‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 214 sur 283 · Fr. Arnaud, Réunion biol. de Marseille, 21 mais I!in · texte numérisé non relu

Fr. Arnaud, Réunion biol. de Marseille, 21 mais I!in

3. Briquet, Traité thérap. du quinquina, Paris. 1855. — C. Binz, CentralbLf. d. med. Wissensch., Berlin, 1867, et Experim. Untersuch. liber «las Wesen der Ghininwirkurg, Berlin, 1868. — Trousseau et Pidoux, Traité de thérap., 8" êdit., Pans, 1869, t. Il, p. 483. — L. Colin, Étude sur les sels de quinine, Bullet. de thérap., 1872. — g'uyochin, Th. Paris, 1872. — Deuoux de Savignao, Art. Quinine du Diction, encyclop. des se. méd. — L. Dupuis, Étude expérim. sur l'action physiol. îles sels de quinine, Th. Paris, 1877. — Laborde, Arad. de méd., 20 janv. 1880. — J. Simon, Th. Paris, 1883. — C. Binz, Vorlesungen ûber Pliarmakologie, 2. Au(l., 185)1. — Komanows'ky Sur l'action spécifique de la quinine dans le paludisme, Wratch, 1891. (;ou;,, Deutsche med. Wochensclw., 1892, p. 003. - A. Laveran, Art. Traitement du paludisme du Traité de thérap. appliquée, Paris. 1896, el de American Texl Book or applied Therapeutics. — E. Léger, Les alcaloïdes des quinquinas, Pans, 1896.

sur les tissus. Les ouvriers qui manipulent l'écorce (Je quinquina et le sulfate de quinine sont sujets à des démangeaisons et à des éruptions cutanées (Girard, Chevallier).

L'action irritante des sels de quinine est surtout manifeste lorsque ces sels sont déposés à la surface du derme dénudé, à la surface d'un vésicatoire par exemple; les malades accusent une douleur très vive et on constate tous les signes d'une phlogose intense, parfois même il se produit une eschare superficielle.

Les injections hypodermiques des sels de quinine sont également douloureuses; elles donnent lieu souvent à des indurations, à des abcès et à des eschares, surtout si elles ont été faites dans le derme et non dans le tissu conjonclif sous-cutané.

Cette action irritante est heureusement peu marquée sur la muqueuse des voies digestives.

Jamais on n'observe l'inflammation de la muqueuse buccale ou pharyngée, à la suite de l'administration de la quinine en poudre ou en solution; les muqueuses stomacale et intestinale tolèrent très bien les doses ordinaires des sels de quinine, et c'est seulement lorsqu'on a administré la quinine à forte dose, et pendant longtemps, qu'on voit survenir quelques symptômes de gastrite.

L'expérience a démontré que les craintes formulées à cet égard par Broussais et ses élèves n'étaient pas fondées et qu'on pouvait prescrire la quinine, même à des sujets présentant des symptômes marqués d'embarras gastrique, sans avoir à redouter la gastrite ou la gastro entérite et sans prendre la précaution d'administrer au préalable un vomitif ou un purgatif.

Chez certains sujets, la quinine donnée même à faible dose provoque des vomissements, mais ces faits d'intolérance sont rares.

Un a beaucoup discuté la question de savoir s'il fallait ranger la quinine parmi les excitants et les irritants avec Broussais, ou bien parmi les hyposthénisants avec Rasori et Giacomini ; de nombreuses expériences ont été faites sur l'homme sain et sur les animaux pour résoudre ce problème, et on a cité des résultats qui, au premier abord, semblent contradictoires.

Duval et Béraudi, après avoir pris, l'un 0 gr. 60 et l'autre 1 gr. de sulfate de quinine (en une seule dose), éprouvent de l'excitation nerveuse, de l'accélération du pouls, de l'irritation gastro-intestinale et concluent de là que le sulfate de quinine est un irritant et un stimulant.

Giacomini expérimentant sur des lapins constate qu'à la dose

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de 1 gr. 20 à 1 gr. 301e sulfate de quinine produit des accidents toxiques et même mortels chez ces animaux et que les principaux phénomènes observés sont des phénomènes hyposthéniques : ralentissement du pouls, etc.

