RÔLE DE LA HATE
mélanifères dans le sang à la fin des accès ; à la suite de cette destruction d'hémamibes, la fièvre tombe et le cycle recommence.
Golgi, dans son travail sur le phagocytisme dans le paludisme, qui date de 1888, admet, comme je l'admettais dès 1884, que la destruction des éléments parasitaires par les leucocytes joue un rôle important dans le phénomène de l'intermittence et que le processus fébrile, en augmentant l'activité des globules blancs, rend plus rapide la destruction des parasites.
La détermination du type fébrile dépend des conditions de culture de l'hémamibe dans l'homme et dans le moustique et des réactions plus ou moins vives que la présence du parasite provoque dans l'organisme humain.
On s'explique ainsi que, dans un même foyer palustre, on observe des types de fièvre très différents et que, dans les pays chauds, les indigènes aient des fièvres d'autres types que les Européens.
L'évolution des hémamibes se fait plus rapidement dans le milieu neuf qui est fourni par le sang d'un Européen arrivant dans une région palustre des pays chauds, que dans le sang des indigènes de cette région et les réactions sont plus vives chez l'Européen que chez les indigènes.
Le système nerveux s'accoutume à l'irritation produite par la présence de H. malavisé, de même qu'il s'accoutume à certains irritants externes qui finissent par ne plus l'impressionner.
Le climat, les saisons modifient les conditions de culture des hémamibes dans le corps des Anophèles; dans les pays tropicaux, l'évolution du parasite devient plus rapide, sa virulence est augmentée et les fièvres qu'il produit tendent à la continuité.
J'ai examiné, dans un autre chapitre (p. 124) le problème de l'unité ou de la pluralité des espèces d'hémamibes du paludisme; j'espère avoir réussi à montrer que les petites hémamibes de la fièvre dite tropicale et les grandes hémamibes de la tierce et de la quarte n'étaient que des variétés de H. malarise;)e ne reviendrai pas ici sur cette question.
Rôle de la rate. — Le paludisme est une des maladies dans lesquelles les lésions de la rate sont les plus constantes et les plus profondes, il est donc intéressant, au point de vue de la pathologie générale, comme à celui de la pathologie spéciale du paludisme, d'étudier ici le rôle de la rate l.
t. A. Laveran, Acad. de médecine, 16 février 1897.
Les travaux entrepris dans le but d'élucider le rôle de la rate dans les maladies infectieuses ont abouti souvent à des résultats contradictoires
D'après Fodor et Lubarsch, ce sont les organes parenchymateux qui permettent aux microbes pathogènes d'échapper à l'influence nocive du sang; les microbes se réfugient dans ces organes, et en particulier dans la rate, et ils s'y trouvent dans des conditions beaucoup plus favorables à leur développement que dans le sang.
Wyssokowitsch a constaté que les microbes injectés dans le sang des animaux disparaissent rapidement de la grande circulation, mais qu'on peut les retrouver, après un laps de temps souvent assez long, dans les organes à circulation lente; des spores de B. subtilis étaient encore vivantes dans la rate au bout de trois mois.
D'après Fodor, Lubarsch et Wyssokowitsch, la rate favoriserait donc la conservation des germes pathogènes ou du moins de certains de ces germes dans l'organisme.
Roger, Kourloff, Martinotti et Barbacci concluent de leurs expériences que la splénectomie n'a aucune influence sur la marche de l'infection charbonneuse chez les animaux.
Bardach a constaté, qu'après ablation de la rate, les chiens deviennent beaucoup plus sensibles à l'infection charbonneuse qu'ils ne le sont à l'état normal; la rate protégerait le sang contre l'invasion des microbes, grâce à sa fonction phagocytaire.
Les travaux de Metchnikoff et de Soudakewitch sur le rôle de la rate clans le typhus à rechute tendent à faire admettre la même conclusion. En examinant la rate des singes auxquels il avait inoculé le typhus à rechute, Metchnikoff a vu qu'à la fin de l'accès la rate renfermait un grand nombre de spirilles inclus dans les leucocytes. D'après les expériences de Soudakewitch, les singes dératés résisteraient moins à l'inoculation des spirilles d'Obermeyer que les singes normaux; mais ces expériences ont élé infirmées par celles de Tiktine.
Quelques observateurs ont émis l'opinion que la rate contenait une substance bactéricide.
Bezançon qui a bien résumé l'état de nos connaissances sur le rôle de la rate dans les maladies infectieuses, pense que la fonction de la rate consiste à fabriquer des leucocytes qui se répandent
1. Bardach, Hech. sur ln fonction de la rate dons les maladies infectieuses. Ann. de l'Inst. Pasteur, 1801, p. 40. — F. Bezançon, Th. Paris, 1895.