‹ Traité du paysage. Traduit pour la première fois en français, in-extenso sur le Codex VaticanusChapitre 23 sur 46 · Dans la lumière universelle, l'ombre occupe peu de · texte numérisé non relu

Dans la lumière universelle, l'ombre occupe peu de

870. Tout corps envoie sa similitude dans tout l’air environnant, cela équivaut à la loi de Chevreul « toute couleur colore de sa complémentaire l’espace environnant », similitude ici équivaut à complémentaire.

La perspective avait donc donné la même constatation que devait corroborer plus tard la chimie.

L'exemple donné est décisif, une bandelette blanche, et en lieu sombre

place à la surface des corps; cela vient de ce que la grande somme de lumière de notre hémisphère entoure indéfiniment les parties infimes des corps ombreux, si elle n’est empéchée par l'horizon surtout et soulevée au-dessus du sol.

Soit F l’ombreux, E la terre, ABC D E notre hémisphère, A D l'horizon de l’hémisphère, encore que l’obscurité de la terre, U X, obscure autant par son corps ombreux que parce qu’elle ne voit que l'horizon, qui voit la même partie, éclaire les mêmes lieux et confond les aspects ombreux de la susdite terre, qui est en disposition de faire des ombres obscures dessous l’objet, si elle n’en est pas empêchée.

Ils sont très rares les corps opaques qui ont l’ombre véritable de leurs parties éclairées.

Ceci est prouvé par la 7" de la 4° qui ditque « la superficie de tout corps ombreux participe à la couleur de son objet ». Donc la couleur éclairée de face, ayant pour objet une couleur noire, participera à l’ombre noire; et ainsi en sera-t-il du jaune, du vert, de l’azur et de toute autre couleur juxtaposée.

La cause en est, que tout corps envoie sa similitude dans tout l’air environnant, comme la perspective le prouve; et comme l'expérience du soleil le montre, car tous les objets placés devant lui participent à sa lumière, que reflètent les autres objets, comme cela se voit de la lune et autres étoiles

éclairé par le soleil, le feu et l'air, aura trois couleurs et aussi trois qualités d’ombres et aussi trois passages de l’une à l’autre, sans compter les harmonique qui sont beaucoup plus subtiles que la complémentaire de Chevreul, car elles résultent des propriétés combinées des valeurs sur notre rétine.

Il n’est pas douteux que l’œil de chaque peintre est un prisme, par luimême; et que la perception analytique de notre temps relève de la clinique : c’est une véritable maladie contractée dans le maniement du tube : car nul de ceux qui ne le manient pas, ne se plaisent à la sauvagerie des tons purs.

qui reflètent, pour nous, la lumière qui leur vient du soleil; et le même effet produit les ténèbres, qui se couvrent de l’obscurité qui se trouve en elles.

Ainsi, on ne peut dire que la superficie d’un corps éclairé soit de la véritable couleur de ce corps.

La 7% de la 4*° en donne la raison. Quand un visage, en lieu obscur, sera en partie éclairé par un rayon de l’air eten partie par un rayon de chandelle allumée, il paraîtra de deux couleurs ; et alors, si l’on voit ce visage, la couleur de la chandelle paraîtra la source et aussi celle de l’air interposé; une bandelette blanche mise dans un lieu sombre et qui recevrait la lumière, par trois soupiraux, du soleil, du feu et de l’air, cette bandelette aurait trois couleurs.

870. — L'ombre se perd à grande distance : la grande quantité d’air lumineux qui se trouve entre l’œil et l’objet colore l’ombre de sa couleur.

1° La dilatation et la rétraction de l’ombre, ou mieux la grande ou la petite largeur de l'ombre et de la lumière sur les corps opaques, se trouvent dans les grandes ou petites curvités des parties des corps qui les génèrent.

2° La noirceur des ombres, plus ou moins grande, se forme aux parties creuses des ombres et les moins obscures sont les parties les plus larges.

3° Parmi des ombres d’égale obscurité, celle qui se montre moins obscure, est celle qu'entoure la lumière de moindre puissance avec son ombre qui se génère entre les lumières réflexes ; donc, peintre, pense à ne pas te tromper, en variant cette ombre.

4° Parmi des lumières d’égale clarté, la plus puissante sera la plus petite, mais la plus environnée d’obscurité.

Quand tu figures l’ombre obscure des corps ombreux, montre toujours la cause de cette obscurité et fais de même pour les réflexes. L'ombre obscure naît de l’objet obscur ; et les reflets des objets de moindre clarté, des lumières dégradées. Il y a la même proportion de la partie éclairée d’un corps

à la partie éclairée du reflet, que de la cause de la lumière à la cause du reflet.

La différence est grande de la lumière et de l’ombre dans

les corps exposés à une puissante clarté, ou de ceux qui se trouvent en lieu obscur.

871. — La partie du corps ombreux éclairée le plus puissamment, sera la plus lumineuse.

Page 1