Kohlbrugge, Arch. f. path. Anat. u. Physiol
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les enfants, cela tend à démontrer qu'une infection dans le jeune âge diminue la prédisposition. Le même observateur constate que les infections sont moins graves en général chez les indigènes, que chez les Européens et il ajoute {op. cit.) : il est possible que cette résistance soit due à ce que les Javanais qui ont vécu en 'pays palustre depuis leur enfance jouissent d'une certaine immunité.
A. Plehn pense que la résistance des nègres au paludisme peut provenir d'une accoutumance aux toxines paludéennes qui traversent le placenta, mais pourquoi cette accoutumance ne s'observe-t-Hle pas chez les enfants des femmes européennes infectées de paludisme?
Les nègres ayant une immunité marquée pour la fièvre jaune qui est propagée, comme le paludisme, par les culicides, on pourrait supposer que leur résistance à ces maladies tient à ce que les culicides les épargnent. La fréquence de la filariose (propagée aussi par les culicides) chez les individus de race noire vient à l'encontre de cette hypothèse qui est d'ailleurs contredite par ce fait que l'infection palustre est très commune chez les noirs, mais peu grave et le plus ordinairement latente.
Firket admet que, dans les pays chauds, l'immunité consécutive à une première atteinte de paludisme se produit chez les nègres et non chez les Européens; d'après lui, les fonctions profondément troublées par l'action du climat ne permettraient pas à l'organisme de l'Européen de faire les frais d'une immunisation1. Cette explication me semble inadmissible. L'Européen n'acquiert pas plus l'immunité contre le paludisme dans nos pays tempérés que dans les pays chauds; les créoles, les individus de race jaune habitués aux pays chauds ne l'acquièrent pas davantage2.
D'après R. Koch et Firket, le traitement par la quinine généralement employé par les Européens est un obstacle à l'immunisation. A l'appui de cette manière de voir, on peut citer le fait suivant : les animaux atteints de trypanosomiase qui guérissent par suite de la marche naturelle de la maladie ont l'immunité, tandis que ceux qui guérissent à la suite d'un traitement approprié ne la possèdent pas.
Il est possible que le fait de ne pas se traiter soit pour quelque chose dans l'immunité du nègre, mais ici encore, il faut faire intervenir la résistance de la race noire; des enfants européens non
1. Fiuket, L'immunité dans In lutte contre la malaria, Acad. de mid. de Belgique, 30 juin 1900.
2. A. Laveran, Inoculations préventives contre les ninlad. à Protozoaires, Rapport au Congrès internai, de médecine du Lisbonne, 1906. Section III.
CAUSES ADJUVANTES
traités succomberaient en grand nombre dans les régions insalubres où les enfants de race noire prospèrent, bien qu'ils soient infectés dans une très forte proportion.
Avant la découverte des propriétés du quinquina, les Européens qui résistaient à une première atteinte de paludisme n'acquéraient pas plus l'immunité qu'ils ne font aujourd'hui.
Ce qui se passe dans les régions de l'Europe où sévit le paludisme, montre bien qu'il n'y a pas d'immunité conférée par une première atteinte; ces régions se dépeuplent et les stigmates du paludisme chronique s'observent chez tous ceux (adultes comme enfants) qui sont condamnés à y demeurer.
Une première atteinte de fièvre palustre, loin de donner l'immunité, comme il arrive pour la fièvre jaune, par exemple, constitue une prédisposition marquée.
Les individus qui ont eu déjà une ou plusieurs atteintes de fièvre, ne sont pas acclimatés, comme on le croyait autrefois, au contraire ils résistent moins bien que ceux qui arrivent des contrées salubres et qui n'ont jamais été touchés par le paludisme.
Les nouveaux venus sont, il est vrai, particulièrement éprouvés par la continue palustre, et les accès de fièvre ont souvent plus d'intensité chez eux que chez les anciens palustres, ce qui explique l'opinion ancienne sur l'acclimatement, mais si les indigènes et les anciens résidents des pays palustres ont d«s accidents moins apparents, moins aigus, que les nouveaux venus, leur sort n'est pas meilleur car ils deviennent la proie de la cachexie palustre.
Le fait qu'on ne doit pas compter sur l'acclimatement pour éviter le paludisme a une grande importance, spécialement au point de vue de l'hygiène militaire.
Tant qu'on a cru à l'acclimatement au paludisme, on a posé en règle générale qu'il ne fallait envoyer, dans les pays insalubres, que des hommes ayant déjà subi l'action de climats palustres, et qu'il y avait avantage à les y maintenir longtemps.
L'expérience a démontré, au contraire, que les individus provenant de régions palustres étaient ceux qui offraient le moins de résistance à l'infection et qu'il y avait tout avantage à relever souvent les troupes envoyées dans ces régions; c'est là un principe universellement admis aujourd'hui. En France, comme en Angleterre, on exclut des corps de troupe destinés à faire campagne dans les pays chauds, les hommes qui ont eu déjà les fièvres palustres, et on relève souvent les garnisons des postes insalubres.