A. Carles, Th. Paris
La pression proloncle, exercée un peu à gaucho de la région ombilicale, déterminait chez les malades observés par Triantaphyllidès une douleur vive et la sensation de vertige; les troubles nerveux qui accompagnaient le vertige étaient très variés '.
L'anémie qui est constante et la dyspepsie qui est commune, • liez les cachectiques palustres, expliquent la fréquence dos vertiges, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer l'existence d'une fièvre larvée 2.
I. Angine de poitrine, autres troubles cardiaques. — Koundrioutzkoff a publié l'observation d'un malade, ancien palustre, qui présentait les symptômes de l'angine de poitrine avec accès intermittents se montrant à heure fixe. Le sulfate de quinine eut rapidement raison de ces troubles3.
Dans ce cas, l'angine de poitrine ne paraissait dépendre, ni d'une aortite, ni d'une névrite du plexus cardiaque; les accidents avaient une marche intermittente bien nette et ils cédèrent rapidement à l'emploi de la quinine.
On verra, dans le chapitre suivant, que plusieurs observateurs ont admis l'existence d'endartérites d'origine palustre pouvant donner lieu à l'angine de poitrine.
Hoche a observé, chez un ouvrier, des accès de fièvre qui s'accompagnaient de vomissements et d'un ralentissement très marqué des battements du cœur qu'il attribue à une névralgie intermittente du pneumogastrique*. Les accidents, qui avaient résisté à divers traitements, disparurent rapidement sous l'influence de la quinine.
K. Asthme, bronchite. — Quelques auteurs ont placé l'asthme et la bronchite au nombre des accidents larvés du paludisme5.
D'après Triantaphyllidès, ces formes ne seraient pas rares au Caucase °.
1. Triantaphyllidès, Gaz. des hôp., I89G et Grèce médicale, 1902, n" 8 et 9.
2. La maladie, endémique dans certaines localités du nord du Japon, qui est connue sous le nom de Kubisagari et qui est caractérisée par des vertiges et des paralysies se reproduisant sous forme d'accès intermittents, n'a rien de commun avec le paludisme; elle ne s'accompagne pas d'hypertrophie de la rate et on ne trouve pas, dans le sang des malades qui en sont atteints, le parasite du paludisme. 11 s'agit probablement du vertige paralysant qui a été observé par Gerlier dans les environs de Genève. (Miura et Paul Lucas-Championnière, Journ. de méd. et de chir. prat., 25 mai 1897).
3. Koi.ndrioutzkoff, Journ. de méd. milit. russe, janvier 1895. Anal, in Médecine moderne, 23 mars 1895.