‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 64 sur 283 · II. MALARLE · texte numérisé non relu

II. MALARLE

formes femelles est régulièrement sphérique (9, fig. IV), tandis que celui des formes mâles est irrégulier et plus étalé; le protoplasme des éléments femelles se colore plus fortement que celui des éléments mâles; on trouve aussi quelques différences dans la pigmentation. Les corps sphériques mâles donnent naissance aux flagelles.

Flagelles. — Lorsqu'on examine une préparation du sang frais d'un oiseau infecté de H. relicta, on voit souvent se développer, sur les bords d'une hémamibe libre, des flagelles qui ont la plus

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or»

Fig. IV. — Différents aspects de Hxmamœha relicta. Sang do moineau, Passer domesticus. 1. Hématio avec une petite hémamibe. — 2. Hématie avec deux petites hémamibes. — 3. Hématie avec deux hémamibes ; le noyau de l'hématie ost déplacé. — 4. Hématie avec quatre hémamibes. — 5. Hématio avec une hémamibe dont le karyosome est divisé. — 6. Hématie avec une hémamibe en voie do segmentation. Le noyau de l'hématie a été chassé hors de l'hématie. — 1. Hématie avec deux hémamibes en voie de segmentation. — 8. Hématie avec une hémamibe dont la sogmentation est presque terminée. - 9. Macrogamète. — 10. Microgamétocyte avec quatre flagelles ou microgamètes. — 11. Flagelle libre. Gross. 1500 D. environ.

grande ressemblance .avec les flagelles de H. malarias. Un peu avant la sortie des flagelles, le pigment est animé d'un mouvement plus ou moins vif à l'intérieur de Fliémamibe. Après la sortie des flagelles, au nombre de 4 en général, le pigment s'agglomère et s'immobilise dans le reliquat du parasite. Les flagelles restent adhérents, pendant un temps variable, à l'élément pigmenté (10, fig. IV) auquel ils impriment des oscillations plus ou moins fortes, ils deviennent ensuite libres et ils vont féconder des éléments femelles; on distingue, dans les flagelles colorés, un noyau de chromatine qui est tantôt ramassé, tantôt allongé (11, fig. IV).

Nous verrons, dans le chapitre suivant, que la fécondation des éléments femelles par les éléments mâles, difficile à observer in vitro, se produit rapidement dans l'estomac des moustiques qui ont sucé du sang d'oiseau infecté de H. relicta, et que celle fécon-

BTIOLOGIE

dation est le point de départ d'une nouvelle évolution du parasite. C'est en étudiant chez des moineaux de l'Inde, et chez les moustiques infectés sur ces moineaux, les transformations de H. relicta, que R. Ross a réussi à élucider l'évolution tout à fait semblante de H. malavisé chez ces insectes.

H. relicta s'inocule facilement d'oiseau à oiseau, même parfois entre oiseaux d'espèces différentes. Les hématozoaires du moineau s'inoculent facilement au serin, au chardonneret, au bec-croisé et au rouge-gorge; les inoculations faites dans les muscles de la poitrine réussissent presque toujours. L'incubation est de 4 jours au moins. La maladie arrive à son plein du 8e au 10e jour, les parasites diminuent ensuite et disparaissent vers le 14e jour1.

Les oiseaux qui résistent ont, d'après Koch, une immunité marquée (10 fois sur 12).

Cet hématozoaire est nettement pathogène. La température du corps s'élève, les oiseaux perdent l'appétit et maigrissent, quelquefois des mouvements convulsifs se produisent au moment de la mort (Danilewsky).

H. relicta peut produire de graves épizooties chez certaines espèces d'oiseaux; nous avons observé, M. Lucet et moi, une épizootie due à cette cause chez des perdrix (Perdix cinerea) venant de Hongrie s.

Lorsque les oiseaux meurent, on trouve à l'autopsie des lésions qui rappellent de très près celles du paludisme aigu : le sang est très pauvre en globules rouges et on y rencontre beaucoup d'éléments pigmentés, la rate est tuméfiée, brunâtre ; lorsqu'on examine une parcelle du parenchyme splénique, on y trouve, comme dans la rate des sujets morts de fièvre pernicieuse, un grand nombre d'éléments pigmentés.

