Kobneh, Ballet, gén. de thérap., 1890, p
quable sur la solubilité du chlorhydrate de quinine; \ gr. de ce sel auquel on ajoute 0 gr. 40 à 0 gr. 50 d'antipyrine se dissout dans 2 gr. d'eau distillée à la température de 25 à 30°. On formulera :
Quinine (monochlorhydrate) 3 gr.
Antipyrine 2
Eau distillée 6 —
F. S. A. pour injections sous-cutanées.
1 cm3 de cette solution contient 0 gr. 30 de chlorhydrate de quinine.
Cette solution m'a donné de bons résultats, les injections sont moins douloureuses qu'avec la solution de hichlorhydrate; l'adjonction à la quinine d'une petite quantité d'antipyrine est sans inconvénients.
La pharmacie Chanteaud prépare des lentilles au bichlorhydrate de quinine qui renferment chacune 0 gr. 10 de sel quinique et qui peuvent s'introduire dans la seringue à injections hypodermiques; on aspire ensuite de l'eau bouillie et on prépare ainsi instantanément la solution. Ces lentilles paraissent appelées à rendre des services dans les pays chauds, surtout pendant les expéditions et les voyages.
L'uréthane a, comme l'antipyrine la propriété de favoriser la dissolution des sels de quinine. G. Gaglio a proposé la formule suivante1 :
Chlorhydrate de quinine 3 grammes.
Uréthane 3
Eau distillée 5
Faire dissoudre en chauffant légèrement.
Un centimètre cube correspond à peu près à 0 gr. 30 de chlorhydrate de quinine.
Les injections hypodermiques faites avec cette solution sont beaucoup moins irritantes que celles qui sont faites avec les solutions de bichlorhydrate de quinine et l'absorption est rapide2. Les
1. G. Gaglio, Rioisla critica di clinica medica, 1003 et Atti délia Soc. p. qli St. délia malaria, t. VI, 1005.
2. L'uréthane est le carbamate d'.éthyle, il a pour formule C»lPÀitO«; à la dose de Paris ^îoo'l ) 1 propn6l6s h)'Pnotiques (Bardet, Formulaire des nouveaux remèdes,
438 TRAITEMENT
petites quantités d'uréthane qu'on introduit dans l'économie paraissent être sans inconvénients.
Grimaux a proposé la solution suivante pour les injections hypodermiques :
Chlorhydro-sulfate de quinine 5 gr.
Eau distillée 6
I cm3 de cette solution renferme 0 gr. 50 de chlorhydro-sulfate de quinine.
II y a avantage à employer une solution moins concentrée. Le sulfovinate et le bromhydrate de quinine sont moins stables
que le chlorhydrate et, par suite, ils donnent lieu plus souvent que ce dernier à des accidents locaux.
A défaut de chlorhydrate de quinine, on peut utiliser, pour les injections hypodermiques, le sulfate de quinine rendu soluble à l'aide de l'eau de Rabel ou de l'acide tartrique.
Vinson a donné la formule suivante :
Sulfate de quinine 1 gr.
Eau distillée 10 —
Eau de Rabel 1 —
Ou :
Acide tartrique 0 gr. 50
Les injections de formiate de quinine ont été employées avec succès par Lacroix, Hirtz, Glaisse et Lemoine l. Ces injections sont moins douloureuses que celles qui sont faites avec les autres sels de quinine. Le formiate de quinine est soluble dans huit fois son poids d'eau à la température de 35°. Lemoine conseille d'employer une solution contenant 0 gr. 20 de formiate de quinine pour 4 cm3 d'eau.
Gualdi, Gallenga et Malafosse ont préconisé l'emploi de solutions de quinine très étendues 2. Malafosse recommande de ne jamais injecter une solution de quinine dont le titre dépasse 5 p. 100, et de se servir, comme excipient, au lieu d'eau pure, d'eau physiologique.
