Fermi et Tonsini, Zeitschr. ./'. Hygiène, 10 aoûl
4. R. Ross, Report on malaria at Ismaïlia and Suez, 1903. — R. Royce. The antimnlaria measures al Ismaïlia, Livcrpool. sc/i. of trop, med., février 1904. — Pressât, Le paludisme et les moustiques, Paris, 1905.
le 1er trimestre de 1904, il n'y a qu'un cas de paludisme. Ismaïlia était assainie.
Il faut dire que ces résultats remarquables ont été obtenus grâce
Pig. XLVIII. — Statistifjiio du paludisme à Ismaïlia do 1377 à 1901.
à un concours de circonstances qui se rencontre rarement : la ville d'Ismaïlia constitue une oasis dans le désert, elle appartient à la Compagnie de l'isthme de Suez qui pouvait prescrire toutes les
PROPHYLAXIE
mesures indispensables et veiller à leur exécution, enfin la Compagnie qui est riche pouvait faire toutes les dépenses nécessaires.
Ces dépenses se résument comme il suit '.
Dépenses une fois faites (comblement des marais, drainage du sol, etc..) : 50 000 francs.
Dépense annuelle (travaux d'entretien, pétrolage des fossés, etc.): 18 300 francs.
C'est dira-t-on de l'argent très bien placé; assurément, mais si bon que soit un placement, il faut avoir de l'argent pour en profiter. Les pauvres communes de la Corse ou de l'Algérie ne peuvent évidemment pas se livrer à de semblables dépenses.
Dans les oasis d'Algérie où règne l'endémie palustre, il serait cependant facile, grâce à la main-d'œuvre militaire, d'imiter ce qui a été fait avec succès à Ismaïlia.
Les mesures prises à Selangor (Péninsule malaise) 2 et à Lomé (Togo) 3, pour la destruction des moustiques, ont donné de bons résultats; à Lomé, d'après Kruger, le nombre des enfants infectés est tombé de 37 à 5,7 p. 100.
Les essais de prophylaxie palustre par destruction des moustiques n'ont pas toujours donné les heureux résultats que nous venons de citer1. On comprend qu'il en soit ainsi; les difficultés de l'opération varient en effet suivant les pays.
Nous avons vu (p. 173) que l'existence à'Anopheles avait été constatée dans beaucoup de localités qui, autrefois palustres, étaient assainies depuis plus ou moins longtemps, on peut donc espérer d'assainir une localité malgré la persistance des Anophèles, ce n'est pas une raison pour renoncer à détruire les culicides toutes les fois que la chose est faisable; si l'on ne réussit qu'à en diminuer le nombre, c'est déjà un résultat très appréciable.
En pays palustre, il devrait être sévèrement défendu par les règlements de police d'avoir des réservoirs d'eau stagnante permettant la pullulation des moustiques, et des inspecteurs spéciaux devraient être chargés de surveiller l'exécution de ces règlements. Au Sénégal, le personnel du service d'hygiène a été investi du
1. Suppression (lu paludisme h Ismaïlia, Public, de la C'« di, canal maritime de Sa«r,
P2r.iE.-A°°b. Travers, Jour,,, of trop, med., 18 septembre 1003 et Arch. f. SchifTs u.
TropenHyg., mai 1904. p. 213.
! Kruger, Arh. a. d. Kais. Gesundheitsamte, I. \M, P- 5M>.
I ^ notamment : Rep. of thé anti-malarial opérations a. M,n ,„ M. 00 - 008, Scieaiif. mem. by offic. oflhe med. a. sanit. Dcp. oj the Go,. Oj Indta, Calcutta. 1903 et 1004.
droit de pénétrer, dans les dépendances des habitations pour s'assurer qu'il n'y avait pas de gîtes à moustiques; la présence de larves de moustiques, résultant de l'inobservation des mesures prescrites par les règlements, constitue une contravention '.
1. Destruction des larves de culicides. Suppression des eaux stagnantes. — Les culicides ont besoin d'eau stagnante pour se reproduire; la première mesure à prendre pour détruire ces insectes est donc la suppression des collections d'eau stagnante.
C'est un fait connu depuis longtemps, enregistré par tous les auteurs, que, pour assainir un pays, il faut dessécher les marais, endiguer les cours d'eau, drainer le sol, en un mot faire disparaître les eaux stagnantes2; les données de la tradition et de l'expérience sont donc tout à fait d'accord avec la doctrine anophélienne.
A. Dessèchement des marais. — Dans l'histoire du paludisme, les exemples abondent de pays qui ont été assainis à la suite du dessèchement des marais et de la mise en culture du sol qu'ils recouvraient. Par contre, on peut citer beaucoup de régions qui sont devenues insalubres à la suite de la formation naturelle de marais ou de la création d'étangs. Les étangs à poisson de la Sologne et de la Dombes ont été la cause principale de l'extension de l'endémie palustre dans ces régions de la France; la mesure d'assainissement la plus efficace a été de rendre à la culture une grande partie de la surface du sol qui avait été transformée en
étangs 3.
