‹ Traité du verbeChapitre 1 sur 3 · NOV · texte numérisé non relu

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Tout , au long de ce cahier écrit par M. Ghil, s'ordonne en 'vertu d'une vue, la vraie : le titre Traité do Vkrbe et les lois par maint avouées à soi seul , qui fixent ««e ^:ri/uW/e Instrumentation parlée .

Le rêveur de quif'e tiens le manuscrit fait pour s'évaporer parmi la désuétude de coussins ployés sous l'hôte du château d'Usher ou vêtir une reliure lapidaire aux sceaux de notre des Esseintes , permet que d'une pa^ ou moins d" Avant-dire ^ je marque le point singulier de sa pensée au moment où il entend la publier.

Un désir indéniable â Vépoque est de séparer, comme en vue d'attributions différentes^ le double état de la parole, brut ou immédiat ici, là essentiel.

Narrer, enseigner, même décrire, cela va et encore qu'à

chacun suffirait peut-être ^pour échanger toute pensée humaine^ de prendre ou de mettre dans la main d* autrui en silence une pièce de monnaie^ remploi élémentaire du discours dessert V universel reportage dont , la Littérature exceptée , participe tout^ entre les genres d'écrits contemporains.

A quoi bon la merveille de transposer un fait de nature en sa presque disparition vibratoire selon le jeu de la parole cependant y si ce n'est pour qu'en émane y sans la gêne d'un proche ou concret rappel, la notion pure?

Je dis : une fleur ! et , hors de l'oubli où ma voix relègue aucun contour, en tant que quelque chose d'autre que les calices sus, musicalement se lève, idée rieuse ou altière^ l'absente de tous bouquets .

Au contraire d'une fonction de numéraire facile et représentatif, comme le traite d'abord la foule , le parler qui est , après tout, rêve et chant, retrouve che^ le poète, par nécessite constitutive d'un art coftsacré aux fictions^ sa virtualité.

Le vers qui de plusieurs vocables refait un mot total, neuf étranger à la langue et comme incantatoire, achève cet isolement de la parole : niant ^ d'un trait souveraineté hasard demeuré aux termes malgré V artifice de leur retrempe alternée en le sens et la sonorité ^ et vous cause cette surprise de n'avoir

ouï jamais tel fragment ordinaire d'élocution , en même temps que la réminiscence de l'objet nommé baigne dans une clairvoyante atmosphère.

L'ensemble de feuillets qui espace autour de pareille visée de délicieuses recherches dans tout l'arcane verbal, a de l'authenticité, non moins qu'il s'ouvre à Pheure bonne.

STÉPHANE MALLAIiMÉ

A Quelques-uns, hautains et humbles vouloirs que sacre une tristesse quand ils songent à TArt qui n^agenouille maint fervent, le salut du poète dont ils ne dédaignèrent le livre, né, malgré de TAvant-propos mis à de premières pages l'héroïque déraison par eux généreusement négligée pour aller droit aux Vers, Tamour un peu de ces esprits.

Quand la Méthode est déierminée et lorsque je respire en TadcqusCe possession de mon idée, quelques mots sont à dire de l'œuvre qu'elle réglera : les livres, put Tifrp» /liv^r», mois logiquement et évidemment liés qui sous 1 — > légendes de Rêve

et deSang» — s'harmonieri

Au Terme par mon signt seront : mais ^u'à mon

caprice cher l'on n'en veuil leine ouverture du des-

sein quantJU dernier il me son doigt rappelant le

respect au silence saint.

Avec une naiveië glorieuse auis des gestes de la Vie

le désir s'énamoura de les touiv- ..iwhïuh. les inextricablesgloires rameuses I en l'horizon de mes lointaines pages.

Savoir éluder et savoir élire sont le propre de vieillir. Or le laps de mois, il me semble que les rivières, des saisons, se sont fleuries et désolées, et que des ans sur mes épaules se sont aggravés : depuis l'heure où, ne discernant des deux phrases au latin rude (Propier solum uterutn, mulier est id quod est. Toius homo semen est) la simple et dernière vérité, aveuglément, moi qut voudrais en la magnétique atmosphère des Etres émanée donner du Vivre l'intime et rythmique symbole et sa raison sereine, je m'engageai aux détails oiseux.

Car la seule digne Histoire du sang et du rêve, n'est-ce pas, de Tinitial Tressaillement du prime plasma qui veut sentir à l'extase de l'Homme génial, de la dualité alvine et idéale qui, dans l'Amativité, s'angoisse de ne pouvoir goûter, égoïste, le victorieux repos d'animal ou de mage, l'exposé divers.

Sous les détails, intérêts tristes par la digression des Civilisations nues, au sanglot du désir de Tout seule et puissante vit l'éternelle Tendresse, oui, qui épand la Vie ou, ardemment stérile, sourd pour le rêve des Ames : et c'est pourquoi de l'essentielle Amativité, sang et rêve, mes c légendes > [seront l'agitation intestine, disant vers

l'apothéose concluante élu par ta sévère 'déduction un Vainqueur s'ériger.

Sans visage et sans âme, aux énormités du Ricn-encore, en la vaporeuse stupeur de la Terre première, d'une palpitation advient le Désir seul d'être et de multiplier : et parmi les époques de végétations en rut de vagues et montueuz amours accomplissent la loi d'où sort le Mieux. Mais les âges luiront, où, par les portées meilleures, à la noble attitude s'étant levée, du regard vers l'aurore, de l'Homme et son Amante soupçonnant le Baiser s'en ira sur la route sentimentale la prime allée songeusement amoureuse.

Qui, aux monstrueux paradis, à leurs genèses assista, du sang et du rêve désormais le moderne regard notera la lutte ; et passeront sous le regard l'Homme présent et l'Amie.

Tendre émoi de l'ignare sommeil, onde sur l'onde et vent aux rameaux, s'étonnant de l'antagonisme l'Adolescence écoute en les plumes des cieux monter l'orage : et le heurt des cris de l'Age^mûr appelle : et du malaise silencieux d'eau morte sur les Ans-de-retour plane : et sur la Vieillesse qui, se remémorant, s'en va, implore le doute interrogateur d'une méditation qui de moins en moins évague ; quand à l'interrogation qui n'est sûre du Vainqueur par le retour aux souvenirs une réponse quasi-pleine est donnée, permettant d'ouvrir à la lumière le livre dernier.

Si me garde la Vie, et, prenant pitié duTravaïlleur, vaillante voilà l'oeuvre qui sera : après ma Poétique, ma Poésie.

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