‹ Traité élémentaire d'agricultureChapitre 11 sur 167 · Mélange de fumier, chaux et compost · texte numérisé non relu

Mélange de fumier, chaux et compost

médiocres.

id.

très-pet il es.

médiocres.

petites.

médiocres.

assez belles.

très-petites.

id.

mauvaises.

Il manque malheureusement à ces expériences une donnée bien importante, la dose de chaque engrais employé; toutefois les résultats précédents indiquent suffisamment la tendance des effets produits.

La pomme de terre doit être fumée abondamment; il lui faut, autant que possible, de 40,000 à 60,000 kil. de bon fumier par hectare. Toutefois, comme les fumiers d'étable, frais et peu décomposés, appliqués en grande quantité au moment de la plantation, sans avoir été suffisamment mélangés avec le sol, soit sur le tubercule même, soit en couverture après le premier ou le second binage, ont nécessairement pour effet de concentrer une plus grande quantité d'humidité au pied des plantes, et peuvent même y favoriser une fermentation putride, on réserve cette méthode pour les terres parfaitement saines, où la sécheresse est beaucoup plus à craindre que l'humidité. Dans les terres fortes, au contraire, on fume le plus tôt possible, en fumiers également et suffisamment fermentes, afin d'amalgamer ceuxci avec le sol par deux ou trois labours successifs.

Dans tous les cas, on s'attachera à fumer, d'abord, les terres les plus humides, et l'o i réservera les plus légères et les plus inclinées pour les fumures de printemps ou d'été.

En Flandre et dans lePalatinat du Rhin, il est d'usage d'arroser de

DK LA POMME DE TEKRE.

purin les pouunes de terres, en juin, immédiatement avant le buttage; on y emploie, par hectare, de 25 à 50 tonneaux de purin de 0 hectolitres chacun, et on les répand sur la surface du terrain, de même qu'on le fait sur les prairies. Le butlage, qui a lieu ensuite, accumule au pied des piaules la terre imprégnée de purin, et accroît prodigieusement leur végétation; ou réalise ainsi des récoltes considérables.

On obtient également de très-abondantes récoltes lorsqu'on plante la pomme de terre sur des prés rompus, ou sur des lerrains écobués. On n'a pas besoin de fumer pendant les premières années. Un cultivateur de Saint-Saens (Seine Inférieure) a constaté que le fumier confectionné avec des litières de fougère donne un produit plus abondant et exempt de toute altération. L'abondance du produit peut parfaitement s'expliquer par la grande quantité de potasse qui existe dans la fougère, potasse essentielle à la végétation de la pomme de terre.

■odes de reproduction et de multiplication. — Contrairement à ce qui a lieu pour le plus grand nombre des autres récolles, on peut employer, pour la propagation de la pomme de terre, quatre moyens différents : les semences, les boutures, les yeux détachés des tubercules, et les tubercules eux-mêmes.

Semis. Il y a longtemps déjà que la culture par semis a été proposée; mais c'est seulement depuis que ce procédé a été conseillé pour combattre la maladie qui sévit contre cette plante que des essais ont été faits en assez grand nombre pour qu'on ait pu en apprécier la valeur. Voici les soins que réclame cette opération, et les résultats qu'elle a donnés.

En automne, avant les premières gelées, on recueille les baies de pommes de terre les plus mûres; on les conserve dans un endroit sec, à l'abri du froid, jusqu'au commencement de février, atln de leur faire acquérir un dernier degré de maturité; on les écrase alors dans un vase où on les laisse pendant six ou huit jours. Dans le Midi, où les haies mûrissent plus facilement, on pourra les écraser aussitôt après leur récolte. Lorsque la pulpe commence à se putréfier, on en sépare la semence par des lavages successifs à l'eau, et, quand elle est convenablement épurée, on la sèche dans un endroit cliaud, pour la conserver jusqu au moment de la semaille. Le point essentiel est d'avoir des fruits bien mûrs; sans cela, on n'obtiendra que des plantes chélives, qui ne donneront des tubercules bien constitués que la seconde ou la troisième année.

