Sambon et Low. Medico-Chirwg. Traiisact
3. F. Pez/.a, Atti délia Soc. per gli St. d. malaria, 1001, t. V. - 9. Tusini. mou.o Recueil, 1906, t. VII. p. 307.
DESTRUCTION DES MOUSTIQUES 5d9
Après la récolte du riz, il ne faut pas laisser la rizière se transformer en marécage; dans les cinq jours qui suivent la récolte, il faut, dit Beaugrand {op. ait.) procéder à l'assèchement.
Les pièces d'eau des jardins seront à eau courante. Il suffit d'un jet d'eau au milieu d'une pièce d'eau et d'un courant faible pour empêcher les moustiques de s'y développer.
A San-Diégo (Texas), Howard a obtenu de bons résultats, au point de vue de la destruction des moustiques, en établissant à la surface d'un étang des roues à eau qui, pendant l'été, étaient mues par de petits moulins à vent; la légère agitation produite ainsi à la surface de l'eau suffisait pour gêner considérablement le développement des moustiques1.
E. Autres mesures à prendre pour la suppression des gites des culicides. — Le dessèchement des marais, l'endiguement des étangs et des rivières, le drainage du sol, sont des opérations qui nécessitent une mise de fonds considérable et qui, par suite, ne s'exécutent que lentement; en dehors de ces grands travaux d'assainissement, il est possible, dans beaucoup de localités, de supprimer des mares de peu d'étendue, et beaucoup de gîtes de moindre importance encore, qui suffisent à la culture des Anophèles.
Pendant le voyage que j'ai fait en Corse en 1902, j'ai été frappé de voir que, dans certaines localités de l'intérieur, dans la vallée de Casa-Luna notamment, les mares à Anophèles étaient rares et de très faible étendue; ces mares ne servant à rien, il serait facile de les faire disparaître, soit en établissant un drain d'écoulement à la rivière, soit en les comblant avec de la terre ou du sable2.
Dans les habitations, dans les jardins, il faut faire disparaître tous les réservoirs inutiles (baquets, tonneaux, puits abandonnés), et tous les débris d'ustensiles ou de vaisselle qui retiennent assez d'eau pour permettre l'éclosion des culicides. En ce qui concerne les réservoirs d'eau servant à l'arrosage ou à d'autres usages, nous indiquerons plus loin le moyen d'empêcher les larves des culicides de s'y développer.
Les citernes doivent être couvertes, afin que les moustiques ne puissent pas aller y déposer leurs œufs.
Les Culex pullulent souvent dans les fosses fixes installées près
1. Howard, cité par Nuttall, Centralbl. ./'. Bakter., t. XXV. L899, p. 293.
2. A. Laveran, Acad. de médecine, 7 octobre 1902. — F. Hattesti, Uaslia-Jotirnal, 22 août 1903.
PROPHYLAXIE
des maisons; dans les pays chauds, les fosses à terre sèche ou à cendre seront adoptées de préférence aux fosses fixes; dans les fosses fixes ordinaires, on détruira périodiquement les larves.
A Conakry, on a dû combler les trous des rochers et les excavations des arbres connus sous le nom de fromagers qui servaient de gîtes aux Anophèles.
F. Culture du sol, reboisement. — La culture du sol est regardée, à juste titre, comme un des meilleurs moyens d'assainir les localités palustres.
Les arbres et les plantes qui se développent le plus rapidement sont ceux qu'on devra préférer.
L'eucalyptus a été recommandé d'une manière spéciale1.
