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glons. Ce ligament, très-gros dans le bœuf,
grêle dans le mouton et daus la chèvre ( Pl. IV,
7%- 4> £)> s’attache au coté interne de la protubérauco postérieure de l’os du pied.
Les tendons antérieurs, provenant des muscles extenseurs {PL 1 \,Jtg. i et 5), forment à chaque doigt deux branches, dont une interne U‘S- L a > a >'J‘g • 3, e, e), arrondie, suit la direction de la bifurcatteu du pied et \g s’insérer au sommet de la protubérance antérieure de l’os de 1 onglon. La branche externe (Jig, j, b, b ; J‘g- g, g) constitue une expansion pyt§midale , s attache d une part à la partie supérieure et antérieure du deuxième phalangien ou l’os de la couronne, descend en s’épanouissant, se ^réunit avec les ligamens latéraux externes , et s inséré sur tout le côté externe du dernier nha- Jangien. En se confondant avec les ligamens, % cette branche tendineuse forme une enveloppe épaisse, qui couvre tout le côté externe del’arliculatiou de l’onglon avec la couronne , et con- | . court à affermir cette jointurè.
l :\’ ” I»» tendons postérieurs, superposés (Jig. a)
et engainé^l un dans l’autre, sont fixés par trois
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«anneaux ligamenteux derrière les phalangiens;
. ils présentent, le même arrangement que dans
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• le cheval , et se trouvent sépares de la peau par ' un gros ligament aplati, qui prend naissante
• par-dessous l’ergot du même côté et s’insère âu 0 sommet de la protubérance postérieure de l'os "
de 1 onglon. Ce ligament n’est hii-mêmAju’ùrie ' production d’une expansion large et épaisse, qui descend ou du genofc ou du jarret , enve- .V' loppe et maintient les tendons fléchisseurs appliqués contre la face postérieure de l’os du ’
■ canon (i).
l Le coussinet plantaire , plus graisseux , maH • moins dense que dans le cheval , forme la base ‘ -
( ‘ ou partie molle du talon , se prolonge en s’a- L
mincissant sous la sole, et se trouve accolé aux parties environnantes* par un tissu filamenteux ,
Iamineux , dense et très-fort. Ce corps grais-
V seux, tfès-épais, et ordinairement jaune dans le
bœuf, est blanc et mince dans le mouton. .J . ** '
Le tissu réticulaire, peu épais, n’est feuilleté que vers la partie inférieure d* la paroi , et •: présente un velouté dans le reste de sou
étendue. • ’ •• ‘v
L’appareil vasculaire du pied du bœuf offre • '
1 jpiftitt fas nianpdactjles , ou trépve les traces de celle 1
prodnet ion lieameaten.M , à laquelle se réunissent le- tcWjr petits nunelcs lombricaux cl péroniens.
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la même disposition générale que dans le cheval ; sâ principales diffeféncès se font remarquer afl-dessus des ongloiis. Ainsi, lesartères (PI. IV, Jtg. 5 ,a , a , a) sont profondes et régnent dans < l’intervalle des os du paturon et de la couronne ; ( cn abordant à chaque oeglon, elles se divisent en deux branches, do A une , autérieure ou préplantaire, se plonge dans l’intérieur du dernier phalangien ; l’autre, postérieure ou plantaire, s insimfe sous le coussinet plantaire et lui donne tn e ou deux ramifications déliées. Outre ces divisions , les pieds de devant portent qne autre petite artère, qui descend et rampe au bord antérieur de l’interdigité. Les veines provenant des onglons forment deux grosses branches peu profondes ( fig. 3 ,b, b, b), situées ou long sous la peau et dans le milieu dt la face postérieure des doigts. A la suite de marches forcées et de certaines fourbures, cos vaisseaux veineux se dé#eloppent d’une manière particulière, et deviennent très-rameux et sinueux. On doit aussi observer que les pieds de devant pré- , sentent, le long de la face antérieure des couronnes et des paturons, deux ou trois grosses, ramifications veineuses qui , dans l'ordre, de 1» circulation , correspondent à l’artère princi- » pale de ces mêmes pieds. ; j
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La corne du sabol des didaftyles est blanche ou noire, généralement moins serrée, moins dure et beaucoup moins épaisse que celle des pieds du cheval. La concavité du sabot ne porft de feuillets que dans la partie inférieure de la muraille, le long de sa commissure avec la sole; ces feuillets, parallèles et minces, s’engagent et s’enchàssent avec les lamelles correspondantes du tissu vasculo-nerveux. La surface inférieure de cette même boite cornée offre une éminence analogue et formée par la dépression longitudinale, qui se remarque à la réunion de la sole avec la partie droite et interne de la paroi. sM De même que dans le cheval , le sabot des didactyles se divise, par la macération long temps continuée, en deux parties, dont une appartient à la paroi et l’autre à la sole. Ces deux parles constituantes présentent la même texture et les mêmes considérations que celles que noi^ avons développées en traitant de l’ongle du cheval.
