‹ Traité du paludismeChapitre 9 sur 291 · The Prarlitioner, nov. 1880, p · texte numérisé non relu

The Prarlitioner, nov. 1880, p

2. Ou voit quVii 1880 M. Marcliinravn ôtnit un des (iériMiscurs du Bacillus malariœ, plus tard il a admis rexisloiurc d'un niicrocoque. Au Congrès de Copenhague, en 1884, Man'hiafava et Celii soutenaient encore, avec Tommasi Crudeli, que les éléments décrits par moi comme étant les parasites du |)aludisme, ne représentaient que des phases de régression des hématies.

Dans une lettre datée du 9 avril 1884 (postérieure û la puhlication de mon Traité des lièvres palustres), M. Marchiafava m'écrit : • Pour nous, les seuls éléments pouvant être s<mpçonnés d'être des |)arasites sont des corpuscules privés de (ligment, analo^rues à des microco(iues, qui se trouvent souvent en frrand nomhredans les friohules rouvres et qui scml seulement visibles sur les préparations du sanfr desséché et coloré par le hh»u de méthylène.

• Nous croyons que les formes |>ip:mentées que vous avez décrites ne sont autres que des friobules roufres défrÎMiérés et |)igmentés. •

Tout cela n'a pas empêché plus tard M. Marchiafava d'essayer de se faire une belle part dans la découverte de riiématozoaire du |)aludisme: je n'insiste pas, c'est chose ju^rée aujourd'hui.

3. Cuboni et Marchiafava, Arrhivf, experim. Pnlhol., t. XIIK p. 205.

4. A. Ceci, Arch. /. experim. Pathol.^ t. XV et XVI. Anal, in Hevuc de Ihiyem^ 1883, t. XXI, p. 73.

PALI'DISME

ces cultures, des accidents analogues à ceux du paludisme^

Tous les expérimentateurB qui ont entrepris do contrôler I« faits avancés par :>chiavuzzi sont arrivés à des résultats négatifB'J

On voit par l'exposé qui précède que l'ag^cnt pathogène du palit dismc a été recherché un grand nombre de fois dans l'air, daniS l'eau ou dans le sol des localités marécageuses; comme l'air, l'eau ' et le sol de ces localités sont tri^s riches en microphytes et en microzoaires, on comprend qu'il soit diflicile de dire quel est parmi ces microbes celui qui occasionne les accidents du paludisme, et que les observateurs aient été conduits à décrire comme parasite du paludisme tantôt une palmelle, tantôt un bacille, suivant les espèces qui dominaient dans les localités où ils faisaîeot J leurs recherches. I

La présence de spores ou de bacilles dans les urines, dans Itt ^ sueur ou dans la salive des malades atteints de Cëvre palustre, a peu d'im[iortance, étant donné que les nombreux microorganismes en suspension dans l'air s'introduisent facilement dans ces produits de sécrétion et y pullulent souvent.

L'expérimentation sur les animaux, employée par Grifhni, L&i et Terrigi, Klebs, Tommasi Crudeli et Schiavuzzi, ne pouvait pal donner de résultats satisfaisants; il paraît démontré en eClet qu« le paludisme est une maladie particulière à l'espèce humaine.

C'est évidemment parce que j'ai suivi une voie nouvelle qus) plus heureux que mes prédécesseurs dans ces recherches, JM réussi à découvrir le parasite qui est la cause des accidents i paludisme.

Mes premières recherches remontent à 1878; j'étais à ce momeotJ chargé d'un service à l'hôpiliil de Bûne (Algérie) et un grand^ nombre de mes malades étaient atteints de lièvres palustres. J'eus l'oceasioD de faire l'autopsie de plusieurs sujets morts de fièvre pernicieuse et d'étudier la mélanémie, qui déjà avait été observée mais qui n'était pas considérée comme une altération constante du paludisme ni comme une altération spéciale à cette maladie. Je fus frappé des caractères singuliers des granulations do pigment noir, surtout dans !e foie et dans les vaisseaux cérébraux, et J» cherchai à poursuivre, dans le sang des malades atteints de Gèvrt

1. Aead. de médixine de Home, i nvril i-t R ili^c. t88e, ri Beilrflae :iir Biologit der P/lt zen. mS.

2. G0IJ3I, liilurno al piiiem Baeitliu matariai lU Klt^b», Tommasi Crudeli

palustre, Tétude de la formation du pigment. Je trouvai dans le sang des leucocytes chargés de pigment, déjà vus par d'autres observateurs, mais, à côté des leucocytes mélanifères, des corps sphériques, de volume variable, pigmentés, doués de mouvements amiboïdes, et des corps en croissant pigmentés attirèrent mon attention; je supposai dès lors qu'il s'agissait de parasites.

