‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 32 sur 283 · Pommay, Bévue d'hygiène, 1884, t. VI. p · texte numérisé non relu

Pommay, Bévue d'hygiène, 1884, t. VI. p

ÉTIOLOGIU

Des pluies abondantes, des inondations, augmentent dans une forte proportion la masse des eaux stagnantes et favorisent par suite l'éclosion du paludisme qui prend souvent, dans ces conditions, la forme d'épidémies graves.

On a noté depuis longtemps, en Algérie et ailleurs, que les années pluvieuses étaient particulièrement insalubres, ce qui s'accorde très bien avec la doctrine anophélienne. Pendant les années de sécheresse, les mares qui servent à l'éclosion des larves de moustiques disparaissent en grande partie, les Anophel.es sont rares et les chances de propagation du paludisme diminuent d'autant. Les pluies sont-elles abondantes, le nombre des collections d'eau stagnante augmente,- les mares se multiplient, principalement sur les bords des rivières au moment de la décroissance des eaux; les Anophèles pullulent, en raison de ces conditions si favorables à leur développement, et ils propagent la fièvre en dehors même des zones d'endémicité habituelles.

La recrudescence des fièvres palustres en Algérie, principalement dans la province d'Oran, en 1904, a coïncidé avec des pluies exceptionnellement abondantes '.

Les premières pluies d'automne donnent lieu presque toujours, en Algérie, à une recrudescence des fièvres.

Dans le désert et dans les oasis du Sahara, où la sécheresse est très grande, le paludisme est beaucoup moins redoutable que sur le littoral de l'Alg-érie.

L'influence des inondations est bien connue. A plusieurs reprises les inondations que les Hollandais avaient provoquées, pour défendre leur pays, ont donné lieu à de graves épidémies de fièvres palustres (Pringle); des inondations accidentelles ont eu souvent le même résultat2.

Des épidémies de fièvre palustre ont été observées on 18iii. m 4856 et en 1866 à la suite des inondations de la Saône, du Rhône et de la Loire.

Un typhon accompagné de pluies diluviennes, d'un raz de marée et d'inondations, a occasionné en Annam, en 1897-1898, une grave épidémie de paludisme3.

C'est au moment où les eaux se retirent et laissent le sol humide à nu, que les lièvres se produisent, si l'on est pendanl la saison

1. A. Lavf.han, Rapport à l'Acad. (le médecine, 10 oclobrc I90r>.

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