‹ Traité du paludismeChapitre 43 sur 291 · R.-W. FELKiîf, Edinburg med, jouru., juin · texte numérisé non relu

R.-W. FELKiîf, Edinburg med, jouru., juin

5. BoL'Di.N, Traité des fliîvres intermit., 1842, p. 193. — Thomas, Arch. der Ileilkunde, ISOr». —A. Carles, Les lièvres intermit. rhez les enTanU*, Th. Paris, 1881. — Felki.n. Soc. obstétricale ^Edimbourg, 13 fév. 1889.

ÉTlOLftlJlE

assurément une mauvaise nourrice cl on comprend que des accidents se produisent chez t'enfant qu'elle allaite, mais il paraît tout à fait improbable qu'elle puisse transmettre ie paludisme à ret enfant.

Plusieurs observateurs ont recherché les hémamibcs dans le lait de femmes atteintes de fièvre palustre, les résultats de ces reclierchea ont toujours été négatifs.

3" Sexe. — L'homme est atteint plus souvent que la femtt] ce qui s'explique par la différence des occupations : la femme vîO ' à la maison plus que l'Iiomme qui est chargé d'ordinaire de la culture du sol et d'un grand nombre de travaux qui lo placent dans des conditions favorables à l'infection.

4' Profession. Oraoité du paludisme chez le soldat de campni)ne. Marins, en général épargnés. — L'iniluence de la profession est considérable.

Les professions les plus malsaines, au point de vue du paludisme, sont celles qui s'exercent dans la campagne. Les artisans des villes sont au contraire épargnés.

Les ouvriers qui sont employés à dessécher les marais, à cur^ des ports ou des fossés, les terrassiers, les jardiniers, les a^rici teurs, les moissonneurs fournissent au paludisme le plus grai nombre de ses victimes.

Dans les pays où l'on cultive le rh, les travailleurs employa»* dans les rizières sont impaludés dans une très forte proportion.

Les soldats en campagne, obligés de coucher en plein air, de rçmuer la terre, d'aller an fourrage, réduits souvent à boire une eau de mauvaise qualité, soumis enfin à de grandes fatigues et fi des privations de toute sorte, se trouvent dans des conditions tri*s défavorables pour lutter contre le paludisme; aussi toutes les fois que des armées ont élé obligées d'occuper, pendant la saison des fièvres, des localités insalubres, on a vu se développer des épidémies graves qui ont pris parfois les proportions de véritabl désastres'.

Pringle rapporte que, pendant la campagne de HIT dans 1 Pays-Bas, les troupes anglaist's qui occupaient Zuit-Beveland et l'ile de Walcheren furent tellement incommodées par les lièvres, qu'à un certain moment quelques bataillons avaient au pliu 100 hunimea en état de faire leur -M-rvice, ce qui re[U-ésentait s

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lemcnt la septième partie (Vun bataillon complet; le Royale à la fin de la campagne, n*ayait que 4 hommes qui se fussent toujours bien portés*.

L'année suivante, les fièvres furent encore plus nombreuses. Les bataillons qui, en 1747, avaient été en Zélande, présentèrent les premiers des fièvres intermittentes irrégulières, qui étaient évidemment des rechutes et qui se terminaient souvent, dit Pringle, on hydropisies.

Les Hollandais avaient inondé le pays pour se défendre; une fois les préliminaires de la paix signés, on fit rentrer une partie des eaux dans leur lit et les terrains incomplètement desséchés devinrent des foyers actifs de paludisme.

A Bréda, la maladie prit de telles proportions que les Etats- (jénéraux donnèrent Tordre de remettre l'inondation dans son premier état.

Les quartiers les plus voisins des inondations eurent surtout à souffrir des fièvres ardentes (pernicieuses délirantes et comateuses); le régiment de Gray, en quartier près de Bois-le-Duc, eut jusqu'à 260 malades, plus de la moitié de reffectif, et à la fin de la campagne il n'y avait en tout que 30 hommes qui se fussent toujours bien portés; le régiment de Johnson, à Nieuland, ot les fusiliers écossais qui se trouvaient à Dinther, comptaient leurs malades par centaines.

Le débarquement des Anglais, au mois d'août 1809, dans l'île de Walcheren fut suivi d'une des plus graves épidémies de fièvres palustres que Ton connaisse. Du 28 août au 23 décembre, sur un effectif de 39 219 hommes, 4173 succombèrent aux fièvres; du 21 août au 18 novembre, le nombre des admissions aux hô|)itaux, récidives comprises, s'élevait à 26846; vers la fin de décembre 1809, après la rentrée des troupes en Angleterre, on comptait encore 1 1 503 hommes atteints de maladies de Walchereii. L'armée anglaise avait été vaincue avant de combattre, elle n'eut que 217 hommes tués à l'ennemi.

Les armées en campagne dans les plaines du Bas-Danube ont été bien souvent éprouvées par les fièvres palustres qui, en s'unissant au typhus ou à la fièvre typhoïde, ont produit les graves épidémies qui sont connues sous le nom de fièvre hongroise.