Le pied du mouton et (ft la chèvre porte un canal biflexe, folliculaire, blanchâtre, que l’on nomme communérflent le canal du foüréfiet , et plus exactement sinus biflc%£ ( PL IV, Jig. 4, a ). Formé par un repli de la peau, ce réservoir est situé intérieurement entre les deux os des couronnes, et aiitdessus de la peau qui re— , • v ». » •
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\ vêt le fond de la séparation des ourlons, à la- - »
V quelle il est uni , ainsi qu'aux parties environ- - V nantes, par un tissu laniineux, graisseux, abon- ' dant et Hfclie. Son extrémité postérieure et interne en constitue le fond: elle est courbée et déterminée en cnl-de-sac; tandis que son •/ ouverture extérieure (fig. 4 , c ; Jig. 5, a), tou- 1 jours libre, réside antérieurement un peu audessus de l’intervalle interdigité, et se fait rev marquer par un petit bouquet de poils qui ♦ J en sortent et sont soovent agglutinés par le -,
\ ,d- ; ; ’ V f v" ■ suint. La cavité de ce sinus est parsemée de^ , î - poils et de gros follicules, destinés à sécréter une humeur sébacée, jaunâtre; par les élabo- ,
• V. rations quelle y éprouve, cette humeur s’ é- , paissit et acquiert une odeur très-forte de suint.
I/usaige de ce réservoir interdigité est in-
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t ». " V, . prouve joumelicmJlt , c’est qu’il est souvent *, r
le siège d’une affection grave, que l’on nomme ... ' le jmnxhet , étdont nous parlerons plus loin.
• Les pieds did^tvlcs sont Constamment loi- ■
dfes ; ils peuvent aussi être, cerclés, déprimés, ’
trop longs, a (faiblis par i’usrtre et offrir plusieurs autres difformité*! ' -sans que ces vices î/'- v
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préjudic ient aussi fortement que dans le cheval. D’ailleurs, tout bœuf qui souffre des pieds et ne s’appuie dessus qu’avec peine est mis dans uue bonue pâture, ou bien il est engraissé à l’étable pour être ensuite livré à la boucherie. 11 ne peut pas en être de même pour le cheval, dont les dépouilles sont presque de nulle valeur, et qui n’est utile que par les services qu’il peut rendre pendant sa vie.
La limace, l’engravée, la fourbure, les piqûres , les javarts et le crapaud sont les maladies du pied du bœuf les plus communes, les plus importantes à connaître ; elles ne sont cependant pas les seules qui s’y manifestent, le pied didactyle peut encore éprouver tous les accideus, suites delà ferrure, et presque toutes les autres affections que nous avons signalées dans le cheval.
§ i' r . La limace (i).
La limace, affection ulcéreuse, survient entre les deux onglons, attaque la peau de celte par-
* dénomination de limace ou limaçon provient probablement de ce qu’à une certaine époque l’affection présente une crevasse (lexueuse, établie entre les rugosités que forme la peau de l’intervalle interdigité.
Cette maladie a été nommée limarucla , par F. Toggia,
tie, prend insensiblement de l’étendue, de la profondeur, et parvient souvent jusqu’au ligament interdigité, qu’elle corrode et dont elle produit la mortification.
Cette maladie, particulière aux bisulques, ne peut être comparée à aucune affection du pied du cheval, et elle diffère, sous plusieurs rapports, de l’aggravée du chien , avec laquelle M. Favre l’a assimilée (i). Comme elle est plus fréquente dans les bœufs ou vaches employés aux travaux agricoles, sur-tout lorsque ces animaux habitent des pays montueux et pierreux, la description que nous allons en donner sera tirée des didactyles à grosses cornes.
La limace débute par une légère inflammation, par la tuméfaction de la peau interdigitée, et le gonflement se fait apercevoir à la face antérieure de la réunion des origlons, sans qu’il soit besoin de lever le pied. Le fond
et limassuraz , par M. Favre , qui pense que , dans un cadre nosologique , elle pourrait être comprise sous la dénomination d ’arsure interdigitée (arsura interdigitalis).
( i ) Traité du piétin , inséré dans le volume des Mémoires de la Société royale et centrale d’ Agriculture , pour 1823, page 25 g, et dont un extrait se trouve dans le Recueil de médecine vétérinaire , vol. de 1825, p. /jo etsuiv.
île l’intervalle interdigité, rougeâtre et rugueux dans les premiers temps, blanchit peu à peu, prend par suite une teinte morte, et se couvre, comme le rapporte M. Favre, d’un peu de matièie de consistance butireuse, de couleur grise blanchâtre et d’une odeur forte et fétide. La maladie continuant, il se forme de petits ulcères, sortes de crevasses irrégulières, noirâtres, qui se 1 eunissent en une seule ou deux cavités dont les bords sont filandreux et calleux. Cette plaie, lougeatre, de laquelle découle une humeur ichoreuse, creuse insensiblement, et finit par mettre à découvert le ligament interdigité. A cette époque, les souffrances sont excessives; le bœuf ne fait plus ou que très-peu d’appui sur le pied malade ; la fièvre de réaction est considérable et ne tarde pas à devenir générale; la rumination reste suspendue et la maigreur devient prompte.
Les causes les plus ordinaires de la limace sont la malpropreté et les graviers, qui s’enchassent, pour ainsi dire, dans la peau du fond de l’intervalle interdigité. Par leur séjour prolongé entre les deux onglons, les fumiers, les boues âcres et autres matières irritantes détériorent insensiblement la peau, la font devenir geicée, et donnent ainsi naissance à la crevasse,
par laquelle commence la maladie. Certaines piqûres faites à la peau de l’intervalle interdigité peuvent aussi occasioner la limace et la rendre fort grave.
Cette affection, rare dans les génisses et les taureaux, se manifeste plus particulièrement dans les animaux qui travaillent et fatiguent beaucoup; elle devient parfois épizootique, parcourt une grande étendue de pays, attaque beaucoup de bestiaux sans cependant occasioner des pertes bien sensibles.