1. Lacroix, Soc. de pharmacie, 5 juillet 1903 et Soc. de thirap., 25 octobre 1905. — Hiivrz, Claisse et Lemoine, Soc. méd. des hôp., 19 et 20 janvier 1900.
2. T. Gualdi et P. Gallenga, Emploi de solutions étendues de quinine en injections sous-cutîinées, Semaine médicale, 7 mars 1900. — Malafosse, Le sérum quininé en injections sous-cutanées contre les formes graves de paludisme, Arch. de méd. milit., mars 1005.
J'ai toujours conseillé, pour ma part, de ne pas employer pour les injections hypodermiques de quinine des solutions concentrées mais j'estime qu'il n'est pas nécessaire de recourir à des solutions aussi étendues que celles recommandées par Gualdi, Gallenga et Malafosse.
Glatard d'Oran emploie pour les injections hypodermiques, chez les nourrissons, une solution de hichlorhydrate de quinine dans l'eau physiologique au titre de 1 p. 20. Les injections faites sous la peau du flanc ou à la face externe de la cuisse sont bien supportées l.
On trouve aujourd'hui, dans toutes les pharmacies, des ampoules de solutions quiniques titrées et stérilisées qui sont d'un emploi commode.
Il faut s'astreindre, pour les injections hypodermiques de quinine, à des précautions plus minutieuses encore que pour les injections de morphine, la quinine, plus irritante que la morphine, donnant lieu plus facilement qu'elle à des accidents : douleurs vives, indurations, abcès, gangrènes; nous verrons plus loin que le tétanos s'est développé parfois à la suite des injections de quinine.
Une rigoureuse antisepsie est indispensable; on se servira d'une seringue stérilisée avec soin par la chaleur ou d'une seringue en verre de Luer conservée dans l'alcool à 95°.
Il est bon d'employer une aiguille en platine iridié que l'on flambe au moment même où l'on va l'enfoncer dans la peau.
La peau sera lavée à l'alcool, à l'endroit choisi pour la piqûre, puis touchée à la teinture d'iode. L'injection une fois faite, on mettra sur la piqûre un peu de collodion.
Les solutions qui servent aux injections hypodermiques doivent être limpides, sans cristaux, ni spores. S'il y a des cristaux, on chauffera au bain-marie ; s'il y a des champignons, on filtrera la solution et on la fera bouillir, ou mieux on fera préparer une nouvelle solution qui sera stérilisée par l'ébullition.
La pointe de l'aiguille sera poussée jusque dans le tissu conjonctif sous-cutané ou dans le tissu musculaire; les injections faites dans le derme donnent lieu souvent à des eschares.
Les injections intra-musculaires sont moins douloureuses que
l. H. Glatard, Traitement du paludisme chez le nourrisson et l'enfant du premier âge, Bulletin méd. de l'Algérie, 30 juin 1905.
TRAITEMENT
les injections sous-cutanées et ne provoquent pas de gangrènes \ Baccelli a préconisé les injections intra-veineuses des sels de quinine 2 ; il injecte, dans une veine du pli du coude, 0 gr. 40 à 0 gr. 60 de chlorhydrate de quinine, en se servant de la solution suivante :
Chlorhydrate de quinine 1 gr.
Chlorure de sodium 0 — 75
Eau distillée io
La méthode hypodermique permet d'introduire presque aussi rapidement, et sans aucun danger, les sels.de quinine dans la circulation ; on ne voit donc pas pourquoi on lui préférerait les injections intra-veineuses, qui sont plus difficiles à pratiquer et qui peuvent donner lieu à des accidents locaux ou généraux.
Les injections intra-veineuses ne paraissent indiquées que dans les accès pernicieux les plus graves, lorsqu'on peut craindre que la méthode hypodermique elle-même ne permette pas d'introduire assez rapidement les sels de quinine dans le sang; dans les accès pernicieux cholériformes avec état algide, par exemple.
