Les ombres et les lumières de la campagne partici
879. — Les ombres et les lumières de la campagne participent à la couleur de leur cause. Cela serait d’un bien long commentaire non pour les arbres et lesterrains, mais pour le ciel dont les ombres et les lumières sont si mouvantes au’il faut être fou et n’avoir jamais regardé l'aiguille d’un cadran, pour se flatter de les traduire exactement.
Et de l’instant où la traduction exacte est impossible, il faut nécessairement prendre un parti d'interprétation et se poser un programme presque abstrait et allégorique, comme l’idée d’une saison ou d’une heure du jour.
pent à la couleur de leur cause, parce que l'obscurité formée par épaisseur des nuages, outre l'abolition des rayons solaires, teinte tout autour d'eux : mais l’air ambiant, en dehors des nuages et de leur ombre, voit et éclaire le même site et le fait participer de la couleur azurée.
Et l'air qui pénètre par les rayons solaires qui se trouvent entre l’obscurité de la susdite ombre de la terre et l’œil qui la voit, teinte encore le paysage de couleur bleue, comme cela se prouve du bleu de Fair, né de lumière et de ténèbres. Mais la partie éclairée par le soleil participe à la fois à la couleur du soleil et à celle de l'air, et surtout de l’air qui fait un office majeur étant plus proche et faisant le champ d'innombrables soleils, par rapport à l'œil.
Cette campagne paraîtra d'autant plus azurée qu’elle sera plus près de l'œil; et plus elle sera azurée et 1ïl fera clair, si elle se hausse à lhorizon; et cela provient des vapeurs humides. Les objets sont moins visibles dans l’ombre que dans la lumière ; et la lumière universelle entoure les corps ombreux et leur donne peu de relief: quand l’œil s’interpose entre l’'ombreux et la lumière, l'ombre alors devient invisible. Mais les corps latéraux, en tel temps, manifesteront leur Iumière avec plus ou moins de force, selon que ces corps seront voisins ou éloignés de la ligne droite, qui s'étend de l’un à l’autre horizon, passant par les deux yeux de celui qui contemple cette campagne.
880. — La lumière dérivative résulte de deux causes : la lumière originale et le corps ombreux.
Les lumières qui éclairent les corps opaques sont de quatre sortes : universelle, comme celle de l’air qui est dans notre horizon; particulière, comme celle du soleil ou d’une fenêtre, ou porte, ou autre espace; le troisième est la lumière réflexe;
On peint l’Automne ou le Crépuscule avec tous les traits significatifs qu’on peut réunir : mais celui qui se contente de ce qu'il voit sur l'instant se trompe, car 1l voit partiellement et mal, et rien ne remplace la réflexion.
le quatrième passe par les choses transparentes comme toile, papier ou semblables mais non transparentes comme verre, cristal ou autres corps qui font le même effet, comme s’il n’y avait rien d’interposé entre le corps ombreux et la lumière qui l’éclaire ; j'en reparlerai spécialement.
SSI. — [lumination est participation de lumière et lustre est miroitement de cette lumière.
Ténèbres est privation de lumière et lumièreest privation de ténèbres ; ombre est mélange de ténèbre et de lumière et devient de plus ou moins grande obscurité, selon que la lumière qui se mêle à elle aura de puissance.
882. — L'objet aura ses ombres et ses lumières d’extrémités insensibles, qui sera placé entre de grands objets obscurs et clairs de quantité continue.
Cela se prouve. Soit l’objet O, qui est placé entre l’ombreux N M et le lumineux RC. Je dis que l’objet ombreux entoure presque tout l’objet avec sa pyramide N AM et forme semblablement à l'opposé la pyramide du lumineux RCS.
Par la 8° de la 5° on conclut : elle dit que la partie la plus obscure du sphérique sera celle qui regarde plus directement l'obscurité opposée; et C se trouve plus obscur qu'aucune autre partie du sphérique.
La seconde figure le prouve : BAC voit toute l’obscurité EGF; cette obscurité ne simprime pas sur BAC avec une égale puissance, parce qu’elle ne s’imprime pas en uniforme quantité, comme A qui voit toute l'obscurité EF, se trouve plus obscur que B, qui n'en voit que la moitié EG; et la même chose arrive en C, qui est vu par la partie de l’ombre S F. Toute partie du corps et toute minime particule qui se trouve avoir un peu de relief (je te le rappelle) garde son pouvoir de donner les éléments de l’ombre et de la lumière.