‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 139 sur 283 · W.-S. Thayer, On nephritis of malarial origin · texte numérisé non relu

W.-S. Thayer, On nephritis of malarial origin

4. J. Hope Potter, L'hémoglobinurie dans la malaria, Brilish med. journ., 1896, p. 590. — E.-A. Woldert, Un cas d'hématurie malariale, New-York med. journ., 23 février 1895. , „ .

5. Maurel, Traité des malad. palud. à la Guyane, 1883, p. 89. - Girerd, luaifctf. du paludisme sur les organes génitaux, Paris, 1884. — P-ertholon, Arch. de rrtftfc

COMPLICATIONS

D'après Maurel, on observe assez souvent l'épididymite chez les palustres à la Guyane. L'épididyme se tuméfie et devient douloureux sur le déclin d'un accès, de fièvre; en général, il s'agit d'une simple congestion qui disparaît rapidement, mais qui reparaît souvent lors d'une rechute; quelquefois l'épididymite est bien caractérisée et l'induration consécutive ne disparaît que lentement.

Girerd à Panama aurait observé, sur 330 palustres, 192 fois l'atrophie d'un ou des deux testicules à la suite d'orchites! 11 paraît ressortir de la lecture du travail de Girerd que bon nombre de ces orchites ou épididymites relevaient plutôt de la blennorragie que du paludisme.

Bertholon, Schmit, Charvot, Calmette, Hublé, Malinas, Coronado, Pluyette, Quennec, Planté ont observé l'orchite comme complication du paludisme.

Je résume la description que Charvot a donnée de l'orchite dite palustre.

C'est une orchite aiguë, à début brusque ; l'épididyme et le testicule sont presque toujours pris en même temps, on trouve souvent un peu de liquide dans la vaginale. Les malades accusent des douleurs vives locales et irradiées.

Les phénomènes généraux sont très marqués, la fièvre qui est vive et continue, cède rapidement à l'emploi de la quinine.

L'évolution de l'orchite ne suit pas une marche parallèle à celle de la fièvre; souvent la résolution n'est complète qu'au bout de trois ou quatre semaines, la consistance du testicule diminue au moment de la résolution et l'atrophie consécutive est commune comme dans l'orchite ourlienne.

Le traitement local a peu d'importance : repos au lit, élévation des bourses sur une planchette, suspensoir quand le malade se lève ; c est la médication quiniquequi joue le grand rôle.

A l'appui de sa description, Charvot donne 6 observations

C est seulement après avoir éliminé toutes les causes connues d orchite ou d épididymite qu'on peut conclure à l'existence d'une localisation du paludisme sur le testicule et, pour confirmer ce fcagnostic, fi serait nécessaire de constater la présence des hema-

milit., 1886. — Schmit, même fier iqht n

Calmette, Arch. de méd. mUU 1888 n~ ^AS?LLAN' Th" Montpellier, 1887. - - Coronado, Cron màd anir i ,! , ~ Malinas- Arch. * <>«'•</■ milil., ISSU P- 347. - Maunas, Arch. de méd. faV^lX ' ,8°6'

tozoaires du paludisme au moment de l'apparition de l'orchite, ce qui n'a pas été fait jusqu'ici.

Le fait que la fièvre cède et que l'orchite disparaît chez lus malades auxquels on administre de la quinine, ne démontre pas qu'il s'agisse d'une manifestation du paludisme; le même traitement réussirait parfaitement dans l'orchite ourlienne qui, si l'on s'en rapporte à la description de Charvot, a une grande analogie avec l'orchite palustre.

Il faut se garder de considérer comme palustre toute orchite qui se produit chez un sujet qui est atteint ou qui a été atteint de paludisme; parmi les observations d'orchite palustre qui ont été citées, bon nombre sont susceptibles d'une autre interprétation.

J'ai dit plus haut que Girerd me paraissait avoir attribué souvent au paludisme des épididy mites blennorragiques. Dans d'autres cas, l'orchite ourlienne a été décrite sous le nom d'orchite palustre; on sait que l'orchite ourlienne peut se produire sans être précédée de parotides et qu'elle- s'accompagne de phénomènes généraux, d'apparence parfois assez grave, et en particulier d'une fièvre très vive l.