Pendant la guerre turco-russe de 1877 à 1878, il y a eu dans

1. Pringle, Obsorv. sur les moiad. des années, Londres, 1732.

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Tarmée russe du Danube : 140000 cas de fièvres palustres et i 092 décès par cette cause.

Eu 1828, pendant la campagne de Morée, et en 1851), pendant la guerre d'Italie, les fièvres palustres ont régné avec une grande fréquence dans notre armée.

L\irmée française était entrée en Lombardie à la fin d'avril et au commencement de mai 18oî>; dès les premiers jours de juillet et jusqu'à la fin de septembre, écrit Cazalas, toutes les maladies se confondirent en un seul type, caractérisé surtout par la fièvre rémittente simple ou compliquée d'état typhoïde *.

Pendant les premières années de la conquête de l'Algérie, le paludisme a fait un très grand nombre de victimes parmi nos soldats. L'endémo-épidémie était particulièrement grave dans la plaine de la Mitidja et «i Bùne. En 1833, on perdait à Bônc 1 526 hommes sur 5 500 hommes de garnison.

Il faut dire qu'au début de la conquête de TAlgérie, nos médecins, imbus des idées de Broussais, et ne connaissant du paludisme que la fièvre intermittente, savaient mal se servir de la quinine; Maillot sut heureusement réformer leur thérapeutique défectueuse (V. p. G).

Actuellement le palu<lisme atteint plus particulièrement, dans l'armée d'Algérie, les hommes des pénitenciers militaires et des ateliers de travaux publics employés à tracer des routes, les militaires (|ui sont détachés en été à la garde des forêts, ceux qui sont mis à la disposition des agriculteurs pour la moisson* ou pour la destruction des sauterelles, ceux qui travaillent dans les jardins militaires, enlin les soldais du train qui sont sans cesse sur les roules.

A Chypre, en 1878, pendant la première année de l'occupation, la mortalité dans l'armée anglaise s'éleva à 40,27 p. 1000; dans les années suivantes et depuis (ju'un camp a élé établi au mont Troados la mortalité s'est abaissée à 5 p. 1000.

L'<*x|>édilion de 181^5 à Ma<iagascar est un exemple mémorable de l'extension et de la gravité (pie peuvent |)rendre les fièvres palustres dans une armée en ca:npaizne;en quelques mois, le nombre

1. Cazauvs. Maln<l. <lr rarmcc (rilalir. Krc. mém. */»• mt'<l. milit., ISC4.

2. Il ••>t rr;rri'lial»l(' qm* «le-; >ol(lal>^ soifiil iiii> à la (lis|Hi>ition des aprirullours pour In iimissnii vn Alfrérie: ri'< lioiniiii»^ rrviriiiHMil souvt'iil avor In licvn' et il fnul les soifriuT piMidanl loii<rtiMnps. (|iiaii(l ils nr MictuiiilxMit pas à d»'s arrès pernicieux. H esl iiuliiiue d'employer pour les travaux de la moisson <Ie> Aralies (ju «les Knhyles, dt» inèuu' pour la deslruelion des saulendles.

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des décès s'est élevé à 6 000, ce qui représentait près du quart de l'effectif et, sur 3 hommes rapatriés, 2 étaient atteints de paludisme *.

Du 16 janvier au 1" mars, en six semaines, sur 550 hommes qui occupent Majunga, 254 sont atteints de fièvre palustre' et partout la proportion des malades est au moins aussi forte.

D'après J. Lémure, sur 100 décès à Madagascar, 72 environ doivent être attribués au paludisme '.

Les corps les plus éprouvés ont été ceux qui étaient employés à des travaux de terrassement.

Une compagnie du génie, forte de 225 hommes à son départ de Majunga, ne comptait plus à son arrivée à Suberbieville, après avoir travaillé à la construction de la route et des ponts, que 25 hommes qui se traînaient à peine.

Lind, dans son Essai sur les maladies des Européens dans les pays chauds, insiste à plusieurs reprises sur ce fait que les marins sont à Tabri du paludisme tant qu'ils ne descendent pas à terre et surtout qu'ils n'y couchent pas; il recommande même la création de comptoirs flottants et d'hôpitaux flottants dans les pays très insalubres^.

Pringle constate aussi la préservation dont jouissent les marins.

En 1747, alors que l'armée anglaise qui faisait campagne dans les Pays-Bas était si éprouvée par les fièvres palustres, l'escadre qui était à l'ancre dans un canal, entre Zuit-Beveland et l'île de Walcheren, fut complètement préservée; preuve, dit Pringle, que l'air humide et putride des marais était dissipé ou du moins corrigé avant que d'arriver aux navires'.

11 serait facile de citer de nombreux faits à l'appui de ceux qui sont rapportés par Lind et par Pringle, je me contenterai d'emprunter à Vincent et Burot l'exemple suivant qui est des plus probants.

A Madagascar, en 1895, pendant que la plupart des soldats du corps expéditionnaire contractaient la fièvre, les marins des bàliments de l'Etat ou du commerce, malgré de grandes fatigues, demeuraient indemnes; certains navires sont restés pendant six

1. Vincent et Burot, Le Paludisme à Mndng^asc^r, Acad. de méd., 1800.

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