‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 280 sur 283 · A. Laveran, Traité d'hygiène militaire, 18%, p · texte numérisé non relu

A. Laveran, Traité d'hygiène militaire, 18%, p

PROPHYLAXIE INDIRECTE

Pendant l'expédition de 1895 contre les Aschantis, le nombre des porteurs indigènes était de 12 000 pour un effectif de 3 000 combattants environ.

Les soldats anglais n'étaient chargés que de leurs armes et d'une partie de leur équipement, tout le reste était porté par des indigènes.

Les officiers anglais faisaient les étapes dans des hamacs et avaient chacun quatre porteurs qui étaient relayés par d'autres à intervalles réguliers1.

D'après le correspondant de la Lancet, sur un effectif de 3 000 hommes environ, il n'y eut que 17 décès; il est humiliant pour notre amour-propre national de comparer ce chiffre à celui de la mortalité dans le corps expéditionnaire de Madagascar en 1895.

On choisira, pour les travaux de terrassements, la saison la plus salubre; on remplacera autant que possible, comme on le fait en Amérique, la main de l'homme par des moyens mécaniques; dans les pays chauds, on emploiera pour ces travaux les nègres qui jouissent, comme nous l'avons vu, d'une grande résistance au paludisme.

Dans toutes leurs expéditions en Afrique, les Anglais ont eu recours, dans une large mesure et avec un grand succès, aux indigènes, non seulement comme porteurs de bagages, mais aussi pour tracer les routes et construire les abris nécessaires aux troupes européennes.

Dans les pays où l'endémie palustre règne avec force, comme à Madagascar, l'Européen ne doit jamais être employé à remuer le sol; nous avons vu que, que pour avoir transgressé cette loi, on avait eu à déplorer, en 1895, une énorme mortalité parmi nos soldats, pendant l'expédition de Madagascar, et en particulier parmi les soldats du génie.

Les colons qui s'établiront sur des côtes très insalubres, à Madagascar par exemple, devront se borner au négoce ou à un travail de surveillance sur les nègres employés à la culture du sol.

Les travaux qui ont pour but le dessèchement des marais, en pays palustre, sont des plus dangereux. Les ouvriers employés à ces travaux seront l'objet d'une surveillance attentive, au point de vue de l'habitation et de l'alimentation; on leur procurera des

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