‹ Traité du système nerveux dans l'état actuel de la scienceChapitre 31 sur 63 · MASS AG K · texte numérisé non relu

MASS AG K

dans les affections douloureuses, soit de la branche sus-maxillaire, soit de la frontale de la 5e paire, ces accès d’une douleur extrêmementintense, ou de mouvements fasciaux désordonnés, se trouvent instantanément arrêtés par une compression exercée sur le rameau, siège du désordre.

On sait que les expériences tentées par M. Magendie, pour découvrir les fonctions de la 5e paire , lui ont été indiquées par des compressions de tumeurs sur le trajet de ce nerf, observées par M. Serres, lesquelles avaient paralysé ces rameaux en abolissant leurs fonctions.

Les compressions partout où elles peuvent s’exercer sur les rameaux , ayant en-dessous un point d’appui offert par les os , ou pouvant être affectées entre des branches d’instruments , agissant sans intéresser une certaine quantité de parties molles environnantes, sont des moyens efficaces pour réprimer l’influx nerveux désordonné, qui se manifeste dans certaines branches de nerfs , et qui occasionent ces névralgies ou ces convulsions partielles qui n’ont aucun rapport avec les centres du système.

On sait que les compressions des hémisphères cérébraux , abolissent instantanément toute conscience, tout jugement et toute volilion , qu’elles provoquent l’état comateux ( Voyez lre partie cerveau et harmonies) .

Massage, et de la percussion musculaire .

Le massage est employé dans les cas où le mouvement et la sensibilité sont lésés, surtout d’une manière chronique.

Le procédé par lequel on pétrit en quelque sorte les muscles, en les malaxant doucement entre les doigts, procédé emprunté aux Orientaux, et employé de temps immémorial par eux, con-* siste à soumettre les muscles à une pression mesurée (et pour laquelle la sensation sert de guide), à faire jouer en tous sens, et avec plus ou moins de force, les surfaces articulaires, de manière à éloigner et à rapprocher mécaniquement les points d’attache des muscles et des ligaments, à frapper doucement avec le bord de la main les parties les plus charnues des membres, à exercer sur la peau des frictions manuelles , et de légers pincements à l’aide dequels on fait sortir de la cavité des cryptes sébacés, l’espèce de suif qu’ils contiennent.

Le massage s’exerce ordinairement à une température trèsélevée (25 à 55° R.), soit dans une étuve sèche, soit dans une étuve humide, ou soit dans le bain. Le médecin peut

7 \ AGENTS PHYSIQUES

\t»i ici à son grc !a température de l’cluve, et modifier de bien des manières, le milieu dans lequel le malade est placé pendant ou avant le massage. Le luxe et ia sensualité ont inventé mille moyens accessoires, dont on peut aisément se faire une idée dans le magnifique établissement des néolhermes , construit par le docteur Bouland , et si habilement disposé par lui, pour toutes les nécessités, dans tous les cas pathologiques et hygiéniques qui réclament leur emploi.

Le massage, en tant que moyen hygiénique, est employé chez presque tous les peuples de l’Orient , et dans le nord de l’Europe. Les personnes qui s’y soumettent, éprouvent par cette manœuvre une indiscible sensation de bien-être et d’excitation; il semble à ceux qui sont débilités et raidis par les maladies, la fatigue ou par l’âge, que l’élasticité musculaire de la jeunesse, se réveille sous la main qui les presse, que les forces se rétablissent, que le jeu de toutes les fonctions s’exerce plus librement. La fatigue surtout qui résulte de l’abus delà marche, de la veille, ou des plaisirs de l’amour, disparaît pendant l’acte même du massage.

Il est difficile de croire qu’un pareil moyen n’ait pas une influence puissante sur l’homme malade; c’est ce que nous examinerons en thérapeutique.

En me rendant un compte physiologique de l’action modificatrice du massage par pression employé ordinairement, et ayant égard au sentiment de bien-être éprouvé et à la prompte disparition de la laligue par le déplacement d’un membre qui est long-temps resté dans une position invariable, ou, ce qui revient peut-être au même, qui a été long-temps exercé d’une manière semblable. J’ai pensé que tout ébranlement passivement impriméaux organes musculaires, sans trop intéresser leur irritabilité et en changeant le mode d'action , pourrait avoir un résultat salutaire; d’autant plus que j’ai cru remarquer, que si une douleur dont un membre affecté, enchaîne (comme il arrive souvent (1), le mouvement que l’on exerce sous l’influence de la volonté, dans la direction naturelle des fibres charnues, un mouvement imprimé en sens contraire, et par conséquent au moyen d’une force étrangère, rétablissait la sensibilité dans son état d’intégrité, et redonnait l’aptitude aux mouvements naturels et volontaires.

(1) Voyez Harmonies de mouvement, l'3 partie.

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