Les hématozoaires endoglobulaires des oiseaux décrits ci-dessus, H. relicta surtout, présentent une grande ressemblance avec l'hématozoaire du paludisme, mais il est aujourd'hui démontré qu'il s agit d'espèces bien distinctes.

On peut relever de notables différences morphologiques entre les hématozoaires endoglobulaires des oiseaux et //. malariœ.

L'infection des oiseaux ne paraît pas subordonnée aux con.h-

,. R. Koch, Zcitsclu: f. Kg., 1890, t. XXXII, p. I- - V. Was^ewsk,. ,1-/, /. Ef T. 'hULn -t Lucet, Acad, des Science, 30 octobre 1905.

H. MALARIjE

tions spéciales des foyers du paludisme; les pigeons élevés dans des villes salubres se sont montrés infectés dans la même proportion que des pigeons provenant des localités palustres; les pigeons pris dans des localités salubres et transportés dans des localités palustres ne s'infectent pas dans une proportion plus forte que ceux qui ont été laissés dans la localité salubre.

On n'a pas réussi à inoculer les hématozoaires du paludisme aux oiseaux.

En 1883, j'ai inoculé sans succès du sang palustre à des pies; en 1889, j'ai repris ces expériences sur des geais (inoculations intra- veineuses) ; les résultats ont toujours été négatifs.

Celli et Sanfelice ont injecté, sans succès, du sang' palustre à différents oiseaux : tourterelles, pigeons, etc.

Di Mattei a inoculé 16 pigeons avec du sang palustre, S fois par la voie hypodermique, 7 fois par la voie intra-veineuse, 4 fois par la voie abdominale, les résultats ont toujours été négatifs.

La maladie parasitaire des oiseaux n'est pas non plus inoculable à l'homme.

Di Mattei a injecté à 4 individus du sang de pigeon infecté. Dans trois cas l'injection a été faite clans le tissu conjonctif sous-cutané (1 cm3 à 1 cm3 1/2 de sang de pigeon, déhbriné ou non défîhriné), les résultats ont été négatifs. Dans le quatrième cas, l'injection du sang de pigeon, riche en hématozoaires, a été faite chez l'homme par la voie intra-veineuse; au bout de 12 h. on ne trouvait plus trace des hématozoaires dans le sang; cette expérience ne donna lieu à aucun accident chez le sujet qui s'y était prêté.

Enfin la quinine, si efficace dans le paludisme, n'a pas d'action spécifique sur les hématozoaires des oiseaux (Di Mattei).

Il faut bien savoir, quand on fait des expériences de cette nature, qu'indépendamment de tout traitement on peut observer, chez les oiseaux, des variations très grandes dans le nombre des hématozoaires.

V. Technique pouii l'étude de H. malarias. — Lorsqu'on se propose d'étudier le parasite du paludisme, il importe d'abord de se placer dans de bonnes conditions au point de vue du choix des malades. Les parasites font le plus souvent défaut dans le sang des palustres qui n'ont pas eu d'accès depuis quelque temps, ou qui viennent d'être soumis a la médication quinique; on choisira donc un malade qui a la fièvre et qui n'a pas pris récemment de quinine.

ÉTIOLOGIE

Le procédé le plus simple consiste à examiner le sang obtenu par la piqûre du doigt.

Councilman et Golgi, qui ont fait l'examen du sang de la rate chez un certain nombre de malades, ont constaté que le sang recueilli de cette façon renfermait des éléments parasitaires en plus grand nombre que le sang pris au doigt, mais la ponction de la rate est une opération délicate et douloureuse qui ne me par ait pas devoir entrer dans la pratique '.

1° Examen du sang frais. — La préparation est faite par le procédé ordinaire; il importe de se servir de lames et de lamelles de verre bien planes et très propres qui, par suite de la loi d'adhésion, s'appliquent l'une contre l'autre d'une manière parfaite.