La limace est sans contredit l’une des maladies du pied les plus opiniâtres. Toutes les fois que l’on ne parvient pas à en dissiper l’inflammation primitive, elle passe à l’état d’ulcère rongeant, qui a toujours plus de tendance à creuser qu’à s’étendre ; et quand elle a atteint le ligament interdigité, elle prend un caractère particulier de gravité, qui ne rend que trop souvent infructueux les moyens curatifs les mieux entendus. Pour combattre avec avantage la limace , l’on doit toujours avoir égard à l’état où elle se trouve et à la direction qu’elle tient. La première indication à remplir, dans tous les cas, est de parvenir à connaître la cause occasionelle > afin de l'éloigner, s’il est possible, et de faire cesser son influence pernicieuse. Si
1 affection ea est encore à son début , on peut chercher à faire avorter l'inflammation, en faisant passer l’animal dans une eau courante et limpide, et en le plaçant, au sortir du bain froid, dans un endroit sec , où le pied ne puisse pas être imprégné d’urine ou d’autres corps irritons. Lorsque la maladie date de plus de huit jours, il faut recourir aux bains et aux cataplasmes emolliens, et persister dans leur usage jusqu’à ce que l’on aperçoive une dégénérescence ulcéreuse. Pendant tout ce temps, .la plaie sera pansée avec des étoupes imbibées de yiu tiède oud eau-de-vie étendue dans une grande quantité d eau; dès que l'inflammation aura perdu de sou intensité, l’on emploiera les lotions astringentes, composées avec le sous-acétate de plomb ou Je sulfate de cuivre, et ou les rendra plus ou moins concentrées % suivant la résistance du mal à une cicatrisation complète. Si, malgré ces divers moyens, la limace fait toujours des progrès, et qu’elle soit passée à 1 état d ulcère, il faut substituer les caustiques aux astringens, afin de changer cette mauvaise direction etde ramener I’entamure à l’état d’une plaie simple. Le médicament le plus communement employ é dans ces circonstances est l’ouguent égy ptiac, dont on augmente l’activité par
l'addition de sublimé corrosil , et que l’on rend moins fort en le mélangeant avec une certaine quantité d’axonge ou mieux d’onguent populéum. Lorsque les bords de l’ulcère sont noirs, baveux ou calleux, il importe d’amputer avec l’instrument tranchant toutes les chairs de mauvaise nature, et de former une plaie la plus unie possible. Dans ces circonstances, le cautère actuel et chauffé presque à blanc peut ranimer l’ulcère et le déterminer à la cicatrisation. On se sert, à cet effet, d’un cautère à pointe arrondie, en ayant soin de ne pas brûler trop fortement ni trop avant.
L’entamure n’offrant plus qu’une plaie simple, l’on revient à l’usage de l’eau-de-vie, ou bien l’on panse simplement avec des étoupes sèches, suivant l’état du mal. Vers la lin et lorsqu’il n’y a plus ni douleur ni chaleur, l’on applique sur la plaie quelques poudres dessiccatives, et l’on termine ainsi la cure de la limace. Très-souvent cette cure est imparfaite, et le bœuf reste boiteux pour toujours. Cela arrive lorsque le ligament interdigité est attaqué et que l’on ne peut pas en obtenir l’ex foliation ; la cicatrisation se fait comme dans la plaie la plus simple, clic parait complète; mais Je ligament recouvert par les chairs entretient
une douleur sourde, empêche ainsi l'animal de pouvoir se servir de son pied franchement et avec liberté. Alors la bête, ne pouvant plus travailler, n’oflre d’autre ressource que celle de la boucherie j si c’est une vache, elle peut encore être laitière, à moins que la douleur, étant forte, ne diminue ou n’altère la sécrétion du lait.
Nous n’avons pas eu occasion d’observer la limace 'dans les bêtes ovines. 11 est vrai que M. Favre en parle dans son Traité précité du piétin ; mais les faits rapportés par ce vétérinaire peuvent signaler le fourçhet aussi bien que la limace; car l’une et l’autre de ces affections débutent par une inflammation. Ce qui caractérise essentiellement la limace est l’ulcère interdigité, et il n’est guère, présumable que cette sorte de plaie puisse s’établir dans le mouton sans que le canal biflexe n’en devienne le siège principal.
§ 2 . L’engravée (i).
h' engravée est une maladie identique avec la foulure de la sole ou des talons du cheval ; elle
‘ (i) Cette expression est employée, parce que la maladie est le plus ordinairement occasionée par des graviers, qui
dépend à peu près des mêmes causes et peut avoir les mêmes résultats. Ainsi que la foulure, elle commence par une irritation d’abord légère, mais qui augmente progressivement par les foulées continuées à terre; étant portée à un certain degré, elle détermine une affluence des humeurs dans la partie, un gonflement, de la chaleur et de la douleur plus ou moins intenses, et par suite divers autres phénomènes, dont quelques-uns peuvent être fort graves.
Les rumiuans, dont l’ongle est tendre et qui vont presque toujours pieds nus, s’engravent facilement, sur-tout quand ils marchent sur les cailloux et sur les terrains durs. Ces quadrupèdes ne résistent qu’autant qu’ils marchent continuellement sur un sol mou ou peu consistant.