On a vu (p. 41) qu'une loi ayant permis de rétablir les étangs
t. Le Moal, Ann. d'hyg. et de méd. colon., 1906, t. IX, p. 212.
2. Régy, Assainissement du littoral méditerranéen du département de l'Hérault, Montpellier, 1868. — Hervé-Mangon, Rapport sur l'amélioration sanitaire et agricole de la Dombes, Acad. des se, 1869. — Durand Claye, Mémoire sur le dessèchement du lac Fucino, Paris, 1877. Bull, de la Soc. des Agriculteurs de France, 1877, et Ann. des Ponts et Chaussées, 1878. — Chambrelent, De l'assainissement et de la mise en valeur des landes de Gascogne, Congrès internat, d'hygiène, Paris, 1880. — Yalun, Art. Marais du Diction, encyclop. des se. méd. — Rey, Art. Marais du Nouveau diction, de méd. et de chir. pratiques.
3. Passerai- a essayé de démontrer que les étangs de la Dombes n'étaient pas malsains. Un étang bien construit n'est pas dangereux, dit-il; d'accord, mais les étangs bien construits sont rares dans La Dombes et ailleurs. Passerat demande à ce que les étangs soient entourés de berges à arêtes vives ou du moins fortement inclinées, chose difficile à obtenir pour des étangs qui sont mis en culture tous les trois ans. Il resuite .les chiffres donnés par Passerat lui-même que l'état sanitaire s'esl beaucoup amélioré dans la Dombes depuis qu'on a desséché une partie des étangs (Passerat, Des étangs de la Dombes, Bourg, 1893, et Mouvement de la population ■ ans le pays d'étangs de 1800 à 1896, Bourg, 1897). - Consulter au sujet .les étangs de là Dombes l'excellenl rapport fait au Sénat par M. Uevmond [Annexe au procèsverbal de la séance du 17 mars 1S99).
PH0IM1YLAXIK
dans la Dombes, une recrudescence de l'endémie palustre n'a pas tardé à se produire.
Les marais salants qui ne sont pas insalubres quand ils sont entretenus en bon état de fonctionnement, le deviennent dès qu'ils sont abandonnés et qu'ils se transforment en marais rjâls '.
Pour dessécher un marais, on creuse des canaux d'écoulement des eaux à la mer et, quand le niveau des parties à dessécher est inférieur au niveau de la mer, ou des cours d'eau voisins, on installe des machines d'épuisement.
C'est ainsi qu'on est arrivé à dessécher, en Hollande, le lac ou mer de Harlem; on s'est servi, comme moteur des machines d'épuisement, de la force motrice du vent.
De grands travaux ont été entrepris, depuis 1880, pour assainir le delta du Tibre qui constitue une vaste plaine d'alluvions mesurant 27 km. de long sur 14 de large (marais et étangs de Maccarèse et d'Ostie); le niveau de ce delta est, en certains points, inférieur à celui de la mer, ce qui rendait les travaux de dessèchement difficiles.
Des canaux ont été creusés pour recevoir les eaux de la région et une usine élévatoire, qui fonctionne depuis 1889, a été installée pour épuiser les eaux qui sont rejetées dans un canal qui va à la mer.
Les parties desséchées des marais d'Ostie ont été soumises à une culture intensive.
L'insalubrité de cette région est déjà moins grande et l'on peut espérer qu'en poursuivant ces travaux, on réussira à assainir cette campagne romaine dont le paludisme a pris possession depuis des siècles, mais qui, aux beaux temps de l'Empire romain, était fertile et salubre2.
On peut avoir recours au procédé du colmatage, lorsqu'il existe,
1. M f: lieu (Rapport sur les marais salants) prévoyait que la concurrence des salines du Midi et de l'Est de la France serait fatale aux marais salants de l'Ouest et que l'abandon progressif de ces derniers marais deviendrait une cause d'insalubrité; c esl en effet ce qui est arrive. Le meilleur moyen de lutter contre cet étal de choses est de Tonner des associations syndicales comme cela a clé fait a Marennes pour 1 assainissement île la répion. Le système d'association syndicale mis en pratique à Marennes par M. I eternie a produit, dit Melier, d'excellents résultats et il serait à désirer que de pareilles associations pussent s'établir partout. « Le règlement que leur a donne M. Letormc est un véritable code sur les marais salants, code approuvé « ailleurs par l'autorité et dont elle a apprécié elle-même toute la sagesse » (Mémoires de lAcad. de méd.t 1847, p. 074). , ., „ 101,P
2. A. IUGUF.li.. Les améliorations hydrauliques du delta du T.hre, Rome, 1890.
Anal, in Kevue d'hygiène, I8!)0, p. 1102.