La quinine, administrée aux doses qui sont indiquées plus haut, est généralement très hien supportée; certains malades accusent cependant des bourdonnements d'oreilles et des vertiges assez forts et assez persistants pour occasionner une véritable gêne. Dans ces cas, on réussirait, d'après Aubert, à faire tolérer le médicament en ajoutant un demi- milligramme d'atropine à chaque dose de quinine.
Les sels de quinine introduits dans l'économie sont éliminés en grande partie par les urines ; il est facile d'y constater leur présence à l'aide de l'iodure ioduré de potassium, qui, en s'unissant à la quinine, donne lieu à un précipité jaune marron (Bouchardat) 3.
La quinine apparaît dans l'urine 15 à 17' après l'ingestion, 20 à 25' après introduction par la voie rectale, 10 à 15' après injection sous-cutanée (Binz, Kerner, Lepidi-Ghioti), 10' après injection intra-veineuse (Baccelli).
1. H.Ziemann, Ueber Malaria u. andere Blutparasiten, Icna, 1898. — Ivanov, Semaine médicale, 31 janvier 1900 (Notes thérapeutiques).
2. Baccelli, Des injections intra-veineuses des sels de quinine dans l'infection malarique, Riforma medica, janv. 1890 et Ga::. degli ospitali, févr. 1890, n° 12.
3. La formule du réactif de Bouchardat est la suivante: iode, 15 gr., iodure de potassium, 4 gr., eau, 300 gr. Briquet a modifié ainsi qu'il suit cette formule : iode. 2 gr. iodure de potassium, 8 gr., eau, 250 gr. Kerner a utilisé les propriétés fluorescentes des sels de quinine pour constater dans les urines la présence des plus minimes proportions de ces sels.
Toute la quinine absorbée est éliminée au bout de 36 ou de 48 h. (Kerner).
Après l'ingestion de chlorhydrate ou de sulfate de quinine, aux doses thérapeutiques ordinaires, l'élimination urinaire ne se fait pas d'une façon absolument uniforme chez tous les sujets, mais elle suit une marche générale qui est toujours la même (Manquât). Le début se manifeste assez rapidement; au bout d'une heure environ, la réaction, plus ou moins importante, est manifeste dans presque toutes les urines. Cette réaction s'accentue et atteint un maximum qui se maintient ordinairement pendant une à trois heures. Pendant ce temps, l'élimination s'effectue d'une façon massive, elle diminue ensuite brusquement pour disparaître d'une façon à la fois traînante et irrégulière, entre la sixième et la dix-septième heure.
Il est très important de remarquer, écrit Manquât, que le maximum d'effet thérapeutique de la quinine dans la fièvre palustre ne correspond pas au maximum de présence utile du médicament dans l'économie, c'est-à-dire après absorption, le maximum d'effet thérapeutique est beaucoup plus tardif et plus prolongé. Cette discordance démontre que l'activité de la quinine ne dérive pas d'une modification des grandes fonctions, mais d'une impression spécifique (directe ou indirecte) sur le parasite du paludisme, puisqu'elle s'accuse au maximum alors que la majeure partie du médicament a été éliminée '.
D'après Kleine, 25 à 38 p. 100 de la quinine ingérée sont éliminés dans les vingt-quatre heures qui suivent l'ingestion. Après les injections sous-cutanées, une partie de la quinine serait précipitée et l'élimination s'achèverait plus lentement qu'après l'ingestion 2.
F. Mariani a conclu de ses recherches que l'élimination de la quinine est moins rapide que ne l'ont dit les auteurs3.
Lorsque la quinine est donnée sous forme d'un sel insoluble dans l'eau, comme le tannate de quinine, l'élimination par les urines est beaucoup plus lente qu'avec les sels très solubles.
Kerner a constaté qu'après l'administration du tannate de quinine l'élimination commençait trois heures après l'ingestion et continuait encore au bout de soixante-douze heures *.