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Dutroli.au. op. cit., p. 22(i

CAUSES ADJUVANTES

raie soit fébrigène : la mer apporte sans cesse sur les côtes des débris de toute sorte, et surtout du sable ou des galets, qui exhaussent le rivage et qui constituent ce que de Beau mont a appelé le cordon littoral; les eaux de pluie, au lieu de s'écouler à la mer, s'arrêtent derrière le cordon littoral et constituent des marais, si le sous-sol est imperméable. C'est ainsi que les maremmes de la Toscane et beaucoup d'autres marais se sont formés.

D'autre part, les débris de toute sorte entraînés par les fleuves forment des barres ou des deltas marécageux : deltas du Nil, du Sénégal, du Gange, du Mississipi, du Danube, du Rhône (île de la Camargue), etc.

Les marais salants, lorsqu'ils sont bien établis et exploités d'une façon régulière, ne sont pas insalubres1. Mèlier constate que les douaniers dont les postes sont situés au milieu des marais salants sont moins exposés à contracter la fièvre que ceux dont les postes se trouvent en dehors de l'exploitation. Les marais salants qui sont abandonnés et qui se transforment en marais gâts sont, au contraire, une cause non douteuse d'insalubrité.

Dans la région de Marennes et de Brouage, la période pendant laquelle les marais salants occupaient la plus grande surface et étaient le mieux entretenus a été très prospère, l'endémie palustre n'a pris une grande extension que lorsque l'exploitation des marais salants a été abandonnée presque partout et que les salines sont devenues de vulgaires marais.

Ce qui arrive dans les salines abandonnées est facile à comprendre : les canaux qui amenaient l'eau et qui devaient la faire écouler s'envasent, les eaux douces et les eaux salées se mélangent, et pendant les chaleurs de l'été la vase est mise à nu sur un grand nombre de points.

Les fossés souvent mal entretenus qui, dans le Midi, entourent les salines sont une cause d'insalubrité (Mêlier).

Les marais mixtes, c'est-à-dire dans lesquels il y a un mélange des eaux douces et des eaux salées, sont particulièrement favorables au développement du paludisme.

Ces étangs lorsqu'ils ont, dans toute leur étendue, une profondeur d'eau suffisante ne sont pas insalubres; c'est la queue des étangs, partie alternativement submergée puis asséchée, qui est dangereuse (Uuudel).

i. Mêlier, Rapport sur les marais salants, Mêm. de Mcad. de mêd., 1847.

BTIOLOGIK

« Toutes les fois que la démarcation est nettement accomplie entre la terre et l'eau, écrit J. Arnould, la salubrité est assurée el d'autant plus que l'eau collectionnée est plus constante el plus profonde. » (Nouv. élém. d'hygiène, 2e édit., p. 142.)

Les grands étangs de la Corse sont beaucoup moins dangereux que les mares et les ruisseaux mal curés qui les entourent.

Les étangs mis à sec périodiquement sont particulièrement dangereux.

L'existence de marais proprement dits, de marais types, n'est pas nécessaire d'ailleurs 1 ; des plaines basses, mal drainées ou maintenues dans un état constant d'humidité par une nappe d'eau souterraine abondante et superficielle, des terres mal irriguées, des rivières, des canaux ou des fossés mal entretenus et mis à sec pendant l'été, suffisent au développement du paludisme.

Dans les marais Pontins et surtout dans la campagne romaine, les marais proprement dits sont rares, mais la couche d'eau souterraine se trouve à une faible profondeur et l'écoulement des eaux se fait très difficilement par suite du défaut de déclivité du sol et de l'imperméabilité des terrains sous-jacents.

Armieux a admis dans ces cas l'existence de marais souterrains ; cette expression a été critiquée avec raison; une nappe d'eau souterraine, infiltrée dans le sol, ne saurait être assimilée à un marais.

On sait depuis longtemps que les rizières favorisent le développement du paludisme; en Italie, en Camargue on a constaté l'insalubrité de la culture du riz2. Les rizières, a dit Yivarelli, produisent du riz et des fièvres graves; la récolte du riz peut manquer, celle des fièvres est toujours abondante3.

L'essai d'installation de rizières dans la Camargue a donné naissance à une grave épidémie de paludisme (Boileau de Cas-

TELNAU).

Au Tonkin et à Madagascar, les rizières sont une des causes principales de la gravité de l'endémie palustre.

1. F. .Iacquot a insisté avec raison sur ce point dans ses Recherches sur les causes des (lèvres à quinquina (<iu:. mêd. de Paris, 1848).

2. Boileau de Castelnau, Annales d'hygiène, 1850, lr° série, t. XUII. p. :!27. — Taudieu, Art. Rizières in Dict. d'hyg. publ., 2° édit. IS02. — E. Iîeaughand. Art. Rizièhes in Dict. mcyclop. des Se. mêd. — V. Pbzza, MU délia Soc. per <jli St. d. malaria, t. V. p. 415 et t. VI, p. 217. — V. Tusini, même Rec., t. VI, p. 321.

:î. Vivaiielli, cité par Heaughand, op. cit.

CAUSES ADJUVANTES

A. Lacour a trouvé de nombreuses larves LÏAnojyheles dans les rizières du Haut-Tonkin '.

Les rizières sont particulièrement insalubres lorsque l'eau nécessaire à la culture du riz est stagnante; lorsqu'elle circule dans des rigoles, l'insalubrité est moindre (province de Verceil en Italie, une partie de la Chine).

Les oseraies, les aulnaies, pour l'installation desquelles on utilise les bas-fonds souvent inondés, à proximité des cours d'eau, se prêtent bien au développement de l'endémie palustre; il en est de même des vouloirs, c'est-à-dire des mares d'eau stagnante dans lesquelles le chanvre et le lin sont déposés jusqu'à ce qu'ils aient subi une fermentation qui permet de séparer le liber des autres parties de la plante; de même aussi les fossés des places fortes qui sont alternativement inondés et mis à sec.

Les marécages qui se produisent le long des cours d'eau, à la période des basses eaux, sont une cause d'insalubrité bien connue. Les rives du Pô, del'Adige, du Tibre, du Danube sont insalubres; en Algérie, les mares qui se forment au printemps le long des cours d'eau se peuplent rapidement de larves d'Anophèles et on s'explique ainsi leur influence nocive.

Si le marais constitue le milieu le plus favorable au développement du paludisme, il ne suffit pas, par lui-même, à produire l'endémie, même dans les conditions de climat les plus favorables, ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de le dire plus haut en étudiant la répartition du paludisme à la surface du globe.

Boudin le premier a insisté sur ce fait remarquable qu'il existe sous les tropiques, comme ailleurs, des marais qui ne sont pas fébrigènes.

A la Nouvelle-Calédonie, le paludisme n'existe pas, bien qu'on rencontre des marais qui ont tous les caractères objectifs des marais fébrigènes. Les forçats libérés qui défrichent un sol vierge, au voisinage des marais, ne contractent jamais la fièvre palustre. Nouméa, qui est située au voisinage d'un marais où l'eau douce se mélange à l'eau salée, condition très favorable au développement du paludisme, esl salubre; les fièvres palustres y sont inconnues2.

Pommay a signalé l'innocuité des marais des hauts plateaux du Sud Oranais3.

1. A Lacouu. Les rizières de La haute région du Tonkin et le paludisme, Revue indo-ehmoise, 30 décembre 1904.

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