Voir Raynaud, Th. citée, p
4. FF.iiiiEni, Iles lésions de l'oreille ducs au paludisme, Sperimentale, 1880, p. GI0.
- C.-L. Weich, même sujet, Th. Zurich, 1880. — Barclay, Malarial manifestation,
des troubles de l'ouïe mais la quinine détermine souvent, comme on sait, des bourdonnements d'oreilles et une surdité plus ou moins persistante; je reviendrai sur ce point à propos du traitement (Ch. XI).
H. Gangrènes. — En dehors de la maladie de Raynaud, il existe dans la science un certain nombre d'exemples de gangrènes survenues chez des malades atteints de fièvre ou de cachexie palustre '.
Verneuil et Petit qui, dans un excellent mémoire, ont réuni la plupart des faits connus de gangrène pouvant se rattacher plus ou moins directement au paludisme, ont divisé avec raison ces faits en deux groupes : gangrènes associées ou secondaires et gangrènes palustres proprement dites.
Les gangrènes associées ou secondaires sont de beaucoup les plus nombreuses.
Les malades affaiblis par les fièvres sont naturellement prédisposés aux inflammations gangréneuses et il n'y a pas lieu de s'étonner si, chez des cachectiques palustres, on observe des angines ou des stomatites gangréneuses, des eschares de decubitus, des gangrènes du poumon, ou si, chez ces malades, les traumatismes accidentels et les opérations chirurgicales se compliquent souvent de gangrène.
C'est évidemment l'état général qui joue, dans ces cas, le principal rôle; le paludisme n'intervient que très indirectement.
Dans cette catégorie rentrent les cas de noma, de parotidite gangréneuse, observés à la suite de fièvres palustres graves et les gangrènes consécutives à des traumatismes ou à des congélations chez des cachectiques palustres. Lors du désastre du Bou Thaleb, on constata que les soldats atteints de paludisme avaient moins bien résisté au froid que les autres2.
Il faut aussi exclure du chapitre de la gangrène palustre les faits de gangrène diabétique, alors même que le paludisme figure dans les antécédents des malades; nous verrons plus loin que rien n'autorise à admettre l'existence d'un diabète d'origine palustre.
Saint-Louis Rev., 1897. — Delcourt, Manifcst. otalgiques de la f. interm., Scalpel, Liège, 1898.
I. Moty, De la gangrène dans les fièvres intermittentes, Ga:. des hôp., 18/9, p. 3i2 et 380. Verneuil et Petit, Revue de chirurgie, 1883, p. 438. — Boutin, Gangrène palustre, Arch. de méd. navale, 1884, p. 343. - Blanc, Contrih. à l'étude de la gangrène palustre, Arch. de méd. milit., 1885, t. VI, p. 337. - Blaise et Sarda, Montpcllier médical, 1888. — P. Moscato, Morgagni, loc. cit. — Ferrie», Soc. med. des hop., 21 juillet 1905. , , ....
2. ScimiMPTON, Relation de la retraite du Bou Thaleb, Rec. mém. de méd. nulit., 184b.
COMPLICATIONS
Les gangrènes palustres proprement dites sont rares; Ebrard, Larché, Duteuil, Yerneuil, Moty en ont cité, des exemples.
Les deux faits de gangrène cutanée par plaques disséminées observés par Moty sont très intéressants.
Dans le premier cas, il s'agit d'un zouave atteint de cachexie palustre chez lequel on vit se développer d'abord une plaque gangréneuse au-dessous de l'ombilic, puis d'autres plaques gangréneuses dans l'aine et dans l'aisselle du côté gauche. Le malade n'était pas diabétique, et l'autopsie ne révéla aucune altération du cœur capable d'avoir donné naissance à des embolies.
Le deuxième malade, cachectique palustre, âgé de 60 ans, présentait sur différents points du corps, au moment de son entrée à l'hôpital, des ecchymoses cutanées à peu près circulaires, de 3 à 5 cm. de diamètre, de couleur vineuse et sans empâtement sousjacent.
Un mois après l'entrée à l'hôpital, le malade fut pris subitement d'attaques épileptiformes, suivies de stupeur, de parésie du membre supérieur droit et de paralysie des lèvres.
« Les ecchymoses cutanées se prononcent en certains points et les accès de fièvre reparaissent. Le 22 mars, à la suite d'un traitement approprié, l'état général s'est relevé, les phénomènes paralytiques ont disparu et l'aspect des ecchymoses cutanées s'est notablement modifié; les unes ont été résorbées, d'autres se sont, pour ainsi dire, parcheminées; on trouve à leur niveau la peau épaissie et bleuâtre, sans traces d'inflammation; une de ces plaques parcheminées occupe le relief de la lèvre inférieure; enfin au bras gauche, deux d'entre elles se sont transformées en eschares gangréneuses sèches situées l'une au-dessus^de l'autre, au-dessous de la région olécrânienne; la plus grande a 3 cm. de diamètre; elles sont sur le point de se détacher. » (Moty, op. cit.). Le malade guérit.
Moty attribue ces gangrènes à l'accumulation des leucocytes mélanifères dans les petits vaisseaux; nous savons aujourd'hui que les hématozoaires du paludisme jouent un rôle important dans la formation de ces thromboses.
Avila Echeverria a observé un cas de plaques gangréneuses cutanées dans le cours d'une continue palustre1.