‹ Traité du pied considéré dans les animaux domestiquesChapitre 22 sur 29 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

PIEU Di: PORC.

Ce quadrupède pachyderme porte à chaque pied quatre doigts d’une inçgale longueur, mais parfaitement semblables aux onglons des didactyles : les deux doigts du milieu ( PI. V, fiS’ plus gros et plus longs, servent

constamment à l’appui ; les deux latéraux et postérieurs (fig. i, c,c ), dont l’un est externe et l’autre interne, constituent deux appendices détachées , susceptibles de s’éloigner des deux principaux onglons, et de donner par là mérite plus de surface au pied du porc, qui aime à

vivre da,ns les lieux boueux et humides. Tant que l’animal chemine sur des terrains fermes et résistans, il prend son appui sur les deux doigts du milieu ; dès qu’il est dans les endroits mouvans , peu consistais , les onglons latéraux lui deviennent d’un grand secours : en s’écartant des antérieurs, ils donnent plus d’assurance au pied , l’empêchent d’enfoncer aussi facilement, et concourent à le débarrasser s’il se trouve embourbé.

Les onglons du porc offrent la rpème structure organique que ceux du pied didactylc; ils ne diffèrent entre eux que par la forme, la longueur et la situation. Parmi les affcctions.auxq u elles ils sont exposés , les plus importantes sont l’engravée et les piqûres. De même que dans la bêle bovine, l’engravée est le résultat des marches forcées que l'on fait soutenir aux porcs pour les conduire aux foires ou aux marchés. Elle commence par une douleur légère, qui fait boiter l’animal et le rend traînard. La marche continuant augmente l’irritation et fait naître tous les phénomènes de fourbure; le porc boite de plus en plus , finit par ne pouvoir plus se soutenir, et reste couché. Pour ne pas lé laisser périr en place, l’on est alors obligé

de le juguler, ou bien (le le transporter vivant sur une voiture jusqu’au premier endroit. Lorsque l’inflammation est arrivée à un certain degré, les douleurs ne laissent point de repos à l’animal; il jette des cris continuels, tourmente ainsi les autres porcs, les empêche de prendre du repos et les fait maigrir. Aussi, les marchands habitués au commerce de ces animaux ont-ils la sage précaution de retirer de la troupe les individus qui deviennent engravés; ils les vendent, les tuent, et s’en débarrassent d’une manière quelconque.

Les piqûres et les différentes blessures dont peut être atteint le pied du cochon se guérissent avec quelques soins, qui ne peuvent être le plus souvent qu’hygiéniques, en raison des difficultés qu’on éprouve à manier ces animaux.

Le pied tétradactyle , dont nous nous occupons, est encore exposé à une inflammation particulière, qui survient dans le fond de la bifurcation des deux grands onglons, et qui a beaucoup de rapports avec la limace de la bête bovine. Cette affection débute de la même manière que la limace : la peau du fond de l’espace interdigité blanchit, laisse suinter une humeur séreuse, et présente parfois des cavités irrégulières , sortes d’ulcères produits par le

séjour des graviers, qui finissent par s’enchàsser; elle reconnaît pour causes essentielles les graviers ainsi que les corps étrangers qui se fixent dans le fond de l’entre-deux des doigts. Elle peut donner naissance à des javarts tendineux, occasioner le gonflement de toute la région digitée, produire une tuméfaction excessive et faire naître la gangrène. Quelques lotions détersives et astringentes suffisent pour calmer l’inflammation commençante, et prévenir tout accident fâcheux. Lorsque les douleurs sont considérables et qu’elles font maigrir l’animal malade, l’on se décide ordinairement à abattre le porc , afin de diminuer la perte qui résulterait de sa mort naturelle ou de la longueur du traitement.

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