Hublé, qui a publié plusieurs observations d'orchite chez des soldats atteints de paludisme, note la coexistence des oreillons; il me paraît évident que, dans plusieurs de ces cas, il s'agissait d'orchites ourliennes et non d'orchites palustres (Hublé, op. cit., voir notamment l'Observ. IX).

En 1876, j'ai observé un cas d'orchite chez un malade en traitement à l'hôpital pour fièvre intermittente; il y avait à ce moment dans mes salles des malades atteints d'oreillons, le diagnostic d'orchite ourlienne d'emblée fut porté et, je crois, avec raison.

On sait que les oreillons sont très communs dans l'armée et il est à noter que la plupart des observations d'orchite palustre ont été citées par des médecins militaires.

En 1878, à Biskra, un de mes malades, palustre et albuminurique, fut atteint d'orchite. Les urines examinées à plusieurs reprises avant l'apparition de l'orchite, dans le but de rechercher des cylindres urinaires, contenaient des spermatozoïdes en grand nombre. Je crois que, dans ce cas, l'orchite devait être attribuée aux habitudes de masturbation du malade.

J'ai recueilli en 1801 , au Yal-de-Grâce, une troisième observation

1. A. Laverai», Art. Oreillons du Diction, eneyclop. des se. mëd.

COMPLICATIONS

d'orchite chez un militaire qui avait contracté la fièvre intermittente au Tonkin et qui, à la suite d'une rechute de fièvre, à Paris, fut atteint d'une orchite du côté gauche, à début brusque. On ne pouvait incriminer, dans ce cas, ni la blennorragie, ni les oreillons.

Au moment où je vis le malade, il n'avait pas de fièvre, le testicule et l'épididyme du côté gauche étaient doublés de volume et très douloureux. La rate était notablement augmentée de volume, l'anémie très marquée. Je recherchai en vain, dans le sang, le parasite du paludisme. La résolution de l'orchite proprement dite se fit assez rapidement mais l'épididyme resta induré et, au moment de la sortie de l'hôpital, le diagnostic le plus probable était celui d'épididymite tuberculeuse.

Reclus et Nélaton ont montré que l'orchite tuberculeuse pouvait débuter comme une orchite aiguë *.

Ainsi, dans ces trois cas, on peut et l'on doit attribuer l'orchite à d'autres causes que le paludisme, et ces trois cas sont les seuls dans lesquels j'ai noté cette complication.

En dehors des orchites blennorragiques, ourliennes, tuberculeuses et de celles qui sont consécutives à la masturbation ou à des traumatismes, on a décrit encore l'orchite rhumatismale 2 et l'orchite hystérique3; enfin les localisations testiculaires de la filariose peuvent être confondues avec des orchites palustres, d'autant plus que le paludisme et la filariose sont souvent endémiques dans les mêmes pays 4.

La filariose donne lieu parfois à une orchite simple ou double qui s'accompagne de douleurs vives et d'accès de fièvre. A la suite des poussées aiguës, la maladie rétrocède, mais le testicule reste engorgé et de nouvelles poussées se produisent.

C'est évidemment à la filariose qu'il faut rapporter l'orchite hypertrophique signalée par Tournier comme fréquente chez les noirs du Congo s.

1. Reclus et Nélaton, Tuberculose chirurgicale, Revue mens, de chir., 1884.

2. Bouisson, Tribut il la chirurgie, p. 350. — Duffley, Dublin med. Jnurn., février 1872.

:s. Widal, .S'oc. méd. des hôp., 22 mai 189G.

4. F. Roux, Maladies des pays chauds. — Le Dentu, Bullet. méd., 1890, p. 763. — Catrin, Du paludisme chronique, p. 234. — L. Audain. Des formes cliniques de la Qlariose génitale clic/, l'homme, Port-au-Prince, 1894. — Du même, Varicocèle lymphatique et Qlariose testiculaire, Port-au-Prince, 1898. — Le Dentu, Lymphangiome ingumo-scrotal... Revue de Chirurgie, 1898, p. 1. -Renom, Des crises testiculaires dans la lllanose, Soc. méd. des hop., l(i mars 1900.

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