‹ Traité du paysage. Traduit pour la première fois en français, in-extenso sur le Codex VaticanusChapitre 27 sur 46 · Toute partie de la superficie quienvironnelescorps · texte numérisé non relu

Toute partie de la superficie quienvironnelescorps

prend partiellement la couleur de la chose qui est son objectif. Exemple : si tu prends un corps sphérique au milieu d'objets variés et que d’un côté il y ait la lumière de l’œil et de l’autre un mur. éclairé aussi par le soleil, il paraîtra vert ou d’autre couleur, et le sol, où cela se pourra, sera rouge; à ses deux côtés transversaux, il sera obscur. Tu verras la véritable couleur dudit corps participer des couleurs qui lui sont objectives et la plus puissante deviendra lumineuse; la seconde sera celle de la partie éclairée, la troisième l’ombre. Il reste une quantité qui participe à la couleur des extrémités.

Vois, qu’en copiant l’œuvre de nature, la quantité et la qualité et les figures de lumière et d'ombre de chaque muscle, note leur longueur, à quel muscle ils touchent, avec la rectitude de leurs lignes centrales. |

884. — Quand tu dessines un corps, souviens-toi, en faisant comparaison de la puissance des lumières dans les parties éclairées, que l'œil souvent se trompe, prenant pour clair ce qui ne l’est pas; et la cause en est dans la comparaison des parties qui se touchent, parce que si elles ont deux parties de clarté inégale et que la moins claire confine à la partie obscure et la plus claire à la partie claire, comme le ciel ou semblable clarté, alors, celle qui est moins claire, je veux dire lucide, paraît plus claire et la plus claire plus obscure.

885. — Le clair et l’obscur ensemble, avec les raccourcies, sont l’excellence de la science picturale.

Le clair et l’obscur, la lumière et l'ombre ont un milieu qui n'est ni l’un ni l’autre, mais participe des deux, souvent à égale distance du clair et de l’obscur, et parfois plus voisin de l’un que de l’autre.

886. — Les quatre points à considérer, qualité, quantité, site et figure, s'entendent, que l'ombre est cettepartie d'ombre plus ou moins obscure, pour la quantité, savoir la grandeur de cette ombre par rapport à la voisine. La place est le mode où il faut placer et sur quelles parties du membre appuyer.

La figure est cette ombre, qui peut être triangulaire, ou ronde ou carrée.

On doit encore tenir compte dans les parties d’ombres, si l’ombre vient de loin et où s'étend la somme de sa longueur; si elle s'élève à l'oreille, a l'ombre d’un sourcil; si elle s'élève à la narine du nez l'ombre inférieure de la cavité de l'œil et avec d’autres rencontres, de varier les aspects pour situer ces ombres. Donc l'aspect est relatif à la place.

887. — La lumière universelle entoure la partie des corps ombreux qu’elle regarde et l’éclaire, et varie l'éclairage avec une plus ou moins grande clarté, selon que la partie du corps éclairé recoit plus ou moins de lumière universelle.

La lumière universelle, entourant les corps polis, donne clarté universelle sur la surface des corps.

Les corps ombreux dont la surface est polie et lustrée ont une lumière particulière qui varie d’ombre et d’éclat, selon les places, selon les changements de lumière, pour l'œil qui regarde.

En ce cas, la lumière particulière peut être immobile et l’œil mobile, ou l'inverse, ce qui revient au même, quant au chansement de lustre et d’ombre sur la superficie des corps.

Sur la superficie des corps ombreux il se forme des lumières particulières, encore que leur ensemble soit entouré par en haut de la lumière universelle d’un ciel sans soleil, comme lorsque un nuage obscur le coupe et prend sa place : cela vient de l'inégalité qui se trouve dans la surface de ces corps, quand le membre qui sert à la fonction, s’interpose entre la lumière et le corps ombreux et lui Ôte la plus grande partie de la lumière universelle. La lumière qui pénètre entre les membres et le corps devient lumière particulière c’est-à-dire une partie de l’ensemble lumineux qui de soi embrasse les parties extérieures de chaque membre du corps.

888. — Il y en a qui veulent mettre des ombres obscures dans toutes leurs œuvres et qui blâment ceux quine les imitent pas : ceux-ci se satisfont, en opposant ombre obscure à ombre

claire; l’obscur dans les lieux obscurs et le clair dans la campagne, à éclairage ombrant.

889. — Il n’y a pas d'ombre si obscure qu'on ne puisse trouver clarté plus grande.

Cela vient que, dans les arbres de rare et étroit feuillage comme les saules, bouleaux, genévriers et semblables et aussi les ornières, crevasses, débris cela vient de ce que la somme de chacune de ces choses n’a pas de lustres, en ses particules ; et si on les voit, onn’en est pas frappé et leur aspect les distingue peu du lieu où ils sont; de même pour les parties obscures de ces particules, dont l’ensemble ne forme pas une ombre obscure, parce que l’air le pénètre et l’éclaire, dans la partie médiane comme dans celles du dehors, et s’il y a variété, elle reste imperceptible, et aussi les parties éclairées ne diffèrent pas beaucoup des ombreuses.

L'air lumineux pénètre, comme il a été dit, toutes les particules, et les éclairées sont si voisines des sombres, que leur aspect arrive à l’œ1l, comme un mélange confus, composé de petits clairs et de petits obscurs, de facon qu’on ne discerne rien dans cette confusion semblable à un nuage. Cela se produit dans les voiles, les toiles ten dues et similaires.

890. — La partie la plus claire du corps lumineux sera celle que frappe le rayon lumineux entre des angles semblables, et la plus sombre sera l’autre, frappée par le rayon, en des angles plus différents.

L’angle N du côté qui regarde le soleil, étant frappé entre des angles égaux, sera plus fortement éclairé que toute autre partie; le point C sera moins éclairé que toute autre partie, parce que le rayon solaire le frappe en des angles plus inégaux que ceux de toute autre partie : soit les deux angles, le grand

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