un grand nombre d'autres

1. Army med, Departm. Report for 1873, p. 229, cité pnr Longuet.

2. Army med. Departm, Report for 1876, p. 274, cité par Longuet.

observateurs sur difTérents points du globe et quelquefois dans les contrées où le paludisme sévit avec le plus d'intensité.

Jilek de Pola rapporte le fait suivant : 736 soldais sont logés dans une même caserne, dans une localité palustre; sur 500 d'entre eux qui prennent chaque matin 0 gr. 10 de sulfate de quinine, 18 p. 100 seulement ont des fièvres légères avec récidives rares; les 236 soldats qui n'ont pas pris de sulfate de quinine fournissent 28 cas de fièvre par 100 hommes*.

Hertz, d'Amsterdam^ a obtenu des résultats favorables de l'emploi préventif de la quinine, sur lui-même et sur un grand nombre d'autres personnes '.

Le fait suivant, dû à Gestin, démontre bien l'utilité de cette mesure prophylactique pour les personnes qui ont à parcourir des localités marécageuses : à Assinie (côte ouest d'Afrique), les officiers de la Pénélope font une excursion dans la rivière marécageuse de Tanoë; tous prennent par précaution du sulfate de quinine; un seul, commissaire de marine, se fiant à son immunité habituelle, s'en abstient; huit jours après, il est pris de violents accès de fièvre intermittente bilieuse; deux seulement, parmi les autres, éprouvent un léger malaise ^

Thorel a pu parcourir impunément les localités les plus insalubres du Mékong grâce au sulfate de quinine pris à la dose de 0 gr. 60 à 0 gr. 80 par semaine; ceux de ses compagnons qui s'étaient astreints à la même précaution échappèrent, comme lui, aux fièvres palustres \

Un grand nombre de médecins de la marine française se sont prononcés en faveur de l'emploi de la quinine à titre préventif : Fonssagrives, H. Rey, Nielly, Burot et Legrand ^ recommandent cette mesure prophylactique; de même : Morani, Ch. Gaillard, Siciliano, Keisser, Bizardel dans leurs thèses^.

1. Jilek de Pola, Wochenbl. der Gesdbcli. d. Wien. Aerzt., 1870, n* 17.

2. Handbuch von Ziemssen, cité par E. Vallin, note ù la 2* édition de la traduction française du Traité des maladies infectieuses de Griesinger, p. 08.

.3. Fonssagrives, Traité d'hypiènc navale, 2* édit., 1877, p. 552.

4. Thorel, Notes médicales du voyag-e d'exploration du Mékong. Th. Paris, 1870.

5. Fonssagrives, Traité d'hygiène navale, 2* édit., 1877, p. 552. — H. Rey, Arch. de méd, nav,, 1871, t. XV, p. 202. — Nielly, Éléments de pathologie exotique, Paris, 1881, p. 249. — Burot et Legrand, Thérap. du paludisme, Paris, 1897.

6. Morani, Th. Montpellier, 1865. — Cu. Gaillard, Th. Paris, 1870. — Siciuano, Th. Montpellier, 1870. — Pr.-L. Keisser, Th. Bordeaux, 1886. Keisser recommande de donner 0 gr. 15 à 0 gr. 20 de sulfate de quinine par jour. — Bizardel, De la quinine comme prophylactique du paludisme. Th. Paris, 1888.

Bizardel cite plusieurs exemples nouveaux de refficacité de la quinine administrée préventivement.

Trois navires de la flottille du Sénégal remontent ce fleuve dans les premiers jours d'août 1868; l'équipage d'un seul de ces navires prend de la quinine d'une manière préventive (0 gr. 25 par jour), il est beaucoup moins éprouvé par les fièvres que les deux autres équipages; les cas de flèvre s'y produisent plus tardivement, et sous des formes moins graves.

Pendant une campagne du Dumont-d' Urville sur la côte ouest d'Afrique, Bizardel administre la quinine préventivement (0 gr. 25 par jour), dès que le navire touche un point dangereux de la côte; le nombre des malades atteints de fièvre palustre est très faible et il n'y a pas de cas graves. Pendant une campagne antérieure dans les mêmes parages, l'équipage du Vaudreuil, qui ne prenait pas de quinine, avait eu un très grand nombre de malades et beaucoup d'accès pernicieux.

Pendant l'expédition de Sabouciré, en septembre 1878, Baril soumit tout son personnel à l'usage quotidien, obligatoire, du vin quinine, les résultats furent excellents *.

Pendant la campagne de 1883 à 1885 dans le Haut-Niger et le Haut-Sénégal, on a eu recours souvent, et avec succès, à l'emploi préventif de la quinine.

Lorsqu'on construisit sur le Niger, la cannonière le Niger, avec des morceaux apportés de France, les ouvriers qui travaillaient au montage dans les plus mauvaises conditions, sur le bord du fleuve, prirent presque tous de la quinine à titre préventif; ceux qui avaient néglifiré cette précaution eurent seuls des fièvres graves, les autres furent épargnés ou eurent des fièvres légères.

Nicolas, ancien médecin de la marine, recommande également l'emploi préventif de la (juinine^; d'après ses conseils, F usage de la quinine fui imposé aux ouvriers qui travaillaient dans les chantiers de Panama.

Grœscr, qui a expérimenté le traitement préventif du paludisme par la quinine à Batavia, c'est-à-dire dans une des régions les plus insalubres du globe, conclut en faveur de cette méthode et cite des faits très probants à son actif. Tandjouk Priok, port de Batavia, est si infecté de paludisme que beaucoup de capitaines hésitent à y

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