‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 198 sur 283 · Huoï, Ann. d'hyg. el de méd. colon · texte numérisé non relu

Huoï, Ann. d'hyg. el de méd. colon

5. Graves, Leçons de clinique médicale. Trad. fr., t. I, p. 474.

6. Soc. méd. des hôp., 13 février 1883. — Boulay, Ga:. des hôp., 27 dôc. 1S90. — IIanot et Boix, Soc. méd. des hôp., 28 avril 1893. — Vaillard, Soc. méd. des hôp., 25 avril 1902. — Marchand, même Soc, 7 novembre 1902. — Guinon, même Soc, 14 novembre 1902. — G.-B. (JQHETTI, Mforma med., 4 mars 1903. — CoMBT, Fièvre hystérique chez l'enfant, Soc. méd. des hùp., Il mai 1900.

7. P. Parisot, La lièvre neurasthénique, Congrès franc lis de médecine, Lille, 1899.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

L'hypersplénie, toujours très marquée dans l'anémie palustre, même lorsqu'il n'y a pas d'accès de fièvre, fait défaut dans l'anémie simple, mais on peut l'observer dans la chlorose1 et dans l'anémie pernicieuse2.

Leucémie splénique. S plénomégalie primitive. Maladie de Banti. — La provenance des malades, les antécédents morbides, l'existence antérieure d'une et le plus souvent de plusieurs atteintes de fièvre intermittente chez les cachectiques palustres, enfin et surtout l'examen du sang, permettront de distinguer la leucémie splénique de la cachexie palustre. S'il s'agit d'un leucémique, on constatera facilement que le nombre des leucocytes du sang est fortement augmenté; dans la cachexie palustre, bien que l'hypersplénie atteigne souvent les mêmes proportions que dans la leucémie splénique, il est très rare que le chiffre des leucocytes dépasse le chiffre normal.

Les états morbides qui ont été décrits sous les noms de splénomégalie primitive, d'anémie splénique, de maladie de Banti, de pseudo-leucémie infantile3, peuvent être confondus avec le paludisme; l'anémie et l'hypersplénie sont en effet des caractères communs à ces états morbides et au paludisme.

Le fait que le malade n'a pas séjourné dans un pays palustre et l'absence de fièvre intermittente dans les antécédents sont des présomptions sérieuses en faveur d'une maladie non palustre. L'examen histologique du sang devra être fait avec soin; s'il révèle l'existence de l'hématozoaire du paludisme, cela tranchera la question, mais on se rappellera que, chez les palustres qui n'ont pas eu d'accès de fièvre depuis quelque temps, les hématozoaires sont souvent absents du sang de la grande circulation.

Dans la maladie de Banti, l'hypersplénie se complique, à la dernière période, de cirrhose du foie, d'ascite et d'hémorragies gastro-intestinales très rares chez les palustres.

1. Clément, Congrès de méd. int., Lyon, 1894. — Golouboff, Splénalgie et ostéomyélalgie de la chlorose, Arch. russes de Pathologie, 1898, t. V, p. 192.

2. E. Jeanselme et Papillon ont cité plusieurs observations intéressantes d'anémie pernicieuse avec hypertrophie du foie et de la rate et accumulation du pigment ocre dans ces organes. (Soc. méd. des Iwp., 23 avril 1897).

Il est à noter que, dans l'anémie pernicieuse, on observe souvent des mouvements fébriles.

3. llnuiiL, De la splénomégalie primitive, Arch. gin. de méd., juin 1891. — Uebove et Bruhl, Soc. méd. des hop., 28 juillet 1892.' — Picou et Ramond, Arch. de med.expér., 1800, p. 168. - Maragliano, La clinica moderna, 6 juillet 1898. usler, The amer. Joum. of med. se, janv. 1900. — Banti, Informa med., 1, 2, 4 et 5 mars 1J01. — E. Weil et A. Clerc, Semaine médicale, 12 nov. 1902.

DIAGNOSTIC

Les effets, favorables ou non, de la médication quinique peuvent être utilisés pour le diagnostic.

D'après Suleiman Nouman bey, la maladie de Banli serait souvent de nature palustre; cet observateur a trouvé des hémamibes dans un cas où le diagnostic de maladie de Banti avait été porté '.

Reybaud et Vernet ont cité un cas de splénomégalie avec anémie du nourrisson, dans lequel l'existence de l'hématozoaire a été également constatée2.

