‹ Traité du paludisme [electronic resource]Chapitre 80 sur 283 · II. NOTIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LES CULICIDES · texte numérisé non relu

II. NOTIONS ÉLÉMENTAIRES SUR LES CULICIDES

Le genre Culex a été créé par Linné qui a décrit notamment C. pipiens, le plus commun des Culex d'Europe2. En 1818, Meigen3a divisé le genre Culex en trois genres :

1. Principaux ouvrages à consulter : E. Ficalbi, Révision,, sistematica délia famiglia délie Culwidœ europee, Firenze, 1896. - Giles, Handbook of the gnats or mos- London oni ' ~ J"™™*' A '"'"'"^'P" of the Culicidx or mosquitoes, of Hyll ^^1fln7iTTALLxftSHIPTLBr' The SlrUCture anfl l)ioI°P-v of ^hete, Journ. Mi^dtSs^:^~p^a'^Amit4 Classification de la famille des Culicid*,

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2. Systema Naturœ, edit. 10, reformai,,, Holmiœ, 1758. l^SSÂ^SS^^^ dei bekttQnten —paischen -eiflugeUgea

180 ÉTIOLOGIE

Culex, Anophèles, Aèdes en se basant sur la longueur relative des palpes et du proboscide.

Les trois genres de Meigen sont très bien caractérisés comme il suit :

1° Palpes dans les deux sexes de même longueur à peu près que le proboscide : genre Anophèles.

2° Palpes aussi longs que le proboscide chez le mâle, beaucoup plus courts chez la femelle : genre Culex.

3° Palpes beaucoup plus courts que le proboscide dans les deux sexes ■ genre Aëdes.

Les recherches sur le rôle des moustiques dans la propagation du paludisme ont fourni un argument imprévu à l'appui de cette classification; tous les moustiques susceptibles de servir au développement de l'hématozoaire du paludisme sont des Anophèles, aucun Culex ne paraît pouvoir s'infecter en suçant le sang des malades atteints de paludisme, ce qui prouve que les différences morphologiques ne sont pas les seules qui existent entre ces culicides.

Latreille a groupé les genres Culex, Anophèles et Aèdes sous la dénomination de Culicides et les a classés dans la famille des Nemocera* .

En 1827, Robineau-Desvoidy a décrit trois genres nouveaux de culicides, dont le genre Megarhinus caractérisé par l'existence d'un proboscide recourbé. Les palpes maxillaires ont à peu près la même longueur que le proboscide chez le mâle; chez la femelle, ils sont de dimensions variables2.

Le nombre des espèces de culicides s'est considérablement accru, surtout depuis que le rôle de ces insectes a été démontré dans la propagation du paludisme, de la filariose et de la fièvre jaune; les genres anciens ont été élevés au rang de sous-familles sous les noms de Anophelinœ, Culicinœ, Aèdeinse, Megarhininx; les trois dernières sous-familles comptent chacune plusieurs genres et un grand nombre d'espèces; ïheobald a proposé de démembrer aussi en 12 genres les A nophelinœ ; il me paraît qu'il y a un grand avantage à conserver le nom générique (Y Anophèles aux culicides de ce groupe, si important au point de vue de l'étude du paludisme, les genres à'Ânophelinœ formés par Theobald sont d'nilleursmal caractérisés, engénéral.

1. Latreille, Familles naturelles du rèprne animal, Paris, 1825.

2. Hobineau-Desvoidv, fljWm. de la Soc. d'histoire naturelle de Paris, 1827, t. III, p. 300.

DES CULICIDES l»1

Je sortirais du cadre de cet ouvrage, si je donnais ici la classification complète des culicides, classification devenue aujourd'hui très compliquée par suite du grand nombre d'espèces; d'ailleurs ce livre s'adresse surtout à des médecins et il importe peu au médecin de savoir distinguer les unes des autres les différentes espèces de Megarhininse ou à'Aëdeinœ, je ne m'occuperai pas de ces sous-familles qui ne comprennent guère que des espèces exotiques.

