Bignami, Accad. med. di Borna, t. V, 2" série
filtres, dans les capillaires des organes à circulation lente et, en particulier, dans la rate1. On comprend par suite, que, chez' les malades atteints de fièvres palustres graves, alors que les hématozoaires abondent dans le sang, ainsi que les leucocytes raélanifères, une grande quantité de ces éléments soit retenue dans la rate.
Chez les anciens palustres qui succombent à des maladies intercurrentes, l'aspect de la rate est bien différent.
Dans les vaisseaux et les lacunes de la rate hypertrophiée, on trouve, au milieu des hématies intactes, des hématozoaires libres, adhérents à des hématies ou inclus dans des macrophages, et des éléments pigmentés en plus ou moins grand nombre; si le cachectique a succombé à des accidents palustres, ces éléments sont nombreux; s'il a succombé à une complication étrangère au paludisme, comme cela arrive fréquemment, ils sont rares.
Toujours c'est la rate qui contient le plus grand nombre d'éléments pigmentés et souvent on n'en trouve que dans ce viscère.
J'ai eu de fréquentes occasions de constater ce fait; j'ai pu le vérifier dans les circonstances suivantes. Un militaire rapatrié de Madagascar a une rechute de fièvre intermittente, le sang renferme des hématozoaires et la fièvre cède à la quinine; quelque temps après, le malade est apporté à l'hôpital dans un état très grave : fièvre, agitation, délire ; l'examen du sang est cette fois négatif, les accidents ne cèdent pas aux injections hypodermiques de quinine et la mort arrive dans le coma. A l'autopsie, on trouve les lésions de la méningite tuberculeuse et celles du paludisme, mais ces dernières sont exactement limitées à la rate qui pèse 1 070 gr. L'examen histologique d'un frottis de la rate montre des éléments pigmentés en assez grand nombre : hémamibes, microphages ou macrophages contenant du pigment.
Chez certains malades, atteints de fièvre intermittente bien caractérisée, on ne trouve, dans le sang obtenu par piqûre d'un doigt, que de rares hématozoaires; si, chez ces mêmes malades, on examine le sang recueilli par ponction de la rate, on y constate presque toujours des parasites en plus grand nombre.
La constance des lésions de la rate, et leur gravité dans la cachexie palustre, témoignent que la rate, est lésée par le séjour
I Ponfick. Virchow's Areh., t. XLIII. — Hoffmann et Langerhaus, même flect. XLVIII. — Wissokowitscîï, Zeitschv. f. Hygiène, 1888. — P. Carnot, Soc. de Biologie, 5 déc. 1800.