D'après P. -G. Woolley, on observerait aux Philippines une splénomégalie fébrile qui ne relèverait ni de H. malarix ni de Piroplasma Donovani 3.

On voit combien le diagnostic différentiel de ces splénomégalies, encore mal connues, et du paludisme est difficile, et combien il importe de faire l'examen du sang.

Autres causes cV hypersplénie. — La rate est fortement augmentée de volume dans les cirrhoses du foie (cirrhose atrophique ou hypertrophique) ; on ne confondra pas cette splénomégalie secondaire avec celle qui est sous la dépendance du paludisme.

Chez les jeunes enfants, la tuberculose et la syphilis héréditaire donnent lieu souvent à une augmentation de volume de la rate.

La dégénérescence amyloïde de la rate qui s'observe à la suite des longues suppurations ou dans la syphilis invétérée, en même temps que celle du foie et des reins, s'accompagne souvent d'une hypersplénie considérable.

D'anrès Carrière, il y aurait souvent hypersplénie chez les enfants rachitiques

Il faut citer encore, parmi les causes de l'augmentation de volume de la rate, les kystes hydatiques, mais dans ce cas la forme de la rate est souvent modifiée et quelquefois on peut s'assurer par la palpation qu'il s'agit d'une tumeur fluctuante.

Hypersplénie palustre et tumeurs ovariennes. — La rate très hypertrophiée, déplacée et engagée dans le petit bassin a été confondue plusieurs fois avec une tumeur de l'ovaire .

!. Suleiman Nouman, La maladie de Banti, Presse médicale, 28 avril 1906.

2. Ravbaud et Yer.net, Réunion biologique de Marseille, 19 avril 1904.

3. P. -G. WoOLLEY, Tropical fébrile splenomegaly, Philippine Journ. of se., 190G.

t- I, P- 533. , lMm

i Carrière, Les grosses rates en pédiatrie, Presse méd., 20 septembre [U05. S Bhandstetter, Th. Paris, 1892-1893. — Houzel, .tend, de méd., 1" juin 1897,

et Arch. provinciales de. chir., l« juillet 1898. - Perlis, Soc. méd. de Kiev, Méd.

moderne, 28 novembre 1900.

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL 431

Dans un cas observé par Perlis, le diagnostic de tumeur de l'ovaire paraissait certain ; la tumeur fut enlevée et on constata, après l'ablation, qu'il s'agissait de la rate hypertrophiée considérablement (elle pesait 1 500 gr.j et ectopiée; le pédicule, large et épais, était tordu quatre fois. La malade guérit.

FUariose. — Les malades atteints de filariose ont souvent des accès de fièvre semblables en tout à ceux du paludisme.

En 1893, j'ai observé un malade chez lequel le diagnostic de paludisme ne semblait pas douteux et dans le sang duquel je trouvai, non l'hématozoaire du paludisme, mais des embryons de filaires; ces embryons existaient dans le sang périphérique le jour aussi bien que la nuit, ce qui permet de croire qu'il s'agissait de Filaria perstans (Manson) ; le malade revenait du Soudan1.

Les accès de fièvre de la filariose n'ont pas de type régulier; l'hypersplénie fait défaut, enfin l'examen du sang permet de constater l'existence des embryons de filaire.

11 est à noter en outre que, dans la filariose, il y a généralement une augmentation très marquée du nombre des leucocytes et en particulier des éosinophiles, contrairement à ce qu'on observe dans le paludisme.

Si, en raison de la provenance des malades, il y a lieu de soupçonner la filariose, on aura soin de faire l'examen du sang pendant la nuit; on sait en effet que les embryons de la filaire la plus commune chez l'homme ne se trouvent pas, dans le sang de la grande circulation, pendant le jour.

Trypanosomiase. — Les poussées fébriles qui se produisent au début de la maladie sont facilement confondues avec les accès palustres, d'autant plus que la trypanosomiase et le paludisme sont souvent endémiques dans les mêmes localités '2.

A la vérité, la fièvre n'a pas les mêmes caractères dans ces maladies; elle est rémittente, irrégulière dans la trypanosomiase, d'ordinaire intermittente et à type régulier dans le paludisme, mais ce n'est pas là une règle absolue; chez les anciens palustres en particulier, on observe souvent des fièvres irrégulières. La fièvre de la trypanosomiase résiste à la quinine, mais les fièvres palustres ne cèdent pas toujours facilement à l'emploi de ce fébrifuge.

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