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voit aucune ombre, qu’il ne détruise aussitôt. Il s'ensuit donc que E ne voyant que la partie éclairée OD, P voit moins les extrémités de l’ombre BC, que A qui est plus éloigné.
Mais l'œil étant plus distant du sphérique ombreux que le corps qui l’éclaire, alors il est impossible de trouver où l'œil serait tout à fait privé de l'aspect ombreux de ce corps. Preuve : BNC corps ombreux, DNC corps lumineux; la partie ombreuse B S C sera éclairée; O l'œil plus éloigné du corps ombreux que la lumière A, il voit toute l’ombre BDCE, et cet œil se mouvra circulairement autour de ce corps, en gardant la même distance; il est impossible que se perde jamais entièrement toute l’ombre susdite; car dans son mouvement, se perd une partie de l’ombre, d’un côté, que ce même mouvement lui fait acquérir de l’autre.
893. — Le corps le plus éclairé projettera l'ombre la plus forte. Le point A est éclairé par le soleil et le point B par l’air qu'éclaire le soleil et il y a telle proportion du lumineux A au lumineux B que de la lumière du soleil à celle de l’air.
Quand les petits objets rapprochés seront vus à grande distance, de façon à ce que se perde la connaissance de leur figure, alors se forme un mélange de leur aspect, qui participe plus de la couleur dont est vêtue la majorité des objets.
L'objet qui paraîtra le plus obscur à une distance égale, sera celui qu’on voit dans un endroit élevé. Cela vient de ce que l’air est plus subtil en s’élevant, et l'objet ne compte que par sa grosseur; de là vient que les collines qui s’apercoivent sur les versants des monts paraissent plus obscures à leur cime qu'à leur base.
894. — Le blanc qui ne voit ni lumière incidente, ni réflexe, perd dans ses ombres sa couleur naturelle et, si on peut dire, se colore en blanc; mais, le noir se fonce dans l'ombre et s’éclaire dans une partie éclairée et d’autant il s’obscurcit que la partie éclairée est vue par une lumière de grande puis-
sance. Le vert et l’azur augmentent d'intensité dans l’ombre intermédiaire; le rouge et le jaune se foncent dans leurs parties éclairées, comme le blanc et les couleurs mélangées participent de celles qui les composent; le noir avec le blanc fait le gris, qui ne vaut pas le noir simple dans les dernières ombres, ni le simple blanc dans la lumière; mais son excellence est entre la lumière et l'ombre.
La couleur approchera du blanc, quand le corps aura ses parties ombreuses plus éloignées de la clarté, par rapport à la partie éclairée.
La partie éclairée par une quantité lumineuse sera d’autant plus claire, qu’elle sera frappée par un plus grand angle lumineux.
Soit l'hémisphère RMC, qui éclaire la maison KLOE : je dis que la partie la plus éclairée est frappée par un plus grand angle, né d’une même qualité lumineuse. Donc, en F où frappe N FC il y aura plus de clarté que là où frappe l’angle ED C; et la proportion de lumière sera la même que celle des angles et la proportion des angles sera la même que celle de leurs bases N C et EC, dont le plus grand excède le plus petit de toute la partie N E. C’est comme en A, sous la gouttière du toit de la maison, il y a moins de lumière qu’en D, car la base BC de ce BAC est moindre que la base EC, et ainsi de suite progressivement, la lumière étant de même qualité. Et cela confirme ce qui est dit plus haut : tout corps éclairé de notre hémisphère qui se manifeste dans la partie de l’objet sphérique, sous l’hémisphère K et F, qui, dans le point B, se trouve éclairé par toute la partie A EC et dans la partie D de l'hémisphère EM, et en O de Get en N de MF eten H de SF. Ainsi, on trouve la première lumière et la première ombre de n’importe quel corps.
895. — La partie du corps ombreux sera lumineuse, en raison de la somme de lumière pr en mouvement.
Donc, plaçant comme corps ombreux ABC,etDFN pour corps lumineux, c’est-à-dire . d l'hémisphère éclairé, dans la partie C a plus de lumière que dans la partie B et trois quarts de plusqu’en A. Pourquoi ? C est éclairé du ciel DCFE et B du ciel DF qui est la moitié moins DE, et la partie A est seule éclairée par la quatrième partie de DC c’est-à-dire GD.
La superficie du corps opaque participe de son objet : soit D le corps opaque, AN, le corps lumineux, À C un corps de couleur obscure, CDle plan éclairé de l'hémisphère AF MN, par la susdite R sera plus éclairé que O; O que S; S que V. Il en sera ainsi des autres parties qui sont tournées en AC, corps obscur et semblablement de son côté tourné vers le lieu éclairé d’où C D naissent ombre, lumière et lumière réflexe.
L'ombre qui reste sous les parties dépassantes de la couverture des édifices, ombre faite par le soleil, à tout degré de hauteur, donne de l'obscurité.