à proximité des marais que l'on veut dessécher, un fleuve ou une rivière dont les eaux sont riches en produits limoneux; les alluvions qui se déposent comblent peu à peu les dépressions occupées par l'eau stagnante.
C'est ainsi qu'a été comblée, suivant les plans de Galilée et de Torricelli, la vallée de la Ghiana entre le Tibre et l'Arno.
On a comblé le palude di Castiglione avec l'eau tourbeuse de l'Ombrone; les étangs voisins de Narbonne et de Vie ont été comblés à l'aide des alluvions de l'Aude1.
Le dessèchement des marais et des étangs est le plus souvent, au point de vue économique, comme au point de vue hygiénique une excellente opération.
Le dessèchement partiel du lac de Grand-Lieu (Loire-Inférieure) par exemple, dessèchement qui est en projet depuis de nombreuses années, aurait d'aussi bons résultats au point de vue économique qu'au point de vue sanitaire. Ce lac a une superficie de 3 600 hectares; la pêche et la chasse sont affermées actuellement 22 000 francs; on a calculé qu'en desséchant 3 000 hectares on élèverait le revenu à 450 000 francs.
Quand on dessèche un marais ou un étang, on ne doit pas oublier, toutefois, que l'opération présente des dangers et que, si elle est mal faite, elle peut aggraver temporairement l'endémie palustre.
En 1805, on dessécha, en plein été, le marais de la Chartreuse aux portes de la ville de Bordeaux: 12 000 habitants furent atteints, dit-on, de fièvre palustre et 3 000 succombèrent2.
Un étang ou un marais est beaucoup moins dangereux quand il est couvert d'eau que lorsqu'on vient à le vider et que la vase, qui en forme le fond, reste exposée à l'air.
On sait que Lancisi arrêta une grave épidémie de fièvres palustres, qui sévissait sur la population de Rome, en faisant inonder les fossés du fort Saint-Ange.
Le môme moyen prophylactique a été employé plusieurs fois avec succès en Hollande.
Lorsqu'il n'est pas possible de dessécher complètement un marais ou un étang, il faut s'efforcer, à l'aide de digues ou de barrages, de maintenir toujours l'eau à peu près au môme niveau, surtout pendant l'été.
1. .(. Arnould, Nouveaux éléments d'hygiène, 2' édit., 1889. p. 143.
2. I,. Colin, Art. Intekmittentes (kievues), du Diction, eneyelop. des se. mëd.
IMUll'IIYL.WIK
Les travaux de dessèchement des marais, de curage des étangs, des canaux ou des fossés doivent être menés rapidement et effectués, autant que possible, en dehors de la période endémoépidémique des fièvres.
Si les travaux ne peuvent pas être interrompus pendant cette période, on les restreindra autant que possible et on prendra des précautions minutieuses pour protéger la santé des ouvriers.
Quand il s'agit de curer des fossés, un lac ou un étang de peu d'étendue et au voisinage immédiat d'un centre de population, on peut désinfecter la vase à mesure qu'on la retire afin d'empêcher e développement de gaz mal odorants.
C'est ce qui a été fait en 1892 pour le curage du grand canal du parc de Versailles et pour celui du lac de Saint-Mandé. On mélangeait, à un mètre cube de vase, S00 gr. de sulfate de fer et 1 kgr. de chaux l. Les résultats obtenus furent satisfaisants.
Si la vase ne peut pas être désinfectée, on l'ensemencera le plus tôt possible avec des plantes à végétation rapide.
Les flaques d'eau persistantes seront pétrolées (V. p. 542).
B. Drainage du sol. — Grâce au drainage, un grand nombre de régions autrefois ravagées par le paludisme ont été assainies. Les bienfaits du drainage ont été signalés surtout en Irlande, en Angleterre et aux États-Unis.
« Les fièvres d'accès, dit Graves, étaient anciennement très communes dans certains cantons marécageux voisins de Dublin; aussi, à l'époque où je faisais mes études médicales, il y avait constamment, dans les hôpitaux, des cas plus ou moins nombreux de fièvre intermittente; mais aujourd'hui les bas-fonds du sol ont été drainés, et les fièvres maremmatiques ont entièrement disparu. » Plus loin Graves ajoute : « De toutes les maladies queproduisent les contrées marécageuses, la fièvre intermittente est. la plus importante et son extinction est la plus saisissante, la plus éloquente de toutes les modifications causées par le drainage. » (Clin. méd. Trad. fr., t. I, p. 109-112.)
En Angleterre, les districts marécageux des comtés de Norfolk, Lincolnshire, Cambridgeshire, ont été assainis par le même moyen.
Le drainage a donné aussi des succès en Amérique, dans plusieurs cantons de l'illinois, du Michigan et de l'État de New- York.
