‹ Traité du paysage. Traduit pour la première fois en français, in-extenso sur le Codex VaticanusChapitre 31 sur 46 · LU A [D · texte numérisé non relu

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lumières diverses ; alors cette ombre ne viendra pas du corps opaque lui-même, mais d’ailleurs.

Cela se prouve : soit N DE corps opaque et blanc en lui-même et qu’il soit éclairé par l’air A Bet par le feu CQ et placé, en avant, entre le feu et l’objet opaque O P dont lombre se coupera sur la surface en DN | et dans ce DN n'arrive plus la rougeur du feu, mais l’azur de l’air; d’où, en DN il y aura de l’azur et en NF du feu.

Donc, l'ombre azurée se termine au-dessous, avec la rougeur du feu sur ce corps opaque, et au-dessus se termine en violet; savoir, en DE, il est éclairé d’une couleur mixte composée de l’azur de l'air À B C et de la rougeur du feu QC qui est presque couleur violette.

Ainsi se prouve que cette ombre est fausse, que ce n’est pas une ombre du blanc, ni non plus de la rougeur qui l'environne

904. — L'ombre des corps ne doit participer qu’à la couleur des corps eux-mêmes, là où elle s'applique. Donc, le noir n'étant pas compté pour une couleur, avec lui disparaît l'ombre de toutes les couleurs, avec plus ou moins d’obscurité, selon qu’elle se trouve dans l’endroit, sans Jamais perdre totalement la couleur dudit corps (sinon dans les ténèbres) incluse dans les autres contours du corps opaque.

Donc, peintre qui veux copier, couvre les parties de ton étude de blanc mêlé au noir, car blanc et noir ne sont couleurs.

905. — L'objet, qui teintera davantage à sa ressemblance la superficie des corps blancs opaques, sera le plus éloigné du blanc. Or, le plus éloigné du blanc c’est le noir, en qui la su-

004. — Giorgione et Titien ont vraiment orchestré leurs figures par le paysage. | Ce serait une matière à débrouiller, le cas d’Annibal Carroche et de Paul Bril. Qui des deux a incité l’autre?

perficie du blanc opaque se teintera davantage que d’aucune couleur des objets.

La superficie de tout corps opaque participe à la couleur de son objet et sa couleur sera au-dessus de cette superficie d'autant plus sensible que la superficie de ce corps sera plus blanche ou plus voisine du blanc.

906. — Comme toutes les couleurs se fondent dans l'obscurité de la ténèbre nocturne, ainsi chaque couleur finit en cette ténèbre.

Donc, peintre, ne cherche pas à observer quelles sont les couleurs qui se fondent ensemble dans l'obscurité, puisque la nature ne le permet pas et que tu fais profession d’imitateur de la nature autant que l’art le permet, ce n’est pas à toi à chercher et à redresser ses erreurs, parce que ces erreurs ne sont pas en elles, mais en toi. Un principe étant donné, il faut que s’ensuive le milieu et la fin. |

907. — Le corps ombreux placé entre 1 proches parois d’un lieu ténébreux, qui est éclairé d'un côté par la lueur d’une chandelle et de l’autre par un petit soupirail d’air, sera blanc; alors ce corps se montrera d’un côté jaune et de l’autre azuré à l’œil, dans l’espace éclairé par l'air.

908. — Les vêtements noirs donnent aux figures plus de relief que les vêtements blancs : cela vient de la 3"° de la 9° qui dit : « la superficie de tout corps opaque participe à

906. — Ceci s'adresse aux entêtes de la coloration des ombres qui ne peuvent être teintés fortement, sans perdre leur concavité : or l’ombre doit toujours produire l’effet d’être creuseet puisque les lignes y sont indéterminées, les couleurs ne doivent pas être plus précises que les lignes, sinon l'effet perspectif se trouve aboli.

907. — C’est une grande niaiserie de ne pas dessiner le paysage, comme Corot, dont les arbres ressemblent à des chiffons en l’air qui ne seraient pas soutenus par des ficelles apparentes. Les effets de brume et de buée rendent ls petites branches indistinctes, mals il est facile de déterminer ce qui reste visible dans l’arbre voilé de brouillard.

908. — Partout où il y a noir et blanc, il faut lire sombre et clair: car il n’y a pas de blanc dans tout le Louvre, et l'Homme au gant vêtu de noir a une figure sans aucune relation avec la teinte de ce papier.

la couleur de son objet », il s'ensuit donc que les parties du visage qui voient ou qui sont vues des objets noirs, paraîtront participer à ce noir, et par là, les ombres seront faites et très accusées, par rapport aux parties éclairées du visage. Mais les vêtements blancs éclairciront de leur blancheur l’ombre des visages et ainsi les parties du visage auront peu de relief, parce que le clair et l’obscur n’y présenteront pas de fortes différences ; 1l s’ensuit que dans un cas semblable, l'ombre du visage ne sera pas la vraie ombre propre à la chair.

909. — La lumière du verre rouge, les murs peints en cette couleur, ainsi que les vêtements, feront paraître le visage avec les vraies lumières et ombres de la chair; et ce mode est très utile pour obtenir la teinte des chairs : toutefois ce précepte ne convient pas aux figures placées dans une campagne environnée de diverses couleurs : car la figure ainsi placée contredirait au 3° de la 0° de cette question.

910. — Il arrive souvent qu'un visage sera coloré ou blanc et l’ombre sera jaunâtre; cela vient que l’endroit est plus jaunissant qu'azuré; et les parties du visage qui sont placées en ce lieu, sont colorées par le jaunâtre et l’obscurité du lieu.

o11. — Le corps quise différenciera le plus à l’ombre ou à la lumière sera celui qu'éclairera une plus grande lumière, comme celle du soleil ou du feu dans la nuit; ce parti n’est pas à recommander au peintre, car il ne fournira que des effets durs et sans grâce.

Le corps placé sous une lumière moyrnne, aura peu de différence entre ses lumières et ses ombres et cela arrive, vers le soir, ouquand il fait nuageux, et ces effets sont doux et propres à rendre toutes les qualités des visages. En tout, les extrêmes sont vicieux; trop de lumière donne un résultat brutal, trop d'obscurité empêche de bien voir : un parti intermédiaire est le meilleur.

912. — Les lumières, faites par de petites fenêtres, donnent de grandes différences de lumières et d'ombres, et surtout si la

salle ainsi éclairée est grande : ce n’est pas d’une bonne pratique.

913. — La superficie noire, et celles qui participent à cette noirceur, offrent peu de différence entre les parties ombreuses etéclairées, parce que la partie éclairée elle-même est noire; et l’ombreuse ne peut être que noire, avec bien peude variété entre la partie noire ombrée et la partie noire éclairée.

914. — Le corps, qui présentera le moins de différence entre ses lumières et ombres, sera le plus éloigné de l'œil; et au contraire s'il est voisin de l’œil, grâce à la clarté lumineuse de l’air qui s’interpose avec une plus grande force entre l'œil et le corps ombreux, quand il est éloigné que lorsqu'il est proche. | |

915. —- Le corps, qui montrera le moins de différence entre ses lumières et ses ombres, est celui qui se trouve dans l’air le plus obscur; au contraire, étant dans un air de plus grande splendeur, comme on voit l’objet placé dans les ténèbres qui ne se peuvent distinguer et celui opposé aux rayons du soleil dont l'ombre paraît ténébreuse, par rapport à la partie frappée par les rayons solaires.

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