Aussitôt que les gelées tardives ne sont plus à craindre, on sème cette graine sur une couche réchauffée avec du fumier du cheval. Pour que les graines soient assez espacées, on les mêle avec deux fois au-

2tt A HT AGRICOLE.

tant de sable fin; ou sème à la volée, et, lorsqu'elles commencent à se développer, on. les recouvre, pendant la nuit, de châssis vitrés ou de nattes.

Lorsque les plantes ont atteint 0W10 d'élévation, et surtout avant que les jeunes tubercules soient formés, on procède au repiquage. Les sujets sont placés dans un sol léger, bien ameubli, suffisamment fumé, à la dislance à laquelle on plante ordinairement les pommes de terre. Pour opérer ce repiquage, on met, dans un panier garni d'un linge mouillé, la quantité de jeunes plantes suffisante pour le travail d'une demi -journée; un ouvrier ouvre un trou avec la houe ou la bêche, un autre le suit et dépose deux ou trois plantes couchées horizontalement, de manière que les jeunes tiges soient enterrées plus profond ment de 0m05 ou 0n,08 qu'elles ne Tétaient sur la couche; chaque trou est ensuite rempli de terre bien meuble et légèrement tassée avec la main. Il convient de ne l'aire cette opération que par un temps couvert; on donne ensuite à cette plantation les mêmes soins d'entretien que pour les plantations de tubercules.

Les semis de pomme de terre, effectués de bonne heure et avec des graines bien mures, ont généralement donné un produit moyen de 5 décilitres par pied, pour la première année; les plus gros tubercules pesaient de 300 à 560 grammes. La seconde année, ces mêmes tubercules ont donné un produit bien plus abondant, et cette augmentation s'est encore fait sentir la troisième année, époque ou chaque tubercule a atteint son dernier degré de perfection.

Quant à l'utilité, pour la grande culture, de ce mode de multiplication, il faut reconnaître qu'il n'a pas donné le résultat principal qu'on en attendait, c'est-à-dire qu'il n'a pas empêché les plantes d être atteintes par la maladie à laquelle on croyait les soustraire. Mais ces essais ont permis de constater un autre fait important, à savoir, qu'on peut, au moyen des graines, obtenir des produits touUiussi abondants qu'à l'aide d'une plantation de tubercules; toutefois les détails minutieux de cette opération augmentent notablement les frais de culture, et il n'y aura d'avantage à en user que dans les années où l'on manquera de tubercules pour planter.

Multiplication an moyen des boutures et des yeux detacliés des lubercides. Si, d'après M. de Gasparin, l'on sème de bonne heure, dans un terrain bien fumé, des tubercules très-rapprochés, chacun d'eux ne tardera pas à produire de sept à huit tiges. Dès que ces tiges ont acquis 0m08 à 0m10 de longueur, on les coupe ras du sol. on les plante comme des boutures, et, quelques semaines plus tard, on obtient, du premier semis, une seconde récolte de boutures plus nombreuses que la première fois. Comme ces boutures ne produisent qu'un

petit nombre de gros tubercules, on ne laisse que peu de distance entre chaque plante, 0m25 environ.

D'après le même auteur, 560 mètres carrés, plantés avec des tubercules placés à 0ro16 les uns des autres, peuvent fournir un nombre de boutures suffisant pour couvrir un hectare. On obtient donc un produit aussi abondant qu'en plantant des tubercules; mais, les frais de main-d'œuvre étant plus élevés, on ne doit préférer cette méthode que dans les années où la rareté des tubercules en augmente sensiblement le prix. On peut également employer les tiges étiolées qui se développent au printemps sur les pommes de terre conservées dans les caves et les celliers.