La bête engravée feint d’abord, finit par boiter toujours de plus en plus, et éprouve, en s’appuyant sur les pieds malades, la douleur la plus vive , qui occasione quelquefois la fièvre et
s'enchâssent dans l’ongle et y restent fixés. L’engravée est une affection très— commune dans tous les pays où l’on élève beaucoup d’animaux a grosses cornes, sur-tout dans ceux ou ils sont employés, sans être ferrés, à la culture des terre* et à différens autres ouvrages. ' ¥
rend l'animal Iriste. Si, dans cet étal , 1 On contraint le ruminant à marcher, il devient bientôt fourbu et incapable de se soutenir. C’est ce que l’on observe fréquemment dans les bœufs que l’ou amène de très-loin , et que l’on conduit à Paris pour la boucherie.
L’affection produit constamment l’usure, l’amincissement de l’ongle, et occasione souvent à la sole et aux talons des ecchymoses et desbleimes; assez ordinairement elle détermine la tuméfaction des couronnes et des paturons, ou donne lieu à la fourbure, dont la chute du sabot est parfois une conséquence.
L’engravée est très-fréquente dans les animaux à grosses cornes, sur-tout dans ceux qui servent aux travaux agricoles. A moins quelle n’ait dégénéré en fourbure ou qu’elle ne se trouve compliquée d’autres maladies, le repos, les bains et les cataplasmes émolliens sont les moyens avec lesquels on fait disparaître tous les symptômes de cette affection , dont la cure n est complète qu’autant que la corne a acquis assez d épaisseur pour redonner au pied sa .solidité première. La ferrure, étant praticable, doit être employée tant pour guérir la maladie que pour en éviter la récidive. Lesonglons, pourvus de fers bien laits, bien ajustés et soli-
dement attachés, se trouvent à l’abri des impressions douloureuses, suite d’une longue marche sur des terrains durs, et ils sont par conséquent exempts ou peu sujets à l’engravée. La ferrure ne peut convertir aux bêtes à laine, qi être pratiquée sur elles; quelquefois elle est remplacée par de petites bottines, que l’on attache aux pieds de ces animaux, pour les faire voyager et les préserver des maux de pied. Malgré son utilité, cette dernière méthode ne peut s’employer que pour un petit nombre d’individus à la conservation desquels on attache beaucoup d’importance : elle serait trop dispendieuse et trop longue à mettre en usage dans une troupe composée de plusieurs centaines de têtes.
§ 3. La fourbure.
La fourbure, qui survient quelquefois au pied du bœuf, présente les mêmes considérations essentielles que dans le cheval, et n’en diffère que sous quelques rapports particuliers. De même que dans le pied monodactyle , elle parcourt sa marche avec plus ou moins de rapidité et d’intensité; elle peut aussi devenir funeste, faire naître la gangrène et causer la perte de l’individu. Dans certains cas, elle détermine des excroissances cornées, dévie, altère de di-
verses manières les os du pied et le sabot luimême; d’autres fois, elle donne lieu à la chute de l’ongle, qui est bientôt Remplacé par Une nouvelle corne, et celle-ci forme avec le temps un sabot aussi parfait que le premier. On observe que, par l’elfet de la fourbure, les veines provenant du tissu réticulaire prennent constamment de la grosseur et deviennent comme variqueuses; que l’os de l’onglou est fréquemment altéré et garni de diverses petites exostoses, et que les ravages se propagent ordinairement jusqu’au-dessus des paturons.
Le traitement de cette affection consiste dans l’usage des moyens indiques pour le cheval, et dont l’application est plus difficile, à cause du peu de docilité de ces didactyles , nullement habitués à se laisser toucher et lever les pieds. Quand on est obligé d’en venir à des opérations, il est nécessaire de fixer ces animaux dans un travail; on peut aussi les abattre, pour qu’ils se tourmentent moins et pour que l’opérateur soit lui-même moins exposé et plus à son aise pour agir. Assez souvent, on ne peut faire les pansemens qu’autant qu’on attache les malades et que l’on s’en rend maître d’une manière quelconque.
Au reste, le moyen le plus avantageux, et
sur-tout le plus facile à mettre eu usage pour la fourlnire du bœuf, consiste dans les frictions de liqueurs spiritueuses aux genoux ou jarrets des membres malades, ainsi que dans l’immersion des pieds fourbus dans la terre glaise , délayée avec du vinaigre et du sulfate de fer (couperose verte); le tout disposé et préparé comme il a été indiqué à l’article De la Jourbure du cheval, page 196 et suiv.
§ 4- & es piqûres.
kes piqûres auxquelles est sujet le pied didactyle peuvent être occasionées par les mêmes corps et de la même manière que celles qui atteignent les pieds du cheval; elles peuvent aiissi produire les mêmes désordres et a voir les mêmes résultats. J ' ,
Le bœuf au labour est exposp à un genre particulier de piqûre, que l’on nomme enraiement, et qui est produité par'lé soc dej’araire à laquelle il est attelé (i) % Cet accident , assez
(i) Dans les contrées telles que la ci— devant Provence et les montagnes d’Auvergne K où l’araire est très en usage et presque le seul instrument de labour, l’on désigne son soc sous le nom de raye ( rayelle en Auvergne), et Ion appelle enrayement ou enraycllcmcnt les piqûres faites par ce soc. î # :
fréquent, a lieu le plus ordinairement lorsque l’animal, parvenu au bout de la raie, retourne pour tracer un nouveau sillon. A la terminaison de chacun de ces sillons, le bouvier, pesant sur le manche de l’araire pour la retirer de terre, fait élever le bout de la rayelle. Si, dans cet instant, le bœuf tourne de court et sans que le bouvier dérange l’araire, l’animal atteint l’extrémité du soc, et se blesse plus ou moins fortement. Cette sorte de lésion a lieu aussi lorsque la bête, indocile ou éprouvant une surprise, recule tout-à-coup ou tourne brusquement de côté ; enfin quand les bœufs sont attelés trop de court, ils peuvent, en s’alongeant pour tirer, s’enrayer et même se piquer dangereusement.