Les plantations d'eucalyptus ont prospéré en Algérie, en Corse et en Italie, et ont donné, dans certaines localités, de si bons résultats qu'on a pu leur attribuer des propriétés fébrifuges". Il a fallu reconnaître qu'on s'était exagéré la valeur de ces plantations et que les bons effets obtenus étaient dus simplement à la croissance rapide des eucalyptus. On pouvait supposer que les huiles essentielles contenues dans les feuilles mettaient en fuite les moustiques; l'expérience a prouvé que les Anophèles s'accommodent très bien de l'abri fourni par le feuillage de ces arbres.
h' Eucalyptus globulus est le plus connu des Eucalyptus, c'est celui qui a été introduit, le premier en Europe; il domine encore dans les vieilles plantations; dans les plantations nouvelles, il a été remplacé presque partout, en Algérie, par E. rostrata; E. globuhis craint le froid et la grande chaleur, il lui faut de bonnes terres, ni sèches ni trop humides, il périt rapidement dans les sols constamment marécageux; E. rostrata résiste mieux (Rivièue, op. cit.).
Les plantations de pins ont une influence presque aussi favorable, au point de vue du paludisme, que celles d'eucalyptus, mais le pin ne se développe pas aussi vite que l'eucalyptus.
Dans la Caroline du Nord, on a noté l'absence des fièvres partout où existaient des forêts de pins2.
1. Ramel, Revue maritime cl commerciale, 1861. — Regulus Caiu.otti, Du mauvais air en Corse, Ajaccio, 1809. — Oivtal, Oc l'Eucalyptus globulus. Th. Paris. 1874. — GlMBBRT (de Cannes), Gaz. hebdom., 1875, p. 340. - Toiielli, Rapport au Sénat italien sur l'amélioration des régions où règne la malaria, 1880. — Channing, EUoIogie cl prophylaxie de la malaria, Gaz. méd. de l'Algérie, 30 avril 1884. - Michon, Bulletin de la Soc. nat. d'acclimatation, janvier 1885.
2. L. Satchwei.l, The sanitarian, nov. 18112, et Gâche, Climatologie de la République Argentine, Buenos-Aires, 1805.
A Bourbon, on a fait avec succès des plantations de fdaos pour assainir le sol.
Le filao {Casuarina equiselifolia) est un arbre voisin des conifères, qui vient très bien dans les régions équatoriales, surtout dans les terrains sablonneux. Le bois, très dur, peut être utilisé poulies constructions navales ou comme combustible ; l'écorce renferme une matière colorante et a des propriétés astringentes.
Vincent et Burot pensent que le filao pourrait rendre de grands services pour l'assainissement de la côte à Madagascar l.
En Hollande et dans l'Amérique du Nord, on afait souvent, et avec succès, des plantations d'héliantbe ou tournesol (Helîanthus annuus)*.
L'hélianthe croît rapidement et dessèche bien le sol. Les différentes parties de la plante peuvent être utilisées. Les semences servent à la nourriture des volailles ou bien on en extrait de l'huile ; les feuilles vertes ou sèches peuvent être employées pour la nourriture des bestiaux.
D'après certains observateurs, l'hélianthe aurait des propriétés fébrifuges ; en Russie les paysans, lorsqu'ils ont la fièvre, se couchent sur un lit formé de feuilles d'hélianthe et ils se recouvrent également de ces feuilles. On a vu, clans le chapitre précédent, que la teinture d'hélianthe a été préconisée par quelques auteurs comme succédané de la quinine.
D'après Valentin, le houblon aurait les mômes propriétés assainissantes que l'hélianthe.
Le ricin a été cité comme ayant des propriétés culicifuges. En Egypte, on plante des ricins autour des maisons, dans le but de se débarrasser des moustiques3. Plumacher, consul des États-Unis à Maracaïbo, a préconisé les plantations de ricin comme un excellent moyen d'éloigner les moustiques; des branches de ricin placées dans une chambre suffiraient pour garantir les habitants de cette chambre contre les moustiques.
On a attribué aussi au papayer (Carica papayct) et à YOcimum viride des propriétés culicifuges.
VOcimum viride est employé, paraît-il, à Sierra-Leone comme culicifuge et aussi comme fébrifuge4. Ocimum viride est une plante, très rare en Europe, voisine du basilic vulgaire.
1. Acad. de méd., 7 avril 1896, cl Revue scientifique, 18 juillet 1896.
2. L'hélianthe a été préconisé surtout par Chevrbul et par l'américain Maury.