‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 215 sur 283 · Bochefontaine, Arch. de physiol., 1873, et Th. Paris · texte numérisé non relu

Bochefontaine, Arch. de physiol., 1873, et Th. Paris

3. A. Laveran, Du paludisme et de son hématozoaire, p. 185. — Mirinescu et I'.. Gheorohiu, Gaz. hebdom. de méd. et de chir., 2 juillet 1892. — Romanowsky, Sur l'action spécifique de la quinine dans le paludisme, Wratch, 1891.

4. J. Muiviiay, Scientif. Mem. by med. Offic. of the Army of India, 1897.

5. F. Gualdi et F. Maiitihano, fi. Accad. dei Lincei, 4 mars 1900.

TRAITEMENT

lion de bisulfate de quinine à 1 pour 1 500 sur du sang- de quarte1.. D'après ces observateurs, le principal effet de la quinine serait de faire sortir les hématozoaires des hématies; par suite de leur sortie des hématies, les parasites se trouveraient placés dans des conditions défavorables à leur évolution.

Ziemann admet que la quinine agit sur le protoplasme des hémamibes; les formes jeunes sont les plus sensibles à la quinine, il y a donc avantage à administrer la quinine quelques heures avant l'accès, afin de détruire les jeunes hémamibes qui se produisent au moment de l'accès2.

D'après Schellong, la quinine tue les hémamibes indirectement; elle augmente la fixité de la combinaison de l'oxygène avec l'hémoglobine (Bmz), par suite, les parasites ne peuvent plus se procurer l'oxygène nécessaire à leur développement3.

King a émis l'opinion que l'action curative de la quinine dans le paludisme était due à la fluorescence de ce médicament qui émettrait des rayons violets dans le sang4. Il se base sur les recherches de Harrington et Leaming, d'après lesquelles YAmœba proteus ne se meut qu'en présence de la lumière rouge, les rayons violets ayant pour effet de l'immobiliser. Si l'hypothèse de King était exacte, des substances fluorescentes autres que la quinine devraient détruire les hémamibes du paludisme, ce qui n'a pas été prouvé jusqu'ici ; en outre la fluorescence de la quinine n'existant qu'à la condition que le milieu soit lumineux, la quinine ne devrait pas agir pendant la nuit.

En résumé, la question de savoir comment la quinine agit sur //. malavisé est encore discutée, mais la plupart des auteurs sont d'accord pour reconnaître que si la quinine guérit le paludisme c'est qu'elle tue les hématozoaires.

Si l'on pouvait introduire dans le sang, ù dose suffisante, des parasiticides comme l'iode ou le mercure, ces médicaments détruiraient sans doute les microbes du paludisme aussi bien, sinon mieux, que les sels de quinine, mais ces agents sont des toxiques très puissants pour l'homme lui-même, si bien qu'on ne peut même pas les utiliser pour tuer les parasites qui vivent dans In partie supérieure du tube digestif.

1. D. Lo Monaco et L. Panichi, P. Accad. dci Lincci, 0 avril 1809.

2. II. Ziemann, Ueber Malaria und andere Blutparasiten, loua, IS9S. p. T.'i.

3. Schellong, Arch. /. Schiffs u. Trûpen Hygiène, 1808, t. II, fosc. 3.

4. A.-F.-A. King. Amer. Journ. of the med. Se., 1902 et Médirai Record, 23 mai 1903.

Lui sensibilité de H. malavisé pour la quinine n'a rien qui puisse nous surprendre; on sait depuis longtemps que certains parasites sont extrêmement sensibles à l'action de substances qui n'agissent pas sur d'autres.

IV. Des accidents auxquels peut donner naissance l'emploi des sels de quinine. — 1° Phénomènes d'intolérance. Intoxication par la quinine. — Certaines personnes ont une sensibilité toute particulière pour la quinine.

Trousseau et Pidoux citent les faits suivants :

« Nous avons vu, à l'hôpital de Tours, une jeune religieuse rester folle pendant an jour pour avoir pris, en une dose, 1 gr. 25 de sulfate de quinine.

« Un jour, par notre conseil, un malade prit, en une fois, 3 gr. de sulfate de quinine, pour se guérir d'un asthme qui revenait tous les jours à une heure fixe. Quatre heures après l'ingestion du médicament, il éprouva des bourdonnements d'oreilles, des étourdissements, des vertiges et d'horribles vomissements; nous le vîmes 7 h. après l'administration de la quinine, il était aveugle et sourd, délirait et ne pouvait marcher, tant étaient grands les vertiges qu'il éprouvait; à chaque instant il vomissait ; en un mot, il était sous l'influence d'une véritable intoxication. Ces accidents, auxquels d'ailleurs nous n'opposâmes aucune médication active, cédèrent spontanément dans le milieu de la nuit. » (Traité de thérap., 8e édit., t. II, p. 487).

Un homme vigoureux observé parFloyer ne pouvait pas prendre de sulfate de quinine, même à très faible dose (0 gr. 15), sans avoir une violente dyspnée et de l'urticaire '.

Rizu rapporte qu'une de ses malades, chaque fois qu'elle absorbait du sulfate de quinine, même à très faible dose, éprouvait une congestion de la face, puis un véritable accès d'orthopnéc et de l'urticaire 2.

Pispiris, d'Athènes, a publié deux cas d'hémorragie inlestinale chez des malades atteints d'anémie paludéenne, à la suite de l'administralion du sulfate de quinine 3.

Kobner a vu se produire des accidents graves chez un enfant, à la suite d'une injection hypodermique de 0 gr. 30 de sulfate de

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