Rapport de van liinEN, loc. cit., p
EMPLOI PRÉVENTIF DE LA QUININE
de la marine et de deux matelots. Ces quatre personnes eurent de violents accès de fièvre. Le nombre total de nos hommes s'élevait à 220, et cependant il n'y eut que très peu d'autres cas de lièvre, et encore offrirent-ils peu de gravité *.
« 36 hommes de la Water-Witch prirent part à l'attaque de Lagos. Ils passèrent 4 ou 5 jours dans la rivière, et tous, à l'exception de trois, prirent du vin de quinine durant ce temps, et 15 jours après avoir quitté ce lieu. Cinq hommes seulement eurent la fièvre : les trois qui n'avaient pas pris de quinine, et deux autres qui s'étaient imprudemment exposés à l'ardeur du soleil et s'étaient baignés au moment où ils venaient de se fatiguer 2. »
« Le 26 novembre, au matin, 77 hommes remontèrent la rivière de Lagos pour attaquer la ville. On ordonna aux officiers et à leurs hommes de prendre un verre de vin de quinine avant de partir, et on en plaça dans la chaloupe une certaine quantité pour qu'ils en prissent également le soir. Tous obéirent, je crois, à l'exception d'un officier, qui se vanta d'avoir échappé à une affreuse médecine; 15 jours après, le 10 décembre, ce jeune gentleman eut une violente attaque de fièvre intermittente. Jusqu'aujourd'hui, 7 janvier, il est le seul homme de l'expédition qui en ait été attaqué3. »
L.-J. Hayne cite les faits suivants '" : « Les chaloupes, avec 32 hommes, officiers et matelots, remontèrent la rivière de Pongo, où elles restèrent pendant 2 jours et 2 nuits. On administra à chaque personne une once de vin de quinine3 par jour. Entre le douzième et le quatorzième jour, après avoir quitté la rivière, il y eut quatre légers accès de fièvre qui cédèrent facilement au traitement.
« Une fois, les chaloupes, dans lesquelles se trouvaient 34 hommes, remontèrent la rivière de Lagos et stationnèrent une huitaine de jours dans l'endroit appelé les marais. On administra la quinine à tous les hommes de l'expédition; mais tous les deux jours seulement, aussi, des 34 hommes, 17 eurent ensuite de violents accès de fièvre intermittente.
l£B*PP°rt de Heath, chirurgien ù bord du Teazer, cité par van Bdrek, loc. cit.,
2. Henderson, cité par van Huren, loc rit., p. 53. :i. F. Stupart, cil/' par van Bbren, loc. cit., p.
4. Les Qèvres endémiques de l'Afrique et L'usage prophylactique de la quinine cite par van Buren, loc. cit., p. .ïli. 1 B'
5. H entrail dans cette liqueur 0 gr. 20 de sulfat< quinine sur une once de vin.
PHOIMIYLAXIK
« Une autre fois encore, un officier et un matelot restèrent à Sierra-Leone une huitaine de jours pour attendre l'arrivée du navire de guerre sur lequel ils devaient s'embarquer. Ils négligèrent tous deux de prendre de la quinine; 10 jours après leur arrivée à bord, ils eurent la fièvre rémittente. »
On ne peut affirmer, ajoute Hayne, que la quinine prévient toujours la fièvre, mais, quand elle ne la prévient pas, elle en atténue du moins la gravité.
Les équipages des navires faisant le service entre New- York et Aspinwall (Panama) étaient fortement éprouvés par les fièvres palustres; sur la proposition du directeur de la Compagnie du chemin de fer de Panama, on fit distribuer aux équipages, au moment où l'on abordait à Aspinwall, et pendant la durée du séjour dans ce port, une préparation de vin de quinine sous le nom de bitter. Les résultats de cette mesure dépassèrent toutes les espérances
L'emploi préventif de la quinine fut aussi très utile aux employés de la Compagnie du chemin de fer de Panama.
G. -B. Wood admet comme démontrée l'action préventive de la quinine dans le paludisme2.
H. -W. de Saussure, de Charleston, a cité des exemples remarquables de l'efficacité de cette mesure prophylactique3.
Les explorateurs ont eu souvent recours à la quinine prise d'une manière préventive.
Dans sa relation d'un voyage en Afrique, Baikie s'exprime ainsi qu'il suit : « Le grand progrès moderne consiste dans la découverte de ce fait que non seulement la quinine guérit, mais qu'elle préserve réellement, et qu'en prenant ce précieux médicament dans les localités malsaines, on peut en sortir entièrement sain et sauf. On fera bien de l'administrer sous forme de vin de quinine, dont on devra boire un demi-verre le matin et un autre, s'il le faut, dans l'après-midi. L'expérience montre également que si la fièvre endémique s'empare d'une personne qui a employé la quinine comme prophylactique, cette personne échappera beaucoup plus facilement et sera beaucoup moins malade qu'une autre qui ne sera pas soumise à celte médication '. »