De même que le clou de rue, l’enrayement peut êlte superficiel ou profond, léger ou grave, avoir lieu soit à la sole, soit à l’un des talons, . être porté dans le fond de l’intervalle interdigité ou dans le pli des paturons. La piqûre laite entre les deux onglons dégénère souvent en limace et exige le même traitement que cette affection; elle devient quelquefois -si grave, que le bœuf, quoique guéri , reste toujours boiteux et ne peut plus travaillér. Les autres variétés d’enrayement sont identiques avec les
differentes sortes de clous de rue que l’on reconnaît dans le cheval, et dont nous avons traité page 260 et suiv.
§ 5 . Des javarts.
Ces maladies du pied du bœuf, que certains auteurs ont indiquées très-improprement sous les noms de fie et de crapaud, ne sont que de trois sortes : le javart cutané, le tendineux et Y encorné. Ces trois variétés de javarts présentent les mêmes caractères r les mêmes considérations que celles qui se remarquent dans le cheval ; elles peuvent aussi exiger les mêmes opérations et demander les mêmes soins.
Le javart cutané du bœuf produit ordinairement plus d’engorgement , plus de douleur que , celui du cheval, et il dégénère de même en javart tendineux. Celui-ci détermine toujours un gonflement considérable, qui embrasse souvent toutes les couronnes, les- paturons et le boulet en même temps; d’autres fois l’engorgement •monte jusqu’à la partie supérieure du canon, et occasione une fièvre générale , qui fait beaucoup souffrir l’animal, l’empêche de ruminer, le rend triste, dégoûté, et le fait maigrir. Ces deux premières variétés de javarts déterminent fréquemment la chute d’une grande portioh de
peau, et compliquent d’autant plus la maladie. Le javart tendineux donne souvent lieu à la formation d’un bourbillon, dont la chute laisse à découvert une plaie plus ou moins profonde. La matière purulente fuse quelquefois entre les os des paturons et nécessite de grandes ouvertures. Par son séjour trop prolongé, le pus peut altérer le ligament interdigité, compliquer l’affection et la rendre même incurable. Le javart encorné fait des progrès rapides , et occasione en peu de temps la chute du sabot , à moins que l’on ne prenne des moyens pour arrêter sa marche et obtenir la guérison. Dans ces circonstances , il importe de faire des délabremens et de grandes plaies , que l’on soigne comme celles du javart encorné du cheval.
§ 6. Le piétin.
Le piétin, affection particulière aux bêtes à laine, consiste dans le développement d’un ulcère sous-ongulé, qui intéresse d’abord exclusivement le sabot, altère progressivement les parties intérieures, et finit, si l’on n’en arrête la marche , par détériorer le pied. Deux ou trois jours avant que la partie malade ne devienne Chaude et que l’animal ne boite,
l’oncle se décolle vers le biseau, et la désunion se lait remarquer le plus souvent en talon, quelquefois à la face interne de l’onglon et rarement à sa face antérieure et externe. Si l’on enlève la portion de corne décollée, les parties sous-jacentes ne paraissent pas sensiblement affectées; elles se présentent dans leur état normal, et sont seulement recouvertes d’un épiderme très-fin, légèrement lubrifié par un fluide oléagineux , dont l’excrétion augmente peu à peu et qui acquiert par suite une odeur forteet désagréable. Cette séparation, qui prend insensiblement de l’étendue, ne peut être que le résultat d’une inflammation particulière, d’une altération primitive quelconque ; elle précède constamment la formation de 1 ulcère, qui s’annonce par une légère tuméfaction , s’établit sans abcès et tend toujours à creuser. Le pied devient de plus en plus chaud et douloureux; en même temps l’ulcération s’étend, prend un caractère fongueux, et la portion d’ongle détachée se durcit, se gerce, se fendille dans une direction parallèle à la couronne.. .
M. Favre, duquel nous avons beaucoup emprunté pour cette description, ajoute avec raison que la partie altérée du sabot se contourne légèrement en volute irrégulière, et que la tu-
métaclion projette l'ongle eu avant; ce qui fait paraître le doigt plus long:
La douleur étant aiguë et continuelle, les bêtes dépérissent promptement; elles boitent toujours de plus en plus et cessent même de s’appuyer sur le membre malade; si les deux pieds de devant sont attaqués, elles marchent et se traînent sur les genoux ; lorsque tous les quatre sont aflêctés en même temps, elles restent couchées sur le coté, et elles continuent à manger en cet état, jusqu’à ce que la mort vienne mettre un terme à leurs souffrances.
A une certaine époque, la presque totalité du tissu sous-ongulé n’offre plus qu’un putrilage, au milieu duquel s’élèvent des fongosités, et quelquefois,, mais rarement, des exubérances carcinomateuses. La carie du dernier phalangien et des Hgamens, les abcès et les fistules qui ont lieu aux couronnes, compliquent parfois la maladie ; la plaie donne une odeur infecte; les parties blanches, ligamenteuses et tendineuses se détachent; l’onglon tombe, et les désordres gagnent progressivement les parties supérieures.