En 1880, à l'hôpital militaire de Constantine, je découvris sur les bords de corps sphériques pigmentés, dans le sang d'un malade atteint de paludisme, des éléments filiformes ressemblant à des flagelles qui s'agitaient avec une grande vivacité, en déplaçant les hématies voisines; dès lors je n'eus plus de doutes sur la nature parasitaire des éléments que j'avais trouvés dans le sang palustre.

Des recherches ultérieures me montrèrent que lorsqu'on se plaçait dans de bonnes conditions (pendant les accès et avant l'emploi de la quinine), on trouvait toujours ces éléments parasitaires dans le sang des palustres et qu'on ne les trouvait jamais chez d'autres malades; j'arrivai ainsi à la conviction qu'il s'agissait bien du parasite du paludisme.

En 1882, j'allai en Italie pour rechercher, dans le sang des palustres de la campagne romaine, le parasite que j'avais vu dans le sang des palustres d'Algérie, j'eus la satisfaction de l'y retrouver.

Dès 1880, j'ai décrit les formes principales sous lesquelles se présente l'hématozoaire du paludisme et, depuis lors, j'ai consacré à l'étude de cet hématozoaire des publications dont la liste est déjà longue *.

VI. Travaux confirmatifs des miens; l'hématozoaire retrouvé dans TOUS LES PAYS PALUSTRES. — De très nombrcux travaux confirmatifs des miens ont été publiés dans tous les pays palustres. Je citerai principalement ici ceux de ces travaux qui ont paru dans les quinze années qui ont suivi la découverte de l'hématozoaire du paludisme, alors que l'existence de ce parasite et son rôle pathogène étaient

1. A. Laveran, Acad. de méd., 23 nov. et 28 déc. 1880, 25 oct. 1881. — Acnd. des Se, 24 «>cl. 1881 et 23 ocl. 1882. — Soc. méd. des hôp., 24 déc. 1880, 28 nvril 1882.— Nature pnrnsitjiiro des accidents de l'inipaludisme, Paris, 1881. — Hevue scientifique, 20 avril IK82. — Trait*» des fièvres palustres, Paris, 1884. — Ann. deVlnst. Pasteur, 1887 et 1888. — Soc. de Biologie, 21 juin 1890. — Soc. méd. des hôp., 28 nov. 1890. — Rapport sur l'êtiolofrie du paludisme aux Confrrès d'Iiy^rièue de Londres en 1801 et de Buda-Pest en 1894. — Du Paludisme et de son hématozoaire, Paris, 1891. — Paludisme in Encyclop. de U-auté, 1892, et Prophylaxie du paludisme, même collection, 1903. — Soc, de Biologie, 12 et 26 nov. 1892. — Art. Paludisme du Traité de méd. et de thérap., Paris, 1896; 2*édil., 1903. — A. Laveran et R. Blanchard, Les hématoz(»aires de Pliomme et des animaux. Paris, 1895.

encore contestés. La découverte de l'iiématozoaire du palndism découverte à laquelle ni les médecins, nî les naturalistes, ni les bat lériologistes nï-taient préparés, fut accueillie en effet avec beau-"! coup de scepticisme; il fallut une longue suite de recherches ponlirmatives des miennes, faites sur un grand nombre de points du globe, pour que l'existence du nouveau parasite fût définitivement reconnue. Les progrès de la technique relative à l'examen du sao) et à la coloration des hématozoaires et la découverte, chez un graCD nombre d'espèces animales, d'hématozoaires endo^lobulaires, facilité beaucoup depuis quelques années l'étude de l'hématozoaîri du paludisme. En dehors des travaux mentionnés dans ce chapitn j'aurai l'occasion, au cours de cet ouvrage, d'en citer un grand" nomlire d'autres ayant pour but, non plus la démonstration de l'existence de l'hématozoaire, désormais hors de doute, mais l'élude <le tel ou tel point particulier de son histoire.

Les médecins italiens, très bien placés pour l'étude dupaludis ont publié de nombreu-\ travaux sur l'hématozoaire du paludism qui a été retrouvé dans toutes les régions fébrigènes de l'Italie 0 de la Sicile par Marcbîafava et Celli, Golgi, Pietro Canatis, OraM et Feletli. Guarnieri, Aiitolisei et Angelini, Terni cl Giardio Bastianelii et Bîgnami, di Mattei, F. Sanfelice, Ascoli, Cl. Sforztd F. Hlio et par un grand nombre d'autres observateurs '.

