‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 211 sur 283 · Comuy, Médecine moderne, 17 avril L · texte numérisé non relu

Comuy, Médecine moderne, 17 avril L

3. Administration de la quinine chez l'enfant, Journal des Praticiens, (i mai 1899.

K. Semaine médicale, { mors 1903.

TRAITEMENT

en suspension dans l'huile et qu'il était difficile d'avoir un mélange homogène, dosable par gouttes; il a proposé de donner la quinine aux enfants sous forme de bols à base de beurre de cacao que l'on fait avaler fondus dans une cuillerée de lait chaud. La formule des bols de quinine est la suivante :

Sulfate de quinine 0 gi\ 05 ou 0 gr. 10.

Beurre de cacao 0 gr. 15 ou 0 gr. 30.

Pour un bol.

La quinine très peu soluble conviendrait encore mieux pour la préparation de ces bols1.

La maison Zimmer de Francfort fabrique des chocolatines à la quinine contenant de la quinine insoluble dans l'eau, n'ayant pas de goût amer par conséquent.

Martinotti et Castellini ont donné la formule de chocolatines au tannate de quinine qui sont acceptées très volontiers par les enfants et qui font partie aujourd'hui des préparations de quinine d'État en Italie2.

Ces chocolatines au tannate de quinine ont été expérimentées avec succès, en Italie, dans le traitement et dans la prophylaxie du paludisme chez les enfants3.

La quinine, administrée sous forme de tannate, est éliminée plus lentement par les urines que lorsqu'elle est donnée sous forme d'un sel soluble; au point de vue de l'action préventive, cela parait être sans importance.

On a conseillé de mettre la quinine dans du café non sucré,' pour en dissimuler l'amertume, mais il se fait un précipité de tannate de quinine, et par suite le sel de quinine devient moins actif.

Les enfants de 8 à 10 ans et au-dessus peuvent avaler des cachets ou des capsules de quinine.

Pour éviter la sensation de brûlure de la région épigastrique que quelques personnes éprouvent, à la suite de l'ingestion de la quinine, Liégeois recommande de faire prendre la quinine en 2 ou 3 prises à une demi-heure d'intervalle et de l'associer à moitié d'antipyrine \

[. Semaine médicale, "4 juillet 1906. . 2 C Martinotti et G. Castellini, Atti d. Soc. per glt St. d. malaria, 190», t. N L, p.87. 3* E Modigliani, même Rec, 1905, t. VI, p. 95. - V. Cervello, G. Gaglio, M. Flamini L Cagiati, P. Mazzitelli, même Bec. 1900, t. VII, pp. 25-93. ' 4. Liégeois, Jour,,, des praticiens, ICjnnv. 1890. On verra plus loin que 1 ant.pynne augmente la solubilité de lu quinine.

Quand on prescrit des lavements de quinine, on n'est jamais sûr qu'ils ne seront pas rejetés, avant que l'absorption du médicament ait pu se faire, et on ne sait jamais exactement quelle est la quantité du médicament qui a été absorbée; on ne doit donc employer la voie rectale qu'en cas de nécessité.

Chez les enfants, les lavements de quinine rendent des services, en raison de la difficulté qu'on a de faire avaler le médicament.

On prescrira, pour un adulte, 1 gr. 50 à 2 gr. de chlorhydrate de quinine dans 120 gr. d'eau tiède; il est bon d'ajouter quelques gouttes de teinture d'opium pour que le lavement soit mieux toléré. Le lavement médicamenteux sera précédé d'un grand lavement tiède pour vider le rectum .

Chez les enfants au-dessous d'un an, J. Simon donne le chlorhydro-sulfate de quinine en lavements ou en suppositoires, à la dose de 0 gr. 10 à 0 gr. 15, et à celle de 0 gr. 15 à 0 gr. 20 de 1 an à 2 ans .

L'absorption est moins rapide et moins sûre que par les voies digestives supérieures.

Les lavements de quinine et les suppositoires à la quinine sont utiles lorsque les malades ont des nausées ou des vomissements; on leur préférera les injections hypodermiques toutes les fois que les accidents présenteront de la gravité; il est indispensable aussi de recourir à la méthode hypodermique s'il existe de la diarrhée en même temps que des vomissements.

La méthode endermique qui consiste à faire absorber les sels de quinine par la peau dépouillée de son épiderme est condamnée; les sels de quinine appliqués sur le derme dénudé provoquent des douleurs et une inflammation très vive, parfois même une gangrène superficielle. L'absorption de la quinine se fait d'ailleurs difficilement par cette voie.

Les injections hypodermiques qui permettent d'introduire rapidement et avec sûreté dans le sang les doses voulues de quinine, rendent de très grands services dans le traitement des fièvres palustres; on peut dire que, grâce à elles, le pronostic des accidents pernicieux est devenu moins grave qu'il n'était autrefois

i. Arnoui.d, Bullet. de thérap., 1865. — Boiuus. Arck. de mêd. ncw., 1869. — Vinson, Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 16 octobre 1874. — Gubler, Féréol, Soc. de thérap., I2janv. 1876. - Dzihwonski, Étude clin, sur les inject. hypoderm. de bromhydrate et de sulfovinate de quinine, Th., Pnris, 1878. — Jaillard, Du sullovinnle de quinine

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Le chlorhydrate de quinine, en raison de sa solubilité et de sa stabilité, est de tous les sels de quinine Le plus employé pour les injections hypodermiques.

Le chlorhydrate basique de quinine ne se dissout que dans 21 fois son poids d'eau, mais le chlorhydrate neutre est beaucoup plus soluble; une partie de chlorhydrate neutre de quinine se dissout dans 0,66 d'eau.

De Beurmann et Villejean recommandent, pour les injections hypodermiques, la solution suivante :

bichlorhydrate de quinine 5 gr.

Eau distillée q. s. pour faire 10 cm3

1 cm3 de cette solution représente exactement Ogr. 50 de bichlorhydrate de quinine1.

La solution de bichlorhydrate de quinine est limpide, de consistance presque sirupeuse; elle prend au bout de quelque temps une teinte brunâtre, sans s'altérer d'ailleurs.

Cette solution, bien que très acide au tournesol, n'est pas caustique; je n'ai pas observé d'eschares à la suite de son emploi, mais j'ai noté des douleurs vives au moment de l'injection, douleurs qui persistaient parfois pendant plusieurs heures.

Kobner a préconisé la formule suivante 2 :

Chlorhydrate de quinine 0 gr. 50 à 1 gr.

Glycérine pure )

Eau distillée j aa 2 gr.

Préparez sans acide et injectez la solution tiède.

Triulzi a montré que l'antipyrine avait une influence remar-

au point de vue de la méthode hypodermique, Rec. mém. de méd. milit., 1878, p. 607. — De Beurmann et Villejean, Bullet. gén. de thérap., 1888, p. 193 et 261. — Pasquier, De l'emploi du bichlorhydrate de quinine pour les injections hypod., Th. Paris, 1889. — Marty, Journ. de pharmacie et de chimie, 15 juillet 1894. — Kelsch, Note sur les inject. hypod. de quinine, Arch. de méd. milit., 1895, t. XXV, p. 81.

I. Pour éviter la confusion du chlorhydrate de quinine avec le chlorhydrate de morphine, confusion qui a entraîné quelquefois de très graves accidents, Vigier et Delpech ont proposé avec raison d'écrire en premier, sur les ordonnances et les étiquettes, le nom de l'alcaloïde comme il suit:

Morphine (chlorhydrate).

Quinine (chlorhydrate).

au lieu de :

Chlorhydrate île morphine.

Chlorhydrate de quinine.

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