Mèlier observe les mêmes phénomènes chez les chiens intoxiqués par la quinine.

Giacomini et Mèlier concluent de ces expériences que la quinine est un hyposthénisant cardio-vasculaire.

Briquet, dans son Traité du quinquina, admet que la quinine est un hyposthénisant du cœur, des artères et du système nerveux.

Il est évident que si ces observateurs sont arrivés à des conclusions différentes, sur le mode d'action de la quinine, c'est qu'ils ne se sont pas placés dans les mêmes conditions; les uns, expérimentant sur l'homme, ont donné des doses faibles ou moyennes de quinine, les autres, expérimentant sur des animaux, ont donné des doses toxiques.

Un grand nombre de médicaments, excitants à faible dose, sont des hyposthénisants à forte dose; tel l'alcool, par exemple.

La quinine ne peut être rangée, d'une façon absolue, ni parmi les excitants, ni parmi les hyposthénisants, ses effets variant suivant les doses.

A faible dose, la quinine produit chez l'homme sain, et chez les animaux, une accélération des mouvements du cœur et une élévation de la pression sanguine; à forte dose, elle donne lieu à un ralentissement du cœur, précédé souvent d'une accélération; enfin, à dose toxique, elle détermine un arrêt du cœur en diastole

(BoCHEFONTAlNE, IjABOKDE).

D'après Binz, sous l'action dè la quinine, les leucocytes perdraient leurs mouvements amiboïdes et, par suite, la diapédèse de ces éléments serait entravée.

Hayem n'a pas constaté cette action de la quinine sur les leucocytes.

L'observation du sang palustre montre que les leucocytes jouent un rôle important dans la destruction des hématozoaires, et que l'action des phagocytes, loin d'être entravée par la quinine, semble au contraire devenir plus énergique, plus efficace, à la suite de l'administration de ce médicament. Vandyke Carter a même émis l'opinion que la quinine agissait en excitant l'activité des leucocytes et non directement sur les hématozoaires.

Bastianelli et H. Vincent ont constaté que, chez les palustres.

l'administration de la quinine provoquait une augmentation du chiffre des leucocytes mononucléaires, en même temps qu'une diminution du chiffre des hémamibes. D'après A. Billet, quelques heures après l'administration de la quinine (en général de 3 à S heures après cette administration), on observe de l'hypoleucocytose qui fait place, 10 ou 12 heures après l'administration du médicament, à une hyperleucocytose portant sur les mononucléaires. Cette hyperleucocytose quinique est encore plus accentuée que l'hyperleucocytose palustre normale 1 ; elle doit favoriser la phagocytose des parasites.

Piorry dit avoir constaté que la quinine détermine, même chez l'homme sain, une diminution rapide du volume de la rate, une véritable contraction de cet organe. Valleix et Briquet n'ont pas réussi à observer ce phénomène, en se plaçant dans les mêmes conditions que Piorry, et les expériences faites sur les animaux par Pagès sont très peu convaincantes.

La quinine n'agit manifestement sur les dimensions de la rate que chez les individus atteints de paludisme aigu; la quinine, en même temps qu'elle coupe la fièvre, donne lieu a une diminution rapide du volume de la rate; cet effet s'obtient même chez les palustres qui n'ont pas de fièvre, quand l'altération de la rate n'est pas trop ancienne.

Chez l'homme sain, les doses thérapeutiques de quinine agissent peu sur la température; avec une dose de 2 gr. de sulfate de quinine on observe d'ordinaire un léger abaissement de la température normale, les variations nycthémérales diminuent ou disparaissent.

Dans la plupart des maladies fébriles : fièvre typhoïde, fièvres éruptives, rhumatisme aigu, érysipèle, etc., la quinine a peu d'influence sur le tracé thermométrique, ou bien il faut la prescrire à très forte dose et on n'obtient que des abaissements passagers de la température.

Dans les fièvres palustres, au contraire, il suffit de quelques doses de quinine pour couper la fièvre. '

Il est évident pour quiconque a prescrit la quinine, d'une part dans la fièvre typhoïde ou dans le rhumatisme aigu, et d'autre part dans le paludisme, qu'elle exerce une action bien différente sur la marche de la fièvre palustre et sur celle de la fièvre typhoïde ou du rhumatisme aigu.

