‹ Traité élémentaire d'agricultureChapitre 1 sur 167 · SS · texte numérisé non relu

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11 fut une époque, heureusement déjà loin de nous, où l'agriculture ne comprenait que la culture des plantes céréales et de quelques plantes industrielles: les fourrages ne comptaient pas encore au nombre des plantes agricoles. Privés d'une suffisante quantité de nourriture pour leurs l>estiaux, les cultivateurs étaient obligés de restreindre tellement le nombre de ceux-ci, que, ne pouvant en obtenir l'engrais nécessaire pour fumer toutes leurs terres, ils laissaient le sol improductif une année sur trois. Durant cette année, ils amassaient les engrais, et purgeaient la terre des plantes nuisibles qui s'y étaient multipliées pendant les deux années consacrées à la culture des céréales.

Telle est l'origine de la jachère.

Quand les besoins de la consommation s'accrurent avec la population, on sentit la nécessité de demander à la terre une plus grande quantité de produits; on reconnut la possibilité d'en» obtenir une récolte chaque année, et d'en augmenter en même temps le rendement. Mais, pour atteindre ce but, il fallait fumer la terre plus abondamment, entretenir un plus grand nombre* de bestiaux, et, partant, consacrer une certaine étendue du sol à la culture des plantes propres à leur nourriture. C'est de cette époque que dale l'introduction des plantes fourragères dans l'agriculture. Depuis lors, on a pu nourrir plus de bestiaux, obtenir plus d'engrais, et l'on récolte maintenant vingt hectolitres de blé là où l'on n'en obtenait que huit.

Les fourrages ne concourent pas seulement à la nourriture de l'homme, en fournissant l'alimentation des animaux producteurs d'engrais, ils ont encore une autre destination non moins importante : ils

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