On a essayé de remplacer les tubercules par les yeux qu'on en détachait; Ton conservait ainsi, pour l'alimentation, tout le corps de la pomme de terre; mais il est résulté de nombreuses expériences, failes notamment en France et en Angleterre par MM. Villeroy et Campbell, que les yeux, plantés à la même distance que leurs tubercules, ont donné un rendement d'un tiers à un quart inférieur à celui des gros tubercules.

Multiplication nu moyen de tubercules.

Les tubercules de la pomme de terre ne sont autre chose que des bourgeons trèsrenflés, portant, à leur surface, un certain nombre de boutons ou yeux, et qui naissent à l'extrémité des tiges souterraines. Ces bourgeons présentent une organisation à peu près semblable à celle des bourgeons qui se développent sur les tiges aériennes. Ainsi toute la partie centrale (A, fig. 447) se compose d'une masse de tissu cellulaire, analogue à la moelle des bourgeons aériens. Cette masse celluleuse n'est que l'expansion du canal médullaire de la tige souterraine (C), qui porte le tubercule; au delà, on observe une couche très-mince de tissu vasculaire (D), qui n'est elle-même que le prolongement des vaisseaux qui forment l étui médullaire de la tige souterraine. Au-dessus de ces vaisseaux, et jusqu'à la

surface, on trouve une autre couche trés-épaisse (F), uniquement composée aussi de tissu cellulaire, mais plus serré, plus dense que

Fig. Ail. Coupe longitudinal?

d'une pomme de terre rîlelolt?.

relui du centre. Ce tissu occupe la place du tissu sous-épidermoïde fies bourgeons aériens. Enfin, on remarque à la surface un certain nombre de boutons (E, E ) plus ou moins profondément enchâssés, et qui doivent naissance à une petite déviation latérale de la masse cellulaire centrale et des vaisseaux qui la recouvrent. Vn fait digne de remarque, c'est que ces boutons présentent le même phénomène que ceux qui naissent sur les bourgeons proprement dits, à savoir, que les mieux conformés, les plus vigoureux, ceux qui se développent quinze jours ou trois semaines avant les autres, sont les plus récemment formés (E), c'est-à-dire les plus éloignés du point d'attache du tubercule.

Lis tubercules de la pomme de terre ne différent donc des bourgeons proprement dits que par l'absence de feuilles; et les boutons qu'ils portent peuvent, comme les boutons aériens, donner lieu à de nouveaux individus, lorsqu ils sont placés dans les circonstances favorables à leur développement. Aussi est-ce le moyen de propagation le plus prompt, le plus facile, et, à cause de cela, le plus généralement employé. ■ ♦

Mais ce mode oblige à réserver une certaine quantité de la récolte pour 1 ensemencement de 1 année suivante, et, comme à ce moment ces tubercules on. souvent un prix tns-élevé, on a cherché à diminuer cette dépense en ne conservant que les plus petits tubercules, ou bien en coupant les gros par morceaux pourvus d'yeux; d autres cultivateurs ont persisté, au contraire, à choisir de* gros tubercules, ou ceux de grosseur moyenne. A laquelle de ces pratiques convient-il de donner la préférence?

Il est bien certain que les tiges qui naissent des tubercules sont presque exclusivement alimentées par la substance même de ces derniers, jusqu'au moment où, leurs racines venant à se développer, elles empruntent à la terre les éléments nécessaires à leur végétation; les jeunes plantes doivent donc avoir une première croissance, d'autant plus prompte et plus vigoureuse que la pomme de terre m'rc leur fournit une plus grande quantité de substances nutritives. Une grosse pomme de terre doit donner des produits plus forts et plus nombreux qu'une pomme de terre moyenne, et, à plus forte raison, qu'une petite. De nombreuses expér ences ne laissent aucun doute à cet égard. Nous citerons les trois suivantes :

Anderson planta, le 5 mai 177H, dans un pré de mauvaise qualité nouvellement défriché et non fumé, un certain nombre de tubercules espacés à 0"26 en tous sens: les lignes étaient composées ainsi qu'il suit :

J)K LA l'OMMK I>K TbifiHE.

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