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L'INSTRUMENTATION

A Francis Poictktim

Plus longtemps séjourner en l'espoir ne serait séant, quand se peut l'éveil de quelqu'un inquiéter de cette musique des Vers rêvée, l'Instfumentation où se dissimule mon aimé secret : que l'œuvre, seul révélateur sans hésitation, dévoilera peut-être, pour laquelle en tout atnour de l'Art je me clos à toute inanité séduisante.

Or sans plus d'égoïste rêverie que se montre i l'Inquiet, aussi nue que se pourra, mon intime pensée.

Indéniable maintenant, voire de )a Saence autopsié, peint ses gammes le Fait de l'Audition Colorée, miraculeuse montée vers les heures loinuines qu'avec humilité nous souhaitons, où tous les Arts inconsciemment impies reviendront se perdre en la totale Communion ; la Musique épouvantante qui intronise la Divinité seule. Poésie.

A moi, non, de m'enquërir de la cause : une phase, sans doute, d'une évolution progressive de nos sens élevés.

Cest assez que me soient des esprits pour qui la Musique n'est que sompmosité de ubleauz, tes sons haats ou graves n'étant que Couleurs triomphales, innocentes ou s'impregnant de mélancolie : et.

eatcndant avec amour ce poite, Wahiibk, Tel Toh (Uoi « Tritom et Iseult ■ des orgueils de fcûrCts verdir, et de tim l'épandre, et d'otagt^ se lamenter en la victorieuse ventée det accords ; et Tel autre, dans ■ Loheogrin n, au son îogfoa de doucM Trompettes scetirs disant sur des tours l'aube évaporés, contemple sur la plaine ïase et tcr tendre un maiin rose et d'ot tamtnt ven le jotir deviné d'un encens pur de Féies, Toi qui t'inquiétas, vettllle cetBoir : des tons te sont vus.

Or, si le Son peut être traduit en Coalenr, la Cmilear peut se traduire en Son, et aussitôt en timbre d^iutrameot. Toute la Trouvaille est Ift'g

Idéalement en la solitude de mon songe a surgi le Poète par m<ri voulu, doué du don nouveau (il existe autre que l'ordinaire don du poète phraseur) que pour ma réelle personne j'appelle.

Ce Poète musical, musicien nullement, de l'unique idée hantimt ses vouloirs n'aura la peur : comparant sans s'évader de sa manie voir et entendre, et sans désespoir, après que, les heures, il aura oui l'âme suggestive du Très-grand, Wagner! Les spectacles pour lui seront, dont les strophes sont à distinguer, une éternelle rumeur silencieuse : et l'aurore viendra où sans la prime sueur un paysage, ô gloire I sous le ciel harmonieux se jouera, dans d'invisibles Cuivres et Bois, sur d'iavi&tbles Cordes!

Cet instant, le poète étouffant de rythmes ne sera qu'un Musicien impuissant : car il ne sait une note, et pourtant il veut dire cet orient orchestral sous ses tempes luttant.

Alors, dans les Cuivres, les Bois, les Cordes qui le ravissent, par l'étroit et subtil rapprochement des Couleurs, des Timbres et des Voyelles il épiera la Parole humaine la moins pauvrement concordante, aux mots sonnant en notes.

Mais de Pldéal de trop d'envie me faisant souffrir, au réel et humble Tentateur que me voici je reviens : et c'est, si vous n'êtes point

las, pour narrer le résultat Je ma sévère investigation parmi l'Orchestre et le Pays, osant ne me pas angoisser d'expériences à venir.

Dans la nuit d'un Passé s'abolissani mais qui est à vénérer, pour l'aube malaisée d'un Futur entendez poindre les Timbres.

Constatant les souverainetés les Harpes sont blanches; et bleus sont les Violons mollis souvent d'une phosphorescence pour surmener les paroxysmes ; en la plénitudes des ovations les Cuivres sont rouges ; les f'iûies, jaunes, qui modulent l'ingénu s'étonnant de la lueur des lèvres ; et, sourdeur de la Terre et des Chairs, synthèse simplement des seuls Instruments simples les Orgues toutes noires plangorent.

Que surgissent, maintenant ! les Couleurs des Voyelles sonnant le mystère primordial: et, sans plus loin aller je saluerai, de stricte magnificence, le « sonnet » du poète maudîl Arthur Rimbaud, formulant la Théorie du Maître qui des Nuances se réjouit, Paul Verlaine.

Or il ne vit que l'on pouvait plus hardiment pénétrer en l'Arcane. et les Voyelles qui devenaient Couleurs, les lever à l'ultime progrès d'Instruments résonnants, logiquement domptés. Lui, Paul Verlaine, ainsi qu'un vague rêve que l'on voudrait à l'oubli disputer, l'a de plus en plus deviné, sans pourtant ordonner que la lueur arrive. Mais vile disons quelle Marche légèrement triomphale le doux Trouvère s'est sonnée, tout dissonnances douces et sourires puérilement amoureux et murmures, vers les demains.

Car l'Art de peindre, si impressioniste soit-il : ce n'est plus déjà le jaloux secret des Vers adorés I j'en atteste, née de la prose, toute cette palette de^ < Songes > diaprée.

El d'ARTHOR Rimbaud la vision doit être revue : ne l'exigerait que l'erreur sans pitié d'avoir sous la Voyelle sî évidemment simple, l'U, mis une couleur composée, le vert.

