‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 176 sur 283 · Metchnikoff, Ann. de l'Inst. Pasteur, 1890, p · texte numérisé non relu

Metchnikoff, Ann. de l'Inst. Pasteur, 1890, p

PATUOGÉNIE

riencé; chez le fébricitant, l'activité des leucocytes s'exagère et les éléments parasitaires deviennent plus facilement leur proie que chez l'individu dont la température est normale » (Traité des fièvres palustres, 4881, p. 479). Je pouvais d'autant moins méconnaître l'importance du rôle des leucocytes, que c'était l'étude de la mélanémie et des leucocytes mélanifères qui m'avait mis sur la voie de la découverte de H. malarise.

Dans un autre de mes ouvrages j'écris : « L'existence de leucocytes mélanifères, souvent nombreux après les accès de fièvre intermittente, surtout après les accès graves, montre déjà que les leucocytes s'emparent des débris des éléments parasitaires et du pigment qu'ils contiennent. Mais les leucocytes n'emportent pas seulement des cadavres, ils s'emparent aussi des parasites vivants; on peut s'en assurer quelquefois par l'examen direct du sang; on voit des leucocytes qui, accolés à des éléments parasitaires, sont en train de les absorber ». (Du paludisme et de son hématozoaire, 1891, p. 180).

H. Vincent a réussi à voir, dans des préparations de sang palustre faites aseptiquement, bordées à la paraffine et conservées soit dans l'étuve à 32°, soit à la température du laboratoire, des hémamibes incluses dans des leucocytes qui, au bout de 8 heures, de 22 et de 36 heures, avaient conservé encore leur mobilité (mouvements amiboïdes, mouvements des grains de pigment) dans les leucocytes; au bout de 48 heures, une hémamibe a montré encore des mouvements '. Cette longue conservation des hémamibes s'explique par ce fait que les leucocytes étaient morts; on sait que les leucocytes de l'homme meurent, en général, 2 ou 3 heures après la sortie du sang des vaisseaux; quand les leucocytes sont vivants, ils détruisent vite le protoplasme des hémamibes dont il ne reste que le pigment. Les intéressantes observations de H. Vincent semblent prouver, comme le dit l'auteur, que les hémamibes sont englobées à l'état vivant, on peut cependant objecter que peut-être, les hémamibes avaient pénétré dans des leucocytes déjà morts.

Les hémamibes qui pullulent dans le sang irritent les centres nerveux médullaires et provoquent la lièvre; l'élévation de la température augmente l'activité des phagocytes qui détruisent des hémamibes en grand nombre, d'où l'abondance des leucocytes

I. II. Vincent, Ann. de l'Insl. Pasteur, 1897, t. XI. p. 902.

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