Lorain, Études de médecine clinique, t. II, p
FIÈVRES INTERMITTENTES
tribuer à augmenter l'intensité du frisson, elle ne suffit pas à l'expliquer.
Le frisson fébrile est essentiellement un phénomène nerveux qui se rattache sans cloute à l'irritation spinale (V. Ch. IX, Pathogénie); on s'explique ainsi qu'il présente, suivant les individus, de si grandes différences au point de vue de sa durée et de son intensité.
Le tracé reproduit dans la figure XXVI donne les températures du rectum, de la bouche, de l'aisselle et de la main pendant un accès de fièvre intermittente. On voit par ce tracé que la température de l'aisselle subit des variations analogues à celles de la température du rectum, à quelques dixièmes de degré au-dessous, on peut donc étudier la thermométrie des fièvres palustres en se bornant à prendre la température axillaire, bien qu'il soit préférable de prendre la température anale. Les tracés thermométriques que je donne dans cet ouvrage ont été établis avec les températures axillaires.
Dans les fièvres intermittentes, il est nécessaire de prendre souvu, I la température des malades; si l'on se contentait de faire deux observations par jour, comme dans les fièvres continues, un accès survenu dans l'intervalle des observations pourrait passer inaperçu. Pour établir le tracé thermométrique des accès de fièvre intermittente on prendra la température au moins toutes les heures.
Le fastigium thermométrique s'observe d'ordinaire vers le milieu de la période de chaleur; la température atteint le plus souvent 40 a 41°. 1
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Fig. XXVI. — Un accès de fièvre intermittente. Traces des températures du rectum, de la bouche, de l'aisselle et de la main (d'après Lorain).
Température du rectum.
Température de la bouche.
Température de l'aisselle.
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On a observé des températures de 42° et de 43°, Hirtz a noté dans un cas le chiffre exceptionnel de 44° C.
Ch. Richet a communiqué, en 1894, à la Société de Biologie un fait d'hyperthermie extraordinaire observé par Caparelli de Catane l; chez une femme atteinte de fièvre intermittente, la température se serait élevée à deux reprises à 46° C.
On sait que, chez les animaux placés dans des étuves ou exposés en plein soleil, la mort "arrive invariablement quand la température centrale atteint 45 ou 46°, le fait signalé par Caparelli est donc très remarquable, s'il n'y a pas eu de cause d'erreur; il est vrai de dire que, dans les accès de fièvre intermittente, les très hautes tern-
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Fig. XXVII. Fig. XXVIII.
pératures sont mieux supportées que dans d'autres fièvres, parce que le fastigium est de courte durée.
A la fin de la défervescence, la température s'abaisse souvent au-dessous de la normale, à 36°, voire même à 35°.
E. Durée des accès. — La durée des accès de fièvre intermittente est assez variable; on peut, je crois, établir trois types d'accès :
Accès courts qui durent de 4 à 8 h. ; Accès moyens qui durent de 8 à 12 h. ;
Accès prolongés qui durent de 12 à 24 h. et même jusqu'à 36 et 40 h.
Les figures XXVII, XX VIII et XXIX indiquent la marche de la température dans trois accès de fièvre, les premiers de courte durée (7 h.), le troisième de longue durée (15 h.).