I. Diverneresse, Soc. de méd. pub% 24 îftûvier ét 28 février 1894, Rev. d'hygienc, 180t.
DESTltUCTlON DES MOUSTIQUES 5->7
Le drainage n'a pas seulement pour avantage d'assainir le sol, il augmente sa fertilité et sa valeur, et il doit être regardé comme une des plus importantes améliorations foncières que l'on puisse exécuter.
Les terres qui ont besoin d'être drainées se reconnaissent aux caractères suivants : la terre, forte et grasse, s'attache aux souliers, les pieds des hommes et des chevaux laissent des cavités dans lesquelles l'eau demeure comme dans de petites citernes, le soleil forme une croûte dure, légèrement fendillée, un bâton enfoncé dans le sol, à une profondeur de 40 à 50 cm., forme un trou au fond duquel on aperçoit de l'eau stagnante l.
Le drainage agricole se pratique d'ordinaire à l'aide de tubes en terre cuite poreuse, ajustés bout à bout, le diamètre de ces tubes variant avec le volume d'eau dont ils doivent assurer l'écoulement. Les tubes de drainage sont placés dans des tranchées creusées de manière à ce que la pente naturelle conduise l'eau des drains à la rivière voisine.
Les tubes de drainage peuvent être remplacés par de simples tranchées au fond desquelles on met des pierres et du gros gravier, très perméable à l'eau.
Lorsque la pente et les déversoirs naturels manquent, on peut utiliser les couches absorbantes profondes du sol; on creuse des puisards qui permettent à l'eau superficielle de s'écouler dans la profondeur du sol. C'est par ce procédé que l'ingénieur Chambrelent a réussi à assainir les Landes; des puits absorbants percés à travers l'alios, couche imperméable, reçoivent l'eau amenée par les tranchées ou crastes.
C. Endiguemenl de la mer, des cours d'eau. — Lorsque le niveau du sol est inférieur à celui de la mer, il est nécessaire de protéger les côtes, comme on l'a fait sur beaucoup de points de la Hollande, au moyen de digues puissantes, et d'épuiser par des procédés mécaniques (moteurs à vapeur ou à vent) l'eau qui tend à s'accumuler dans les parties déclives.
Les marais mixtes, c'est-à-dire dans lesquels l'eau de mer se mélange à l'eau douce, sont particulièrement dangereux, il est donc indiqué de prendre des mesures pour empêcher ce mélange.
On a assaini les marais de Lucques en construisant des écluses
I. Baural, Drainage, irrigations, engrais, Paris, 1860, l. I. p. 100 et Duboué, Traité de l'impaludisme, Paris, 1867, p. 105.
IMUIIUIYLAXIE
dans les canaux qui faisaient communiquer ces marais avec la mer (1740-1821); ces écluses agissant à la manière d'une soupape se fermaient par la seule pression de l'eau de la mer, quand celle-ci tendait à monter, et s'ouvraient sous la pression des eaux du bassin. A la suite de ces travaux, le village de Viareggio, qui était des plus insalubres et presque abandonné, est devenu un lieu de villégiature très fréquenté.
A plusieurs reprises, les écluses s'étant détériorées, on a vu reparaître les fièvres qui disparaissaient de nouveau lorsque les réparations nécessaires avaient été exécutées.
La séparation des eaux douces des eaux salées a donné aussi de bons résultats en Toscane et, en France, dans la région de Marennes l.
L'endiguement des rivières est une mesure excellente; c'est ainsi qu'à Strasbourg les fièvres palustres ont disparu presque complètement après que l'Ill et le Rhin eurent été endigués.
D. Faucardage des cours d'eau; rizières à eau courante. — L'eau courante est beaucoup moins dangereuse que l'eau stagnante, les culicides ne peuvent s'y reproduire que si le courant est très faible; il arrive que, sur les bords d'un cours d'eau, la végétation ralentit assez le courant pour que les Anophèles puissent s'y développer; il est donc indiqué d'endiguer les cours d'eau et d'empêcher la végétation aquatique d'envahir leurs bords. L'opération dite de faucardage est très utile en pays palustre; dans la campagne romaine on y procède d'une façon originale : on fait entrer, dans le canal à nettoyer de ses herbes, un troupeau de buffles et les bergers montés dans des barques poussent les animaux devant eux-.
On a vu (p. 76) que les rizières sont une cause grave d'insalubrité. On ne remédie entièrement au mal qu'en supprimant les rizières, mais cela n'est pas possible dans les pays où, comme à Madagascar, le riz joue un très grand rôle dans l'alimentation.
On peut du moins aménager les rizières de manière à ce qu'elles se prêtent aussi peu que possible à la culture des Anophèles.
Les rizières bien entretenues, à eau courante, sont beaucoup moins dangereuses que les rizières à eau stagnante3.