I. Soc. de Biologie, 30 junv. et 5 juin 18i
flp2'in'S'rT'"C T-f f' 189f' P' IU3' 444 el 53G- V°yez ftussi : Fran k«' Sur la fixation de la rate mobile, Deutsche Zeitsclir. f. ciiir., 1898.
dU* TRAITEMENT
La laparotomie avec ou sans splénectomie a été pratiquée plusieurs fois avec succès pour des rupiures de la rate.
Lorsqu'on soupçonne une rupture de la rate, il faut d'abord lutter contre l'hémorragie interne : application de glace sur l'hypocondre gauche, compression du ventre, injections d'ergotinine et d'éther. Si l'état s'aggrave, on pratiquera la laparotomie et s'il n'est pas possible d'arrêter l'hémorragie, on fera la splénectomie '.
Brault a pratiqué la laparotomie chez deux cachectiques palustres atteints de sclérose polyviscérale avec ascite énorme. Les résultats ont été, paraît-il, excellents; la rate et le foie, qui étaient hypertrophiés, ont diminué de volume, l'ascite ne s'est pas reproduite pendant la convalescence. On donnait en même temps la moelle osseuse (80 gr. par jour environ)2.
J'enregistre ces résultats sans commentaires; il est impossible, dans l'état actuel de la science, de les expliquer d'une manière satisfaisante, mais il en est de même des résultats qui ont été obtenus à l'aide de la laparotomie simple dans la péritonite tuberculeuse.
VI. Succédanés de la quinine. — Un très grand nombre de substances, appartenant, soit au règne minéral, soit au règne végétal, ont été proposées à titre de succédanés de la quinine et, toutes les fois qu'un nouveau fébrifuge a été imaginé, on a pu citer des cas de guérison de fièvre intermittente à son actif.
Lorsqu'on expérimente un fébrifuge chez des malades atteints de paludisme, il faut se rappeler d'abord que beaucoup de fièvres intermittentes, surtout dans nos pays, guérissent en l'absence de toute médication spécifique; il suffit souvent que les malades entrent à l'hôpital pour que la fièvre disparaisse; le repos, une bonne alimentation, quelques toniques (vin, café), ont produit à eux seuls ce résultat; tout médicament donné à ces malades, au moment de leur entrée à l'hôpital, paraîtra donc avoir des propriétés fébrifuges d'après l'axiome : post hoc, ergo propter hoc.
L'exemple suivant cité par Trousseau et Pidoux3 est très instructif à cet égard.
1. Vincent (d'Alger), Revue de chirurgie, juin 1 81)3. — Bernard Pitts Ot C. Dallance, Trois cas de splénectomie pour rupture do ln raie (non palustre), guérison dans les Irois cas, Soc. clin, de Londres, 181)6, cl Médecins moderne, I80G, p. 157,
2. J. Brault, Soc. de Biologie, 9 jaav. 1897. :t. Traité de thérap.. 8" édit., I. 11, p. 548.
SUCCÉDANÉS DE LA QUININE 505
Chomel, voulant expérimenter les propriétés fébrifuges de la poudre de houx, choisit 22 malades atteints de fièvre intermittente; mais, avant de leur faire prendre la poudre en question, il les soumit à la simple expectation; 19 guérirent spontanément, les 3 autres avaient : l'un une quarte, deux une fièvre quotidienne. La poudre de houx fut inutilement administrée à ces trois malades qui guérirent facilement par la quinine.
Si Chomel avait donné d'emblée la poudre de houx à ses 22 malades, on aurait pu conclure que cette poudre guérissait la fièvre 19 fois sur 22.
On s'explique ainsi comment le chlorure de sodium, le plantain, le persil, l'artichaut, les toiles d'araignée, etc., ont donné de beaux succès à des médecins qui n'expérimentaient pas avec la rigueur de Chomel et pourquoi le nombre des substances qui ont été décorées du titre de succédanés de la quinine est si considérable.
Alors même qu'il serait prouvé par des faits nombreux que tel médicament est susceptible de guérir la fièvre intermittente de nos climats, il resterait à voir si ce médicament peut agir, comme la quinine, dans les fièvres graves des pays chauds.
Nous connaissons aujourd'hui les parasites qui donnent lieu aux accidents du paludisme; nous pouvons donc nous placer dans des conditions plus rigoureuses qu'autrefois au point de vue de l'expérimentation des fébrifuges dans cette maladie. Il faudra à l'avenir constater la présence des parasites chez les sujets choisis pour l'expérience, noter les formes sous lesquelles ils se présentent, et rechercher s'ils disparaissent aussi vite du sang, chez les malades traités par le fébrifuge en expérience, que chez ceux qui sont soumis à la médication quinique.
Parmi les médicaments qui ont été préconisés comme succédanés de la quinine, il convient de donner la première place aux alcaloïdes qui, comme la quinine, sont extraits du quinquina. Les sulfates de cinchonine et de cinchonidine, qui ont l'avantage de coûter moins cher que le sulfate de quinine, ont été souvent expérimentés. L'euquinine appartient à ce premier groupe.
11 faut citer ensuite : l'acide arsénieux et les composés arsenicaux, l'iode, le nitrate de potasse, l'alun, l'acide phénique, le chlorhydrate de phénocolle, le bleu de méthylène, etc..
Parmi les substances végétales : l'écorce de saule et la salicine qui en a été extraite, les écorces de chêne et de marronnier d'Inde,