Pour les examens ordinaires, il n'est pas nécessaire de border à la paraffine ; le sang qui se coagule sur les bords de la [(réparation, au contact de l'air, fait lui-même obturation ; il reste liquide au centre pendant un temps variable, mais qui dépasse toujours plusieurs heures. Lorsqu'on veut faire l'examen du sang avec de forts grossissements ou qu'on se propose d'étudier les mouvements des éléments parasitaires, il est bon de border à la paraffine, afin de supprimer les mouvements que l'évaporation imprime aux hématies.

Si on lave le doigt du malade, il faut avoir soin de le sécher complètement avant de faire la piqûre. Pour peu que la peau soit humide, le sang s'étale, se mélange à l'eau et les hématies se déforment; au contraire, lorsque la peau est très sèche, le sang forme une goutte bien limitée, saillante, qu'il est facile de recueillir en mettant en contact avec elle une lame porte-objet, et dans laquelle les hématies ne se déforment pas, si l'on opère assez vite.

On peut aussi faire la piqûre au lobule de l'oreille. J'examine ordinairement le sang pur, sans adjonction d'aucun liquide.

Pour l'étude des flagelles, il y a avantage à mélanger le sang avec partie égale environ d'eau physiologique. La sortie des flagelles a lieu plus rapidement que dans le sang pur et. les mouvements persistent plus longtemps, ce qui est une condition favo-

1 il est facile, en se servant d'une seringue de Pravaz stérilisée et en pratiquant avec soin le lavage antiseptique «le la peau, d'éviter les infections secondaires, mais

on peut toujours craindre les déchirures «le la raie el les hémorragies, surtout dans le paludisme aigu, alors que la raie esl ramollie ou même «l.llluente.

rable pour observer la fécondation des éléments femelles par les flagelles \

La recherche des parasites est difficile quand les hématies adhèrent entre elles, et se présentent par la tranche; dans ces conditions, la plupart des hémamihes sont invisibles. Si la préparation est suffisamment mince, les hématies ne tardent pas à se mettre à plat, ce qui facilite beaucoup la recherche.

Les parasites sont souvent peu nombreux dans le sang-, aussi l'observateur qui entreprend de les rechercher doit-il s'armer de patience et faire, à plusieurs reprises, l'examen du sang- frais et du sang coloré avant de déclarer que cet examen est négatif.

Je me sers d'ordinaire, pour l'examen du sang, de l'objectif n° 7 de Yericket de l'oculaire n° 1.

L'examen du sang frais, non coloré, doit être fait à la lumière naturelle, la lumière artificielle et l'éclairage Abbé rendent les éléments parasitaires trop transparents.

Les éléments parasitaires étant d'ordinaire pigmentés, les grains noirs de pigment fournissent d'utiles points de repère, mais il peut arriver que le sang ne contienne que de petits éléments non pigmentés.

En ajoutant au sang une goutte d'eau, on détruit les hématies sans altérer, au moins pendant quelque temps, les corps en croissant que l'on peut déceler rapidement par ce moyen.

C'est dans le sang pur et frais, au milieu des hématies, qu'on étudie le mieux les parasites du paludisme; si la présence des hématies est parfois gênante, souvent aussi elle facilite l'observation, notamment en ce qui concerne les flagelles, si transparents qu'on a de la peine à les voir ; les mouvements variés que ces éléments impriment aux hématies contribuent à déceler leur présence et rendent leurs mouvements propres manifestes.

Les mouvements des grains de pigment dans les hémamihes et les déformations amiboïdes de ces dernières ne peuvent être étudiés, naturellement, que dans le sang pur et frais.

Ou peut suivre, en outre, dans les préparations de sang frais, au moyen d'une observation prolongée des mêmes éléments, quelques-unes des transformations qu'ils subissent.

La platine chauffante (37 à 38u) est utile pour l'observation des mouvements amiboïdes, mais elle n'est pas indispensable ; toutes

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