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XVIII XIX

Fig. XVIII. — Tube pour capturer les moustiques.

Fig. XIX. — Cristallisoir pour lYHevago des moustiques. A, B, couverture on tulle; C, orifice garni d'ouate; D, morceau do fruit; E, plante aquatique.

I. On ne prend guère ainsi que des femelles; les mâles qui ne 9ucent pas le ne pénètrent pus d'ordinaire dans les liabitations.

sans

peu d'habitude, on distingue très bien les larves à la surface du filet; ces larves sont grisâtres, animées de mouvements vermiformes; on les dépose dans l'eau en retournant le filet et en mettant au contact de l'eau contenue dans un petit bocal la partie du filet à laquelle sont accolées les larves.

Quand les larves sont abondantes, il n'est pas nécessaire d'avoir un filet pour les prendre, en plongeant un verre ordinaire dans l'eau et en le retirant rapidement, on voit des larves qui s'agitent dans l'eau et qui viennent respirer à la surface, quand on laisse le verre au repos, ce qui permet de constater s'il s'agit de larves de Culex ou de larves d' 'Anophèles (V. p. 187). Si l'on veut recueillir beaucoup de larves, il est facile de remplir à plusieurs reprises le verre ou un récipient quelconque et de verser l'eau sur un morceau de tulle ou de linge, les larves restent à la surface et on les met, avec un peu d'eau, dans un récipient approprié.

Pour transporter les larves vivantes, il faut assurer le renouvellement de l'air à la surface de l'eau, dans le récipient où se trouvent les larves. Il n'est pas commode, pour le transport, de laisser le récipient débouché, mais on peut faire un trou au bouchon et placer dans ce trou un tube de verre qui empêche la sortie de l'eau sans gêner l'entrée de l'air 1 ; si le bouchon est assez large pour qu'on y fasse passer deux tubes de verre, la ventilation est assurée dans de meilleures conditions encore.

Conservation des culicides à Yélat vivant. — Les larves de culicides sont mises dans un cristallisoir plus haut que large qui contient de l'eau et quelques plantes aquatiques (fig. XIX); l'orifice du cristallisoir est garni avec un morceau de tulle fixé au moyen d'une ficelle (AB) ou d'un caoutchouc; au centre du morceau de tulle, on perce un trou assez grand pour laisser passer un lube à expérience et ce trou est bouché avec un tampon d'ouate (C).

Les larves se transforment en nymphes et les nymphes donnent des insectes ailés qui se posent sur les parois du cristallisoir. Il est facile de recueillir des moustiques en faisant passer le tube à expérience (fig. XVIII) par l'orifice pratiqué au centre du morceau de tulle qui ferme le cristallisoir.

On nourrit les moustiques en mettant un morceau de fruit (banane, prune, melon, etc.) à la partie supérieure du cristallisoir ;

U U. Gai.li-Vai.erio et J. Rochaz de Jonoh, Atti delta Soc per gU studi delta malaria, !!)():!.

DES CULICIDES

Fier. XX.

Cage du Dr Sambon pour expériences sur les culicides.

on l'y maintient à l'aide d'un fil de fer recourbé à ses deux extrémités, prenant son point d'appui sur le rebord du cristallisoir (D, fig. XIX).

Quand on veut obtenir des œufs et des larves de culicides, on peut se servir du même appareil, mais les femelles doivent être nourries avec du sang.

Pour faire sucer du sang à un moustique, on peut employer différents procédés. Un moyen très simple consiste à mettre le moustique dans un verre ordinaire ou dans un verre à ventouse qui est couvert avec un morceau de gaze; on applique l'orifice du verre sur la peau et on l'y maintient jusqu'à ce que le moustique ait piqué, ce qu'il ne fait souvent que dans l'obscurité.

La cage du Dr Sambon représentée dans la fig. XX est commode pour nourrir les culicides avec du sang. Un des côtés de la cage est garni d'une gaine en tulle par laquelle le patient qui doit fournir le sang introduit le bras; on peut introduire aussi par là un oiseau ; il faut enlever des plumes sur le dos des oiseaux que l'on veut faire piquer.

On reconnaît facilement, sur les parois de la cage, les moustiques qui ont piqué, leur abdomen est distendu et rougeâtre.

Quand il s'agit d'expériences sur les oiseaux, on peut placer le cristallisoir où se trouvent les larves à côté de la cage des oiseaux et entourer le tout d'une moustiquaire.

Conservation des culicides morts. — Les culicides peuvent être conservés à sec, dans l'alcool, dans la glycérine ou bien montés dans le baume du Canada.

Quel que soit le procédé de conservation, les insectes doivent être maniés avec beaucoup de précautions et garantis contre les froissements et les cliocs, s'ils doivent être transportés; les écailles des ailes et les pattes se détachent facilement et, quand les culicides sont en mauvais état, la détermination est difficile ou impossible.

216 ÉTIOLOGIE

Les moustiques capturés dans une même localité doivent être conservés à part et soigneusement étiquetés (nom de la localité, désignation du quartier et même de la maison dans laquelle ils ont été capturés, date de la capture, nom de la personne qui l'a opérée).

Les culicides desséchés peuvent être placés simplement dans une petite boîte ou au fond d'un tube en verre; on les maintient avec quelques morceaux de papier de soie afin d'empêcher le ballottage.