L'objet, vu dans un intérieur éclairé par une lumière
895. Ce principe offre une extrême difficulté : la somme de lumière en mouvement ? Nous ne saisissons bien que la direction de la lumière : sa quantité échappe à notre réalisation.
Je ne connais pas une seule toile qui rende l’heure de midi, ni l'heure de minuit, parce que, dans les deux cas, le procédé est impuissant à rendre l’intensité; et que l’accord est presque impossible entre la clarté et l'ombre dans le cas ou l’une domine despotiquement
unique et du haut d’une fenêtre, fera sentir la grande différence entre la lumière et son ombre, et surtout si l’intérieur est vaste et obscur.
a) Quand une lumière particulière éclaire un objet, cet objet a dans sa partie opposée quelque partie éclairée par cette même lumière qui sera de couleur claire; alors il naïîtra une contre-lumière c’est-à-dire un reflet ou réverbération.
Cette partie de lumière réfléchie, qui couvre en partie la surface des corps, sera d'autant moins vive que la partie éclairée de l’air sera moins claire que l’air lui-même.
896. — Et toi, peintre, qui composes des histoires, fais que les figures aient une variété de lumière et d'ombre aussi variées que les objets de la composition, et ne les traite pas tous uniformément.
897. — 1. La partie superficielle de tout corps participe de toutes les couleurs qui teignent chaque objet.
2. La campagne éclairée par le soleil aura l’ombre de chaque objet très forte, et celui qui la verra du côté opposé au soleil, la verra très obscure, et les choses lointaines paraîtront proximes.
Mais quand tu verras l’objet dans le sens du soleil, il te paraîtra sans ombre et les choses proximes t’apparaîtront éloignées et d’aspect indistinct.
897. — Ces règles ne sont vérifiables que dans un seul des paysagistes classiques.
Claude n'est pas un créateur comme Poussin. Ce n’est que le premier en date des luministes, maïs il n’a jamais été rejoint dans l’art de rendre le soleil sensible, derrière ses coulisses d’architecture. Ses aurores sur la mer, dans une calme atmosphère, sont des poèmes d’une harmonie apaisante.
Le Liber veritatis accuse une étude si sincère qu’on doit plaindre l'artiste qui dut recourir à Jean Miel, à Allegrini, à Courtois, à Lauri pour ses figures si inutiles, parfois fâcheuses, afin de satisfaire au goût de l'époque.
Contrairement à Poussin, Claude était illettré et ne connaissait la fable que par les métamorphoses traduites par Anguillora.
Espace, et lumière! Avec des transparences corrégiennes et des demiteintes exquises, ce maître calme qui n’a jamais voulu voir ni l’hiver, ni un orage, réalise une nature heureuse et souriante. Il n’est en somme un peintre d’histoire qu’en apparence et parce quele goût du temps, le lui impose.
3. L'objet éclairé au jour, sans soleil, selon qu'il aura plus d’obscurité, verra moins d’air, sera et d’autant plus obscur qu on le verra d’une plus grande distance du lieu obscur.
4. À la campagne, les objets ont peu de différence entre leurs ombres et leurs lumières; et leurs ombresfinissent insensiblement et sans terminaison précise, à la façon des fumées qui vont en s’évaporant, à l'opposé des parties lumineuses et deviennent plus obscures là, où elles sont privées de l’objectivité de l’air.
5. L'objet, vu en un endroit peu lumineux ou au crépuscule, présente peu de différence entre ses lumières et ses ombres; et s’il fait tout à fait nuit, la différence entre la lumière et l'ombre est insensible à l’œil de l’homme, qui ne perçoit plus rien, tandis que tout devient perceptible aux yeux subtils des animaux nocturnes. |
6. Les objets, selon la distance, paraissent ambigus et douteux et si confus, qu'ils semblent tous au même plan. Aucune terminaison aux extrémités de leurs contours, parce que ces extrémités forment des lignes et des angles, et que l'extrémité des petits objets par l'éloignement devient invisible.
S1 la ligne est comme le point mathématique invisible, les extrémités des objets même rapprochés nous échappent. Donc, peintre, tu ne finiras pas les objets éloignés de l’œil, quand la distance sera celle où il n’y a plus de contours et où les formes du corps sont imperceptibles.
7. Tout objet éclairé participe de la couleur de ce qui l’éclaire.
8. L'objet ombré se teint de la couleur de l’objet qui l’obscurcit.
9. D'autant plus vive est la lumière de l’objet éclairé, d'autant plus obscur paraîtra le corps ombreux qui en est proche.
898. — Ilest possible qu’un même corps ombreux prenne une ombre égale de lumières de différentes grandéurs.
FOGR est un corps ombreux dont l'ombre F GO est gé-
nérée par la privation du point lumineux DE, dans la distance vraie du point éclairant et BC dans la distance plus éloignée. Cela vient de ce que l’unet l’autre points lumineux sont privés de l’aspect ombreux FOG, par l’intermission des lignes droites A B P C.