Colorées ainsi se prouvent i non fegard ezMipt d'antérieur avmitglement les Cinq :

A, noir ; E, blanc ; I, Uen ; O, rouge ; V, jaune ;

dans la très calme royauté de Cinq daiablei lieux sMpanouissant monde aux soleils: mais TA étrange en qui s*étouffe des Quatre autres la propre gloire, pcnir ce qu'ftant le désert il implique toutes les présences.

D'où, à l'esprit qui me suivit (introuiilé désormais si des Instruments pères lui sont présentes les Couleurs, plus haut régnantes) selon la logique apparaît la oûnclusion Toulue, disant :

A, les orgues ; E, les harpes ; I, les violons ; O, les cuivres; U, les flûtes ;

et : c'est en allant quérir selon Tordre de ma vision chantante les mots où le plus souvent se nombre la Voyelle maîtresse demandée, que rimmatérielle obéissance vibrera de l'Instrument au timbre qui sied.

Cependant la seule origine est là, de même que les Voyelles sont de la langue la genèse ; et Ton veut au plus profond comme au plus haut se perdre dans l'épars souffle aussi des Accords dilués : et la moins grande ingénuité des Diphtongues et des Voyelles composées est appelée assurant :

que lé, iB et ieu seront pour les Violons angoissés ; ou, lou, ui et OUI pour les Flûtes aprilines ; aé, oé et in pour les Harpes rassérénant les Cieux ; oi, lo et on pour les Cuivres glorieux ; lA, Âk, OA, UA, ouA, AN et OUAN pour les Orgues hiératiques.

Mais, plus, autour de ces sons, se grouperont : pour les Harpes, les T et D stériles, et Taspirée h, et les g durs et mats ; pour les Violons, les s et les z loin aiguisés, et les ll mouillées et dolentes et les v priants ; pour les Cuivres, les âpres r ; pour les Flûtes, les graciles l simples, et les enfantins j, et Vv soupirante ; pour les Orgues, les m et n prolongeant un mouvement muable lourdement : plus s'entendra par le matin poétique Taubade de mon désir !

Quoique, au risque de ma joie tuée, une voix m'interrompe : amie vraiment et qui tantôt sans doute, si je m affaisse en deuiU se trempera de larmes, puisque de mon intime vouloir elle se souvient :

Que le poète, dit-elle, soit un regardeur delà vie! il n'aura pas que paysages à noter, mais des attitudes la révélation^ les gestes éternels, ' et le remuement vague de Tâme, arôme des sensations.

Aussi notera-t-il la vie. Car attitudes, gestes, sensations et pensées peuvent au Rythme se réduire. Lui, ce Rythme, ressort de la diffusion diaprée des timbres, en tant que ce que d'un vol puissant peut comme étreindre la main humaine, mélodieux ensemble de motifs, dans le flottant tissu musical I

Tout rythme confine dès lors à d'éparses couleurs sonores qu'il synthétise, et tout spectacle de corps vivants n'est qu'un décor oui.

Hélas, que se meuvent au loin de Clairs-obscurs ! mais, ainsi que le présumait un prudent regard, à l'œuvre seule d'irradier aux angles, soleil inéluctable.

Car l'on sent qu'au seul vouloir du Prédestiné, concorderont pour le Drame lyrique toutes les inattendues vibrations des Timbres inénarrables. En quelque phrase un Violon seulement ne sera pas ouï, mais grandissent les Violons et Violes ; et par le subtil mariage des nobles voyelles, en la phrase alterneront vraiment, se mêleront aussi sans se léser les frais soupirs encore des Bois, et le vent de magnifi-

cence des Cuivres, et le serein tfaHmieiit des Cordes ions ks doigts seigneurs.

Sans paradoxe (le voit asses ane consdiMure) pour Tlnitié digne d'envie un Poème, ainsi, devient un vrai morceau de musique, suggestive infiniment et € s*instrumenttmt» seule: musique de mots évocateurs d'images-colorées» sans qu'en souffirent en rien, que Ton s'en souvienne t les Idées.

Invincibilité devant le péché, d'ailleurs, si le Poème est de trame excellente ; puisque notre musique, toute vision par ses couleurs qui chantent elle-même la compose pour l'immanquable dâiVranoeéter* nelle de l'Idée, qui se désote dans les limbes des sonora Possibilités.

Un mot suprême m'est à dire.

Tel rêve mis au jour est latent en cet ébat de Flûtes volatil et songeur sonnant discret on ne sait quel avenir :

L'APRÈS-MIDI D'UN FAUNE Eglogue par Stéphane Mallarmé.

Moi, simplement, j^ai vu le possible, multiplié et formulé : et je salue, dans l'attitude sincèrement humble du Disciple qui dit : qu'il n*eût souhaité son souhait sans la préexistence du Maître.

L'oppurtunité de renier de trop puériles idées et d'énoncer intégrales ma pensée et ma volonté d'homme me somma de parler. Aussi, quelque soin de prendre date pour le prime salut, U-haut donné, i quelques viables vérités.

Maintenant, ce étant dit que l'on devait ouïr, muette et sourde à l'entourage mondain ma simplesse rentre pour n'en plus sortir en son Travail et son silence : cet espoir vague espéré, qui vers des certitudes s'élargit quand se solennise de harpes blanches le lent étoilement du grand ciel enténébré.

Au moisd'aoQi i8t

DES PRESSES d'aLCAN L^VY

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