[.es boues âcres, les litières imprégnées d’urine et d’excrémcns sont considérées comme
susceptibles île développer le piétin, de l’entretenir et de l’aggraver. I /opinion générale est que les saisons humides contribuent à la propagation de cette maladie; la contagion semblerait aussi y participer et en être même la cause principale. Toutefois il est certain que l’affection règne toujours épizootiquement ; qu’elle attaque la presque totalité des bêtes de la troupe dans laquelle elle se manifeste, et que les animaux peuvent en être atteints plusieurs fois.
La question de la contagion, mise au concours, en 1818, par la Société royale et centrale d’ Agriculture, donna lieu à un travail trèsremarquable, qui fut imprimé en i8a5, et dont l’auteur, M. Favre, vétérinaire très-distingué, établi en Suisse , se prononça pour l’affirmative. Nonobstant les preuves rapportées à l’appui de cette opinion , corroborées par les observations de Fictet, de MM. Gasparin, Veilhan et autres, les commissaires ne se crurent pas suffisamment éclairés pour porter un jugement contre ou en faveur de la contagion; ils se bornèrent à déclarer que , d’après de fortes présomptions , la maladie peut se communiquer; et ce point important de la médecine vétérinaire n'a pas été résolu affirmativement. Les opinions sont encore partagées; mais la
balance semble pencher aujourd’hui pour la non-contagion.
Un fait sur lequel on s’accorde assez généralement, c’est que le piétin a été importé en France par les mérinos, et l’on a long-temps cru que les animaux de pure race indigène en étaient exempts. Les expériences rapportées par M. Favre prouvent que l’inoculation développe la maladie aussi bien dans les individus du pays que dans les mérinos et les métis. Ces résultats ne s’accordent cependant pas avec les nombreuses observations qui ont été recueillies postérieurement , et ne font que confirmer la première induction.
Le piétin, étant une affection purement locale, n’exige ni remèdes internes, ni traitement particulier; il requiert simplement une opération chirurgicale, qui consiste dans le retianchement de là corne detachee, ainsi que des tissus désorganisés. Cette opération, qui suffirait seule quelquefois pour déterminer une gué rison parfaite, doit être exécutée le plus promptement possible, sur-tout aux pieds de derrière, où la maladie fait toujours de plus grands ravages. En retranchant ainsi la corne désunie e> altérée , 1 on debarrasse le pied de côrps étrangers, qui gênaient, comprimaient les parties
vives sous-jacentes, et entretenaient la douleur. Le but de l’opération du piétin est conséquemment d’établir une plaie simple et de solliciter une bonne poussé de corne. On enlève par tranches toute la portion d’ongle désunie; il faut aussi amputer les chairs fdandreuses; mais ces manœuvres doivent s’effectuer, autant que possible, sans effusion de sang et sans causer de douleur à l'animal. On a soin de retrancher l’ongle en pince, en faisant bien attention de ne pas arriver trop près du vif, afin de ne pas atteindre la division de l’artère plantaire, qui passe en cet endroit : l’ouverture du vaisseau donne toujours lieu à une forte hémorrhagie, et cette circonstance retarde la guérison. On applique sur la plaie, préalablement mouillée avec de la salive ou avec de l’eau , un peu de poudre de vert-de-gris ou de vitriol bleu, et l’on proportionne la quantité de cette poudre à l’étendue et à la gravité du mal. Si les désordres sont considérables, il faut envelopper le pied avec des étoupes, que l’on contourne et assujettit autour des couronnes. On peut même, dans ces cas, substituer avantageusement aux poudres caustiques l’onguent égyptiac, dont on charge la partie de la filasse qui doit être en contact avec la plaie; et l’on aug-
mente ou l’on affaiblit l’activité de ce médicament* suivant l’état du mal et selon les règles indiquées à l’article de la limace. Toutes les fois que la plaie, peu étendue, n’exige pas le secours d’un appareil, on obtient une guérison plus prompte et tout aussi parfaite. Si la bête opérée marche dans des endroits humides, et que l’étoupe qu’elle porte au pied se mouille, il faut renouveler tous les jours le petit appareil; mais si le pied reste sec, le pansement ne se fera que tous les deux jours; à chaque pansement ou visite , l’on aura la précaution d'enlever toutes les nouvelles portions de corne détachées, et l’on saupoudrera, comme il a été dit ci-dessus, les parties qui pourront être mises à découvert.
L’opération dont il s’agit ne saurait jamais être pratiquée trop tôt; on doit y recourir dès le commencement même de la maladie. En procédant de cette manière, l’on délivre efr peu de temps la' troupe d’une affection qui, étant négligée ou mal traitée, dure long-temps, produit l’amaigrissement, le dépérissement de la plupart des bêtes et la mort de quelques-unes.
four favoriser les succès de l’opération et hâter la guérison, il importe de soustraire les animaux à l’influence pernicieuse des boues, de
l’urine et de toute autre humidité. Si la saison est pluvieuse ou que les lieux du parcours soient humides, il conviendrait de retenir les bêtes à la bergerie ; toutefois elles doivent rentrer pour la couchée. Leurs habitations seront appropriées et débarrassées des fumiers dont elles sont d’ordinaire encombrées, et l’on y fera faire une litière assez bonne pour que les pieds soient secs et exempts d’humidité. Quant aux animaux gravement affectés, qui ne peuvent s’appuyer sur les pieds malades ou qui boitent fortement, ils doivent rester à la bergerie : la marche les fatiguerait et leur deviendrait nuisible.