Nous dirons de même, pour deux points lumineux, situés à des distances différentes d’un point ombreux, savoir: le grand
ce
lumineux R S et le petit lumineux CD diversement éloignés de l’ombreux N M O P.
Quand le sphérique ombreux sera éclairé d’un sphérique
lumineux égal à l’ombreux, la partie ombreuse et la partie __ lumineuse seront égales entre elles.
. és s Soit A BC D le sphérique om- (|) «be breux égal au sphérique lumineux F 2 É EJ : je dis que la partie ombreuse A B C du sphérique ombreux sera
égale à la partie lumineuse A B C D.
Cela se prouve ainsi :
Les parallèles E S F T sont contingentes au front du diamètre À B, savoir : le diamètre du sphérique ombreux. Ce diamètre passe par le centre du sphérique, qui, étant divisé par ledit diamètre, le sera en parties égales; et l’une sera toute ombreuse et l’autre toute lumineuse.
899. — Il est impossible qu’à aucune distance, un corps lumineux plus grand que l’ombreux, puisse éclairer seulement la moitié de l’ombreux. |
Cela se prouve par les lignes parallèles qui sont équidistantes entre elles : or, entre des lignes équidistantes, 1l n'y a pas de point, sinon des corps sphériques de même diamètre.
Donc les extrémités de deux sphères inégales ne seront pas contingentes à deux lignes parallèles.
900. — La superficie de tout corps opaque participe à la couleur de son objet, et plus ou moins, selon que l’objet est plus voisin ou plus éloigné.
La première partie se prouve ainsi :
Soit À BC, la superficie du corps opaque que nous supposons de superficie blanche, tandis que l’objet RS sera noir, et l’objet N M sera blanc encore. Par la 0° de ceci, qui prouve que tout corps emplit l'air environnant des reflets de sa couleur et de la similitude du corps coloré : donc R S objet noir, emplira l'air qui l’entoure de couleur noire, qui se terminera en G A B partie du corps opaque A B C, qui se teindra de la couleur de son objet R S et la couleur blanche de l’autre objet N M blanchira toute la partie du corps opaque A B € : donc dans le corps opaque se trouvera tout À G en simple participation du S noir et en B C en simple blanc; et en À B qui tient de l’objet blanc et de l’objet noir, il y aura une teinte,
mélange de blanc et de noir, qui donnera une superficie mixte.
Pour la seconde partie de la proposition, il y a beaucoup plus d’obscurité en À qu’en B, parce que A est plus voisin du corps noir RS, que de EB. Cela est manifeste par la définition géométrique du cercle. En outre, dans l'angle B sera le plus petit angle, comme il est prouvé en géométrie; dans l’angle de la contingence B l’on ne peut voir que l'O, extrémité du corps RS, dans le point R. En outre, ce point s’'augmente en B de la clarté de l’objet blanc N M, lequel, quoique noir, parce qu'il est plus éloigné de C que A d… RS,
900. — La lumière exalte les couleurs et l’ombre les éteint : l’art a pour principal secret d’atténuer cette exaltation et d'empêcher cette extinction.
Mais la perspective aérienne exige déjà, d’un plan à l’autre, ce même mouvement; en s’éloignant, la couleur s'éteint et l'ombre augmente.
comme il est prouvé B, ne saurait être aussi obscur que A.
La couleur sera vue de plus loin qui sera la plus éloignée du noir. |
Cela se démontre dans la distance pareille des extrémités les plus dégagées, qui seront vues sur un champ différent, plus clair ou plus obscur que lui. |
Les couleurs, qui se différencient dans leurs ombres et leurs lumières, sont celles qui se rapprochent du blanc, parce que le blanc est plus clair et que ses ombres sont plus fortes, bien que lenoir et le blanc ne soient pas des couleurs.
901. — Toutes les couleurs, de loin, se perdent dans l'ombre parce que l’objet qui n’est pas atteint par la lumière principale est impuissant à envoyer à l’œil sa similitude, parce qu'une petite lumière est vaincue par une majeure.
Exemple : nous voyons, étant dans une maison, que toutes les couleurs qui sont dans les parties du mur se voient claires et précises, quand les fenêtres sont ouvertes. Si nous sortons de la maison et que nous regardions d’un peu loin, par cette fenêtre, pour revoir les peintures du mur, nous ne percevrons qu’une obscurité continue.
902. — Souvent la superficie des corps opaques, en se teignant des couleurs de leurs objets, participe à des couleurs qui ne sont pas dans lesdits objets.
Preuve : soit le corps opaque CD et son objet © AB que nous supposons de couleur jaune et le
# corps opaque azuré : Je dis, que toute la partie de la superficie DN C de ce corps opaque, qui en 04 & lui-même est azuré, paraîtra verte : il en serait
ainsi si l’opaque était jaune et l’objet azuré. Cela
vient que les couleurs variées, en se mêlant, se changenten une
troisième participant de l’une et de l’autre. Le jaune mêlé
au bleu fait du vert, et ce vert est composé de deux complémentaires, ce que le peintre spéculatif comprendra.