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Napias, Th. Paris

4Jb DIAGNOSTIC

Une crise de gastralgie ou de coliques hépatiques peut faire croire à un accès pernicieux gastralgique.

L'urémie à forme comateuse ou convulsive a quelque ressemblance avec les accès comateux ou convulsifs; la présence d'albumine dans les urines et les autres signes d'une néphrite, ainsi que l'abaissement de température qui s'observe dans l'urémie, éclairenl en général le diagnostic.

La provenance des malades, leurs antécédents morbides, la marche des accidents, fournissent dans tous ces cas des signes importants, mais c'est encore l'examen du sang qui permet de résoudre le plus sûrement toutes ces questions de diagnostic différentiel.

Fièvres larvées. — Ce que j'ai dit des fièvres larvées (p. 290) suffit à montrer combien le diagnostic de la nature des accidents est ici difficile. Les conditions de temps et de lieu dans lesquelles débute la maladie, l'intermittence des accidents, l'augmentation de volume de la rate, l'efficacité de la quinine, ont fourni jusqu'ici au diagnostic des fièvres larvées ses principaux éléments; il y aura lieu, à l'avenir, cle tenir grand compte des résultats de l'examen du sang.

Accidents dus à remploi de la quinine ou de V arsenic. — A propos du traitement (Ch. XI) j'étudierai les troubles morbides qui ont été observés à la suite dè l'emploi de la quinine ou de l'arsenic.

Il me suffira de dire, pour le moment, que la quinine produit chez certains malades, des accidents tels que : céphalée avec bourdonnements d'oreilles, vomissements, anxiété, vertiges, qui pourraient faire croire à l'invasion d'un accès pernicieux; erreur grave, car on serait amené à insister sur la quinine, alors qu'il faudrait en suspendre l'emploi.

La quinine peut provoquer encore l'hémoglobinurie, des éruptions cutanées et l'amblyopie ; comme ces manifestations cliniques figurent également dans la symptomatologie du paludisme, on voit que les erreurs d'interprétation sont à craindre.

L'acide arsénieux donne lieu facilement à des troubles digestifs : diarrhée, vomissements; à la suite d'un traitement prolongé par l'arsenic on peut voir apparaître des paralysies qu'on ne doit pas confondre avec des paralysies d'origine palustre. La paràiysie arsenicale s'accompagne toujours de troubles de la sensibilité : douleurs, fourmillements, diminution de la sensibilité générale;

DIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL

elle est symétrique et elle atteint d'abord les extrémités ; presque toujours les extrémités inférieures sont prises les premières; le début est lent, très rarement brusque '.

Diagnostic de la fièvre palustre chez les jeunes enfants. — On a vu (p. 246) que, dans la première enfance, l'accès de fièvre intermittente revêt des caractères spéciaux : le stade de froid est très court, d'une observation difficile et le stade de sueurs fait souvent défaut; par contre, les convulsions et les troubles digestifs, rares chez l'adulte, sont fréquents chez les jeunes enfants atteints de paludisme.

Le fait que les enfants viennent de localités palustres, le type régulier de la fièvre, l'augmentation de volume de la rate, fournissent d'importantes présomptions en faveur du paludisme; l'examen du sang rend de grands services, en raison des difficultés de l'observation chez les très jeunes enfants.

La cachexie palustre ne sera pas confondue avec les cachexies athrepsique ou syphilitique.

Dans la cachexie athrepsique, le bébé est très amaigri et la rate n'est pas augmentée de volume.

Les lésions de la peau ou des muqueuses trahissent d'ordinaire la cachexie syphilitique.

Dans la seconde enfance, le diagnostic est plus facile, mais ici encore il y a des causes d'erreur. « Chez les enfants qui grandissent, il ne faudra pas prendre pour une fièvre paludéenne des accès de fièvre passagère qui souvent revêtent à Paris le type intermittent, passent sans traitement et ne sont d'ailleurs pas accompagnés de gonflement de la rate, ni de la teinte terreuse spéciale à la malaria. » (E. Périkr, Note sur la fièvre intermit. chez les enfants, Paris, 1891.)

P. Dinami a décrit une fièvre intermittente d'origine intestinale qui s'observe chez les enfants de 1 à 7 ans mal nourris 2 ; pendant les accès de fièvre, la température s'élève à 39 ou 40°.

L'absence de tuméfaction de la rate et l'inefficacité de la quinine montrent qu'il ne s'agit pas d'une fièvre palustre; il suffit d'administrer un purgatif et de prescrire un bon régime alimentaire pour voir les accidents disparaître.

1. Leroy d'Btiollbs, Oaz. hebdom., 1857. - Imbert Gourbeyre, Gaz. méd., 1858. - G. Broimrdel, Arch. de méd. expér. et d'anal, pathol., 1896, p. 786. - Lancereaux La ^paralys.e arsenicale, Acad. de méd., 21 juillet 1896. lancereaux,

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