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le buis, l'écorce de cascarille, les bois de Quassia amara et de Quassia simarouba, l'alkékenge (Phi/salis alkekengi), préconisé par Gendron, la gentiane (Genliana iulea), la petite centaurée Genliana centaurium) , le cbardon bénit et le chardon étoilé, la chicorée sauvage, le persil (Apium pelrosilenum) (graines de persil préconisées par Joret et Homolle et apiol, principe extrait du persil), le tournesol [Helianthus annuus) sous forme de teinture, le pambotano, l'eucalyptus et l'essence oxygénée d'eucalyptus ou eucalyptol, l'épine-vinette et la berbérine qui en a été extraite, la bébéerine qu'il ne faut pas confondre avec la berbérine1, le poivre et la pipérine, la noix vomique et la strychnine, la cupréine.
Plusieurs de ces substances sont des amers, des toniques et des excitants des voies digestives : telles sont les Quassia amara et simarouba, la petite centaurée, la noix vomique; d'après ce que nous avons dit plus haut de l'importance de la médication tonique dans le traitement du paludisme, il est facile de s'expliquer le mode d'action de ces médicaments qui peuvent rendre des services, mais qui n'ont aucun droit au titre de succédanés de la quinine.
4. Cinchonine2. — La cinchonine se retire des eaux mères qui ont servi à la préparation de la quinine; sa formule chimique ne diffère de celle de la quinine que par un atome d'oxygène en moins.
Le plus employé des sels de cinchonine est le sulfate, qui est solubledans 65,5 parties d'eau.
Briquet croyait que la cinchonine était deux fois moins toxique que la quinine. Bochefontaine et Laborde ont montré qu'au contraire la cinchonine était plus convulsivante que la quinine.
A la dose de 0 gr. 75 à 1 gr. en injection hypodermique, chez un cbien de \2 kgr., la cinchonine donne lieu à des convulsions épileptiformes.
Une dose de 0 gr. 60 à 1 gr. peut produire chez l'homme sain des accidents : céphalalgie frontale, constriction des tempes, douleurs précordiales, ralentissement du pouls.
l. La bébéerine est extraite 'l'un bois qui est. désigné à la Guyane sous le nom de bébeèrn {Necla/idra liodici, Laurinées).
2 Moutard-Martin, Mémoire mm- la valeur du sulfate de cinchonine dans le trait, dôsflèvres inlerniil.. 1800, Mém. de l'Académie de médecine, t. XXIV, p. 447. - Discussion sur le sulfate de cinchonine, Ihdlet. de l'Acad. de médecine, t. XXV. p. o05. - Delioux de Savignac:, ail. Cinchonine du Diction, encyclop. des se. méd. J. Simon» Les Succédanés en thérapeutique, Th.. Paris, 1883 - Maiuan, Adion anlM.enodjque des alcaloïdes secondaires du quinquina, AU, délia Soc. p. gh St. d. malana, 1904. t. ^ .
SUCCÉDANÉS DE LA QUININE
Le sulfate de cinchonine a donné des succès dans les fièvres intermittentes simples, mais son efficacité dans le traitement du paludisme n'est pas comparable à celle de la quinine, ainsi qu'en témoignent les expériences faites dans les hôpitaux militaires de l'Algérie et de Rome par L. Laveran, Goze,. Wahu, Barby, Rouis, Folie-Desjardins, Vital, Maignen, Mayer, Michel Lévy'.
A Blidah, 88 malades traités par l'expectation ont eu 235 accès, en moyenne 2,58; 56 malades traités par le sulfate de quinine en ont eu 50, soit 0,9 en moyenne; avec le sulfate de cinchonine, la moyenne des accès a été de 2,45, c'est-à-dire à peine inférieure à celle de l'expectation pure et simple. « L'action du sulfate de cinchonine, dit mon père, m'a paru d'autant moins efficace que les fièvres étaient et plus récentes et plus intenses. Pendant la saison épidémique, son défaut d'efficacité ressortait de la simple observation et était d'autant plus frappant que je me suis abstenu de le donner dans les accès graves où le caractère pernicieux était imminent. »
En 1872, Briquet a essayé de réhabiliter le sulfate de cinchonine ; Briquet reconnaît que le sulfate de cinchonine ne peut pas remplacer le sulfate de quinine dans le traitement des fièvres palustres des pays chauds, mais il pense qu'on peut utiliser ce sel pour le traitement des fièvres de France; voici les règles qu'il trace pour son emploi 2.
1° Donner le sulfate de cinchonine en solution, ou, si on le donne en poudre, faire prendre aussitôt après l'ingestion un verre d'une boisson acidulée. 2° Toujours fractionner les doses et les faire prendre en cinq ou six fois d'heure en heure. 3° Laisser entre la dernière prise et l'accès futur un intervalle de 8 à 12 h.
Moutard Martin a obtenu, avec le sulfate de cinchonine, de meilleurs résultats que les médecins militaires cités plus haut, ce qui s'explique facilement, les fièvres qu'on observe dans les hôpitaux de Paris, où ont été faites les recherches de Moutard Martin, étant moins graves que les fièvres d'Algérie.
C'est avec raison que le sulfale de cinchonine a été abandonné.
2. Cinchonidine. — Lacinchonidine est isomère de la cinchonine, elle est moins convulsivante que cette dernière (Bocuiîfontaine).
l.Ree, mém. de méd. milit., .T série, l. II, el L. Laveuan. Étude sur l'action com- !'" ^"Ifate de quinine, .lu sulfate de cinchoni d du quinium dans le traitement des lièvres intermittentes d'Afrique, Gaz. méd. de Paris. I85G. I. Acad. de médecine, l"r oct. 1872.
TRAITEMENT
Le sulfate de cinchonidine se dissout dans 130 parties d'eau.
La plupart des observateurs s'accordent à reconnaître que, dans le traitement des fièvres palustres légères, on peut employer avec succès le sulfate de cinchonidine.
Quelques auteurs sont arrivés à des conclusions encore plus favorables à la cinchonidine.
D'après Le Juge de Segrais et de Brun, les sels de cinchonidine seraient tout aussi efficaces que les sels de quinine et ils auraient l'avantage d'être mieux tolérés par l'estomac que ces derniers et de provoquer moins de troubles nerveux; comme, d'autre part, la cinchonidine coûte moins cher que la quinine, on voit qu'il faudrait préférer la cinchonidine à la quinine dans la plupart des cas '.
Je ne crois pas que la cinchonidine puisse remplacer la quinine dans le traitement des fièvres palustres graves2, et j'estime qu'on ne doit la prescrire que dans les fièvres palustres légères, ou chez des malades qui supportent mal la quinine.
Le bromhydrate, le bibromhydrate et le chlorhydrate de cinchonidine sont solubles dans leur poids d'eau et peuvent être par suite utilisés pour les injections hypodermiques.
Comme il est bon de ne pas employer des solutions concentrées, on prescrira, par exemple :
Chlorhydrate de cinchonidine 2 gr.
Eau distillée 10 —
Pour injections hypodermiques; 4 à 5 cm3 en 24 h. pour un adulte.
3. Quinidine. — Isomère de la quinine, la quinidine se trouve dans les eaux mères ayant servi à la fabrication du sulfate de quinine.
La quinidine est convulsivante au même degré que la cinchonine ; chez l'homme sain elle produit, plus facilement que la quinine, des nausées et des vomissements (Gubler). Comme, d'autre part, son efficacité est moindre que celle de la quinine, on voit que la quinine a sur elle de grands avantages.