Pour les collections, on monte les culicides à sec en les piquant avec des aiguilles très fines d'entomologiste (n° 20) ; le culicide étant renversé sur le dos, on le pique au milieu du thorax, entre les pièces basales des pattes, on pique ensuite dans la même aiguille, une petite rondelle en carton sur laquelle se trouvent les indications nécessaires (lieu de la capture, etc.) ; l'aiguille, après avoir été retournée, est enfoncée dans une feuille de liège fixée au fond d'une boîte. Il faut avoir soin de mettre dans la boîte un peu de camphre ou de naphtol.

La conservation dans l'alcool donne de très bons résultats et permet de conserver les culicides pendant longtemps en bon état. A la vérité, pour la détermination, on ne voit bien certains détails que sur les culicides conservés à l'état sec. Le mieux serait d'avoir, pour l'étude de chaque espèce, des exemplaires conservés à sec et des exemplaires conservés dans l'alcool.

Quand les culicides ont été mis, aussitôt après la capture, dans l'alcool absolu, les tissus sont bien fixés et l'on obtient de bonnes coupes histologiques, ce qui est un grand avantage. L'alcool absolu me paraît bien supérieur, pour la conservation et la fixation des culicides, à la glycérine qui a été aussi employée.

Pour le transport, les culicides seront mis dans un tube étroit contenant de l'alcool absolu et calés avec un petit tampon d'ouate enfoncé dans l'alcool jusqu'au contact des culicides. On laissera peu d'air dans le tube qui sera bien bouché et garni de paraffine. Le tube entouré d'ouate peut être expédié dans une des boites qui sont aujourd'hui d'un usage courant pour l'envoi des sérums thérapeutiques, ou dans un morceau de bambou.

Les larves et les nymphes se conservent bien, soit dans l'alcool, soit dans une solution de formaline à 4 p. 100.

Le montage dans le baume donne de bons résultats pour la conservation des moustiques et pour l'étude de certains détails de

DES GULICIDES 21 '

structure; quand les moustiques sont petits et que l'abdomen n'est pas gonflé de sang, ils peuvent être montés en entier; quand les moustiques sont trop gros, on monte séparément les parties principales que l'on détache du corps de l'insecte.

Le moustique que l'on veut monter dans le baume est mis d'abord dans l'alcool absolu, puis dans le xylol et enfin dans le baume; on soutient au besoin la lamelle couvre-objet avec de petites cales de verre afin de la maintenir horizontale.

Dissection des culicides à Vétat frais. Coupes histologiques. — Quand on se propose de rechercher si des culicides sont infectés par H. malaria;, il faut, autant que possible, procéder à la dissection des insectes à l'état frais ; la recherche des blastes clans la paroi de l'intestin et des sporozoïtes dans les glandes salivaires est beaucoup plus facile, dans ces conditions, que sur les coupes faites après fixation et durcissement.

Pour l'examen du tube digestif, on procède de la manière suivante. L'insecte tué par la vapeur d'éther est placé sur une lame porte-objet et, avec des aiguilles montées, on détache les pattes et les ailes1. Le corps de l'insecte est alors déposé dans une goutte d'eau physiologique et, avec un scalpel bien tranchant, on fait une coupe suivant la ligne AA' (fig. XI). Une aiguille est alors appliquée sur le premier segment abdominal, tandis qu'avec la pointe d'une autre aiguille, on sépare l'un de l'autre les deux derniers segments (en i, ï) ; en opérant une légère traction sur le dernier segment, on attire, dans la goutte d'eau physiologique, le tube digestif avec les tubes de Malpighi. Le tube digestif est examiné tel quel, on voit bien les blastes à l'état frais, ou bien il est fixé et coloré.

Pour examiner les glandes salivaires, on pratique une coupe suivant la ligne BB' (fig. XI) une aiguille est alors appliquée sur la tête en h, tandis qu'avec la pointe de l'autre aiguille on détache les glandes vénimo-salivaires dont la position est indiquée en e dans la figure.

D'après Testi, on isole facilement les glandes salivaires par le procédé suivant : on fixe, avec une aiguille, le thorax du moustique vers sa partie moyenne et on applique une autre aiguille à la base de la tête, en opérant de légères tractions 2.

9 L"?tT',,'nt : ;V-frsBLL'-'',c/'-/- SchW Tropen Hygiène, 1902, t. VI, p. 100 2. Testi, Giorn. med. del R" Esercito, 1902, p. 338. ,p

ÉTIOLOGIE

On peut faire, avec les glandes salivaires, des frottis à sec et colorer les sporozoïtes (hématéine-éosine ou bien mon procédé pour la coloration des hématozoaires ou encore le procédé de Giemsa).

Quand on se propose de pratiquer des coupes, les culicides sont fixés par l'alcool absolu et montés, par le procédé ordinaire, dans la paraffine ; on peut faire des coupes transversales ou longitudinales par rapport à l'axe du corps du moustique. Ces dernières sont commodes; on peut monter un moustique entier sur deux lames de verre et on a, sur certaines des coupes, des portions assez étendues de l'intestin. C'est l'hématéine, associée à l'éosine, qui m'a donné les meilleurs résultats pour la coloration des coupes.

Les moustiques qui sont gorgés de sang ne se prêtent ni à la dissection à l'état frais, ni aux coupes histologiques ; s'ils ont été capturés vivants, on attendra pour les tuer qu'ils aient digéré le sang.

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