Golgi, qui a fait ses recherches à Pavie, a essayé de sépart l'hématozoaire de la tierce de celui de la quarte, et, d'accord i P. Canalis, il a admis ensuite une troisième espèce d'bématozoain qui donnerait lieu aux fièvres irrégulières.

D'après Grassi et Feletti (recherches faites à Catane), il faudrait|

I. E. Makcbutata et A. Celli, i4nnalj di aijrleoUura, Runin, 1833 et IS86. <b BiDiOffiV, 1888. aiforma med., (3 sept. ISSO. Anh. pcr le le med.. I8M. — GoU| Arch. pcr U te. ntrd.. 1. X, n* *, el t. MU, p. 173. Congrii de Berlin. I8W, iUt. de Hiologie, 1. XIV, ISSO. Zeiliehr. f. Hygiène, ISSI. Otu;. med. di Paaia. 18))3. ë Pirrno Cahaub, Sluili sulla inreiione mBlarico. Toriiiu, IRSO. Spatlamani IfortKhr. d. nird., IHIXI. — B. Giuftu et PeLmi, Sui pnrnxïili delln inalnriA, Catsi 1S8B. Ri/orma m«/., innrs (8M. Cmlralbl. /. Bakter., ISHI, t, X, n" U. IS et " di se. itatarati in Catonia, 1. V, 1* série, 1892. n. Pilitti, Areh. itat. di cl tSOi, et Congfh miU. internat, de Pome, 181)1. D. Grags!, Stui<i ili un» inulofcii « milorin, Kamii, lOAI. — A. CiLuiel G. GuAnKunt, Ri/orma »ird.,T sq>i.cl l2oei. lU AnnaU di Agrieeltara. 1488. — B. .\HTOUsn. Hiformn mnj., jnuv, ISUfl, IC. AnioUI i!t A. Anowusi, Areh. «ai di clin, med., I8WI. et ft{/brmo med.. iriflrs IBIKI. et U. GiAiiDiNA. Aiviila d'tgiene e Senila pubbliea. 16 ruai 1R90. r;. 1'ehm, B'illri Piwuia, t. I, F(iM-. 2. — G- Bastunelu al A. Uionami. Bi/orma mal., juin 1800. — Di Mattw, Areh. i^r le se. mnJ., Tofino, 18W. I. XIX. n" *. — J F. Bahfblick, Ann. <M(' htil. Hgirne sperim., Riima. IHOI. — V. Aicdli. So liana. Il Avril 1801. — Cl. SroniA, Oiorn. med. del JT Etereito, 1803. ~ i

i, Torini

admettre, non plus trois, mais cinq espèces d'hématozoaires du paludisme.

J'examinerai plus loin (Ch. IV) la question de savoir s'il existe plusieurs espèces d'hématozoaires du paludisme, il me suffit de constater pour le moment que les formes parasitaires observées en Italie n'ont rien de particulier, que ce sont les formes aujourd'hui classiques.

J'ai eu l'occasion d'observer bon nombre de malades qui avaient contracté la fièvre intermittente en Corse, à Rochefort, dans la Loire-inférieure ou le Morbihaq, et j'ai retrouvé dans le sang de ces malades l'hématozoaire du paludisn>e.

En Angleterre, Curnow et Cayley ont étudié l'hématozoaire du paludisme, mais probablement sur des malades qui avaient contracté la fièvre dans les colonies *.

R. Marhsall et G. Thin ont retrouvé, dans le sang des fébricitants de la province de Huelva (Espagne), le microbe du paludisme sous ses difl'érentes formes*.

Les auteurs allemands, qui avaient accueilli tout d'abord avec beaucoup de faveur le BacUlus malariœ de Klebs et Tommasi Crudeli, n'ont pas tardé à se convaincre que ce bacille n'était pas l'agent pathogène du paludisme, et ils ont publié de nombreux travaux confirmatifs des miens.

Parmi les auteurs qui ont le mieux étudié l'hématozoaire du paludisme en Allemagne et en Autriche-Hongrie, il faut citer : Fr. Plehn, Quincke, Pfeiffer, E. Grawitz, G. Bein, Paltauf et Kahler, Jaksch, Bamberger, Hochsinger, Mannaberg, Keresztszeghy Gyula'.

Paltauf a retrouvé, 10 fois sur 10, les hématozoaires du paludisme et Kahler, 5 fois sur 5, chez les malades atteints de fièvre intermittente.

Bamberger a constaté la présence de ces parasites dans le sang

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