■ • *. - § 7. Le fourchet.
Le fourchet, affection propre aux bisulques pourvus d’un canal biflexe interdigité, diffère de la limace et du piétin autant par son siège que par les caractères qui lui appartiennent. Le$ deux dernières maladies sont essentiellement ulcéreuses ; l’une se développe et réside sous l’ongle , l’autre s’établit dans la peau de la bifurcation du pied et tend toujours à creuser. Le fourchet consiste dans l’altération du réservoir folliculaire cutané, donne lieu, au suintement d’une humeur qui s’y accumule, et qui ,
par son séjour, occasione diflercns désordres qui nécessitent parfois l’ablation de la poche. 11 s’annonce toujours par une inflammation , qui donne lieu à un gonflement plus ou moins fort et étendu. Borné d’abord à l’entre-deux des doigts, ce gonflement inflammatoire gagne peu à peu le pourtour du canal biflexe, et finit par embrasser les couronnes et les paturons ; dès le principe, il donne lieu à la boiterie, qui augmente en raison des douleurs et des désordres intérieurs. La tuméfaction est toujours plus considérable, plus marquée autour de l’orifice . du réservoir interdigité, d’où sort une humeur séreuse dans les premiers temps, puis séro-purulente et fétide. Le mal continuant à faire des progrès, le canal folliculaire s’engorge, s’ulcère, devient foyer d’abcès et s’élève d’entre les deux os des couronnes , comme un bourbillon de l’intérieur duquel s’échappe une matière purulo - sanieu.se. Les souffrances sont alors excessives, et elles déterminent tous les dérangemens que nous avons signalés à l’article du piétin. Le fourchet se complique souvent de l’ulcération de la peau qui tapisse le fond de la bifurcation du pied , ainsi que de celle des tendons et ligamens, et il sc termine quelquefois
par la gangrène, sur-tout lorsque la maladie est abandonnée à elle-même.
Le plus souvent l’affection n’attaque qu’un seul pied, et l’animal marche sur trois jambes assez facilement; d’autres fois elle se montre aux deux pieds de devant ou de derrière, et jamais à tous les quatre en même temps. Elle se manifeste en toute saison , mais plus particulièrement pendant les grandes chaleurs et les longues sécheresses, et elle est en général plus fréquente dans les troupeaux que l’on conduit journellement sur des parcours arides , secs, pierreux et échauffés parle soleil. Ces conditions , si favorables à son développement, peuvent aussi en devenir les Causes essentielles : par l’efl’et de la chaleur et de la marche continuelle sur des terrains durs , l’humeur sébacée du canal interdigité doit nécessairement s’épaissir, se concréter, s’altérer de diverses manières et devenir corps irritant, susceptible d’exciter une inflammation locale, en un mot d’établir le fourebet. La poussière, la boue elles autres corps étrangers, introduits accidentellement dans le canal, peuvent produire les mêmes résultats. L inflammation de la bifurcation du pied peut: .également occasioncr la maladie.
Le fourchet parait être plus commun dans les déparlemens méridionaux que vers le nord de la France. Cliabert rapporte (i) qu’il se montre enzootiquement sur les bords de la Gironde, dans le Bas-Médoc, sur les bords de la mer, dans les Pyrénées, dans les montagnes d’Auvergne, etc., et qu’il se manifeste quelquefois dans plusieurs troupeaux en même temps, forme des sortes d’épizooties et semble se propager par contagion; mais ce mode de transmission est contraire à toutes les observations recueillies jusqu’à présent. Toutes les fois que l’alfection attaque un grand nombre d’individus, c’est que tous les animaux ont été exposés aux mêmes influences , et que les uns succombent sous l’action des agens délétères , tandis que quelques autres leur résistent.
Le traitement doit toujours varier, suivant le degré où la maladie se trouve portée. Lorsqu’elle est encore à son début, l’inflammation locale peut se dissiper par des lotions éniol- . lientes et par quelques soins hygiéniques, qui auront pour but de soustraire le pied aux in-
(l) Du Fourche t dont les bâtes ù cornes, par Cliabert.
Instructions et Obsçnalions sur les maladies des animaux domestiques . Année ' J 793, page 177. * 1
fluences pernicieuses. Ces premiers moyens étant insuffisans , on aura recours aux lotions composées avec le sous-acétate de plomb liquide (extrait de Saturne), étendu dans de l’eau bien froide , ou avec une dissolution de proto-sulfate de fer ( couperose verte). Lorsqu’il y a du gonflement et de la chaleur aux parties environnantes, on seconde les lotions par l’application d’un cataplasme astringent , dont on enveloppe tout le pied jusqu’au milieu du canon, et que l’on assujettit avec une ficelle ou ligature. Ce cataplasme se compose ordinairement de suie de cheminée, passée au tamis et liée avec une suffisante quantité de vinaigre. Si l’engorgement est considérable et accompagné de tension des tissus, il faut pratiquer quelques scarifications autour de la couronne, afin de produire le dégorgement des parties , de rétablir l’activité du mouvement circulatoire et de prévenir ainsi le développement de la gangrène. Dès que les parties ont repris une certaine souplesse, il convient d'employer les cataplasmes émollieus, et de les asperger avec l’acétate de plomb liquide, afin de les rendre assez actifs pouf qu’ils rétablissent l’action des tissus et qu’ils aident le dégorgement.