1°. Description générale. — Les culicides sont des diptères de petite taille, désignés d'ordinaire sous les noms de moustiques ou de cousins, caractérisés par une petite tête munie d'une trompe ou proboscide qui sert à sucer le sang ou les sucs végétaux.

Le mâle est plus petit que la femelle ; la longueur du corps se mesure d'ordinaire sans comprendre la trompe.

Les différentes parties du corps sont recouvertes de squamettes ou de poils qui, par la diversité de leurs formes ou de leurs couleurs, fournissent des caractères importants pour la détermination 'des genres et des espèces.

Les squamettes sont de forme très variable (fig. VI) : forme en raquette ou en bêche (m) ou lancéolée (v); les squamettes, d'ordinaire symétriques, sont parfois asymétriques (iv); l'asymétrie des écailles des ailes constitue un des principaux caractères du genre Mansonia. A la nuque, on trouve fréquemment des squamettes fourchues (vi) ou recourbées en serpe (vu). La surface des squamettes est couverte de stries fines.

Les squamettes brunâtres en s'accumulant sur certains points des ailes forment souvent, surtout chez les Anophèles, des taches sombres dont la forme, la disposition et le nombre sont d'un grand intérêt pour la détermination des espèces.

Les squamettes et les poils blancs alternant avec des squamettes et des poils bruns ou noirs donnent lieu à des ornementations variées et élégantes des différentes parties du corps; c'est ainsi que l'on trouve souvent des annelures blanches sur les pattes ou sur les palpes.

Tête. — La tête est petite, plus large que longue, reliée au thorax par un cou mince, court et flexible. Les yeux à facettes (o, fig. VI) occupent une grande partie de la surface de la tête, ils se rapprochent plus ou moins sur la ligne médiane. La région libre en avant des yeux est désignée sous le nom de front, la région libre en arrière, sous celui de nuque; cette dernière est garnie

KTIOLOGIE

d écailles courbes ou droites et fourchues, dressées ou imbriquées La partie antérieure de la tête porte cinq pièces; lune médiane : trompe ou proboscide (pr), les autres paires, disposées symétri-

Fig. VI. — Femelle do Culex vue par la partie dorsale, une seule aile a été figurée avec les pattes du côté droit; la patte postérieure a été détachée pour montrer les petites piècos qui se trouvent à l'extrémité proximale; pr, proboscide; p, palpes; an, antennes; o, yeux; pro, prothorax; mes, mésothorax; met, métathorax ; se, scutellum ; ha, balanciers; ab, abdomen composé de huit anneaux; Ib, lobe basai; /<, hanche do la patte postérieure; tr, trocliantor; fe, fémur; ti, tibia; mt, métatarse; lre, 2e, 3e, 4' ts, pièces du tarso; on, ongles; 1 à 6, nervures longitudinales dos ailes; e, bord antérieur do l'aile ou Costa; x, z, nervures transversales; A, B: petites fourches antériouro et postérieure.

Les figures marquées de I à VII représentent des ongles ou des écailles de culicides fortement grossis : I, onglo simple; II, ongle avec uno dent; III, écaille en bêche: IV, écaillo asymétrique; V, écaille droito lancéoléo; VI, écaillo fôurchuo, droito; VII, écaillo courbe, étroite.

quement sur les côtés de la trompe sont : les palpes (p) et les antennes (an).

La trompe qui est l'organe buccal se compose d'une gaine (lèvre inférieure ou labium) dans laquelle sont contenus : les mandibules, les maxillaires, le labrum et l'hypopharynx ; les bords relevés de la lèvre inférieure sont contigus, sans être soudés, ce

DES GULIGIDES

nui permet la sortie des pièces qui s'y trouvent renfermées .

La gaine qui est garnie de squamettes et de poils, se termine, a son extrémité apicale, par un léger renflement ou olive

La trompe est recourbée chez le mâle et la femelle dans la sousfamille des Megarhininœ, elle est droite chez les autres cuhcides.

Les palpes s'insèrent de chaque côté de la base de la trompe, nous avons vu que la longueur de ces appendices avait une grande importance au point de vue «le la .lélennin.ilion des cuhcides. Chez

vu

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