L. Bastianelli, H. Vincent, A Billet, Op. cit. Voyez p. 225 de eel ouvrage.

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Pourquoi, comment le quinquina et les sels de quinine guérissent-ils les fièvres palustres?

Jusqu'en 1880, on n'avait pas réussi à répondre à cette question d'une manière satisfaisante.

Les recherches faites sur l'homme sain et sur les animaux ne pouvaient être ici d'aucun secours. Il est aussi impossible d'étudier sur l'homme sain ou sur les animaux le mode d'action de la quinine clans le paludisme, qu'il le serait d'étudier les propriétés parasiticides de la pommade d'Helmerich, en frictionnant, à l'aide de cette pommade, des animaux ou des individus qui n'auraient pas la gale.

Briquet admettait que la quinine guérissait la fièvre en agissant sur le système nerveux1.

L'opinion défendue par Binz que la quinine agissait dans le paludisme comme un parasiticide, trouva peu de crédit parce qu'on s'imaginait, en 1870, que le microbe du paludisme était une bactérie ou une algue et que l'action toxique de la quinine est très faible sur ces microbes 2.

Les palmelles de Salisbury se développent très bien dans une solution de sulfate de quinine3.

Le Pénicillium glaucum vit dans des solutions concentrées des sels de quinine.

Les bouteilles qui renferment les solutions de sulfate de quinine, et qui ne sont pas nettoyées souvent et avec soin, se recouvrent presque toujours de champignons à leur face interne 4.

On avait bien constaté que le quinquina et les sels de quinine, si peu actifs contre les bactéries et les champignons, étaient des poisons très puissants pour les infusoires; mais on était trop éloigné de penser que l'agent pathogène du paludisme appartînl au règne animal, pour attribuer de l'importance à cette propriété de la quinine.

Dès 1865, A. Chevalier note que la moindre parcelle de quinquina introduite dans une infusion de foin empêche le développement des infusoires '.

L. Briquet, Traité thérapeutique du quinquina, Paris, 1853. 2. riociiEFONTAiNE, Th. Paris, 1873.

obs'en'és dans les solutions de sulfate de f^^^T 11 ^ 5. A. Chevalier, L'Etudiant nucrographe, Pans, 18(w, p. M-

Cette action parasiticide de la quinine sur les infusoires est étudiée ensuite par Binz 1 et par Bochefontaine 2.

La découverte de l'hématozoaire du paludisme a jeté un grand jour sur cette question.

L'agent pathogène du paludisme étant, non un champignon ou une bactérie, comme on l'a cru pendant longtemps, mais un protozoaire, on s'explique mieux l'efficacité des sels de quinine dans les fièvres palustres.

L'action destructive de la quinine sur les hématozoaires du paludisme est évidente. Ces parasites disparaissent rapidement du sang chez les malades soumis à la médication quinique ; c'est même là une des causes qui ont retardé leur découverte, l'étude du sang palustre ayant été faite le plus souvent chez des malades qui avaient pris de la quinine.

On peut étudier directement l'action de la quinine sur les hématozoaires, en mélangeant une goutte de solution de sulfate de quinine très diluée à une goutte de sang palustre ; dans ces conditions, on constate que les parasites prennent rapidement leurs formes cadavériques3.

D'après J. Murray, les parasites de la quarte ont d'abord, après l'administration de la quinine, des mouvements amiboïdes très actifs, des granulations s'en détachent, ensuite les hémamibes deviennent immobiles, le protoplasme s'opacifie et les grains de pigment s'agglomèrent *.

J'ai signalé, depuis longtemps, que les croissants résistaient beaucoup mieux à la quinine que les autres éléments parasitaires; Councilman, Golgi, Arnaud et bon nombre d'autres observateurs ont confirmé cette observation. Les croissants eux-mêmes disparaissent d'ailleurs du sang palustre sous l'influence d'un traitement prolongé.

Gualdi et Marfirano ont constaté que des croissants provenant du sang de malades en traitement par la quinine pouvaient se développer dans le tube digestif des Anophèles6 .

Lo Monaco et L. Panichi ont étudié l'action in vitro d'une solu-

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