L’ulcération du canal , son engorgement par
l’accumulation de la matière purulente, peuvent entretenir l’irritation et empêcher la guérison ; il faut, dans ce cas, effectuer, sans balancer, l’ablation de ce réservoir devenu en quelque sorte corps étranger. Cette opération du fourchet se pratique avec un scalpel droit, une érigne et une pince à dissection ; elle n’exige nulle autre précaution préparatoire que celle de dégorger les parties, et elle s’exécute de deux manières. Lorsque le canal , gorgé de matières, tait une forte saillie à la face antérieure de la région digitée, on le circonscrit par une incision circulaire , qui comprend toute l’épaisseur de la peau , on le saisit ensuite avec l’érigne ou avefc la pince, et on le retire eu dehors. Son extraction est facile et ne demande d’autre précaution que de couper les filamens, qui tiennent un peu fortement entre les-os des couronnes. Si, au lieu d’être proéminent, le canal forme un enfoncement ou se trouve seulement au niveau des autres parties , l'on doit commencer par faire une incision longitudinale, qui partira de l’ouverture même du réservoir , et se prolongera en haut danâ la longueur d’environ un pouce et demi. Après cette incision, on fait tenir les deux onglons bien écartés; on enfonce le bout du manche du scalpel entre les os des
couronnes, on fait agir l'instrument de manière à déchirer le tissu lamineux et à découvrir la poche cutanée , que l’on se propose d’enlever : celle-ci étant prise avec la pince est retirée et renversée en dehors ; après quoi , ou la coupe pour la séparer de la peau, et l’opération se trouve effectuée. M. Favre conseille de saigner la partie dans un seau d’eau fraîche, pendant cinq ou six minutes. Après, on procède au pansement avec des plumasseaux gradués et imbibés d’eau de-vie j on enveloppe tout le bas du membre de plumasseaux trempés dans de l’eau salée et vinaigrée , en ayant soin de passer quelques-uns de ces plumasseaux entre les onglons ; l’on maintient l’étoupade avec un linge que 1 on applique par-dessus et que I on fixe au moyen de quelques points de suture. Ce mode d’assujettissement est préférable à l’emploi des cordes et autres ligatures, qui serrent et étranglent quelquefois la partie au point de donner lieu à la gangrène et d’entraîner à la mort.
Les pansemenssubséquens seront les mêmes que ceux-ci ; ils auront lieu tous les jours, et la maladie arrivera à une prompte guérison.
L’affection sc trOuve-t-clle compliquée du décollement d'une partie des sabots , l’on doit amputer, par tranches sycccssÿvcs , toute la
corne désunie, ainsi que les cliairs baveuses et (ilandreuscs qui se trouveront par-dessous. Ce retranchement s'effectue avec une petite feuille de sauge et de la même manière que celle qui est prescrite pour l’opération du piétin. Le pansement et les soins subsequens sont les mêmes que ceux qui ont déjà été indiqués, et l’opération, quoique compliquée, ne rend pas la cure sensiblement plus longue.
Les animaux opérés doivent être retenus à la bergerie, y être nourris sobrement et abreuvés d’eau limpide, légèrement acidulée, mais non au point de rebuter les bêtes et de les empêcher de boire. Des breuvages d’eau, tiède vinaigrée seront administrés aux individus gravement affectés, qui refuseraient de prendre d’eux-mêmes la boisson.
APrEXDICE. i •
Nous venons de faire connaître les principales maladies qui se manifestent aux pieds des animaux didacty les, et dont quelques-unes leur sont exclusives. Nous eussions pu étendre ce tableau, soit en rappelant toutes les affections communes aux monodactyles, soit en faisant l’historique des diverses altérations qui peuvent survenir accidentellement. Nous avions d’abord conçu l’i-
dée deconsacrer un arlicleaux ulcérations, suile des phlyçtèncs qui s’établissent autour de la bifurcation du pied fourchu et se montrent en même temps à la bouche. Comme ces lésions ne sont que des complications, des signes particuliers de la maladie aphtheuse qui régna épizootiquemenl, en France, dans les années 1810 et i8n , maladie que M. Favre propose de désigner sous le nom de phlycténée glosso-pède ,
il eût fallu donner l’histoire de l’affection
principale, et dépasser les bornes prescrites à un simple Traité du pied; cette considération nous a déterminé à ne faire qu’une simple mention de ces ampoules digitées, et cette indication ne pouvait ètro mieux placée que dans un appendice à la description des maladies du pied didactyle.
La chaleur, la douleur et la rougeur annoncent la formation de la phlyctène dont il s’agit, et qui s’établit entre les deux onglons. Cette vésicule ou ampoule ne tarde pas à se crever, laisse échapper une humeur limpide, parfois jaunâtre, mais nullement corrosive, et donne lieu à un petit ulcère dont les bords sont comme déchirés. Ces ulcérations restent stationnaires pendant quelques jours , et tendent ensuite à la cicatrisation, qui se complète en
peu de temps. Quelques lotions Légèrement détersives oü astringentes et la propreté sullisent pour en favoriser la guérison. Lia période inflammatoire, étant la plus douloureuse, exige quelques soins particuliers , comme de retenir les animaux à l’habitation , et de leur mettre les pieds sur une bonne litière. Les cataplasmes et les bains émolliens conviendraient aussi pour apaiser l’inflammation ; mais ces moyens ne peuvent être mis en usage sur les bêtes à laine que lorsque le nombre des malades est très-peu considérable.