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Le sol sablo-calcairo-argileux. ... 52 854 Le sol argileux 47 012
Mais nous venons de voir que la proportion des principes utiles contenus dans les tubercules varie notablement suivant la nature du sol; ainsi, en prenant le total de la matière sècbe ou de la fécule fournie par 2 kil. de nos vingt variétés (tableau d'analyse, p. 15), on obtient1 :
On ne peut donc déterminer avec certitude la convenance relative de chacune de ces terres pour la culture de la pomme de terre qu'en multipliant le rendement total des dix variétés dans cbaque sol par le produit en matière sèche que nous venons d'indiquer, et en divisant le résultat par 2000. Voici la valeur relative de chacune de ces terres à cet égard, avec les nombres exprimant cette valeur :
Sable pur d'aliuvion 1808,20
Sable liumifère 1041.L-5
Sol calcaire 1427,91
Sol argileux 1 £24,20
Nos divers terrains occupent ici le même ordre que. d'après leur pouvoir productif, bien (pie cet ordre diffère beaucoup de celui qui résulte de la richesse de leurs produits en principes utiles. Cela
* Nous ne rappelons pas ici le produit du sable calcairo -argileux, parce que, plusieurs variétés n'y étant pas comprises, le produit total de cette terre ne serait pas comparable avec celui des autres sols. Sans celte circonstance, cette terre occuperait vraisemblablement le quatrième ran^.
Dans la terre calcaire. .
Dans le sable liumifère.
Dans la terre argileuse
Dans le sable d'all'ivim
Km mat ère sèche. Kii fécule.
0*»,r,3Qo 0>il 27959
s'explique par les rendements plus considérables qui viennent compenser la moins grande richesse en principes utiles. Mais on voit aussi se confirmer ce que nous avons dit des sols qui conviennent le mieux à la pomme de terre..
Place dan* la rotation. — La végétation active et vigoureuse de la pomme de terre lui permet de succéder, sans inconvénient, à toute espèce de récolte. Elle peut même se succéder à elle-même, pendant plusieurs années consécutives, sans que son produit paraisse en souffrir sensiblement. Schwerz cite plusieurs exemples de terrains qui ont été cultivés en pommes de terre pendant dix, vingt et même trente ans. Toutefois, comme cette plante aime les terrains profondément ameublis, il sera bon de la faire venir de préférence sur les sols nouvellement défoncés, sur les défrichements de luzerne. Ce sera surtout Tune des meilleures plantes à choisir pour les terrains nouvellement écobués, là où les céréales poussent beaucoup en paille, mais donnent peu de grains.
S'il importe peu de faire succéder la pomme de terre à telle ou telle récolte, il n'en est pas de même pour celle qui doit la suivre; car l'ameublissement profond du sol, que détermine sa culture, ne convient pas à toutes les plantes, et notamment aux céréales d'hiver, que déchausserait l'affaissement de la terre. En outre, sa récolte tardive s'oppose souvent à ce qu'on puisse préparer convenablement la terre à recevoir un ensemencement d'hiver. Aussi, est-ce presque toujours au début de la rotation des cultures qu'on la place, pour la faire suivre par une céréale de printemps.
On peut aussi la cultiver, comme récolte intercalaire, après l'enlèvement des récoltes précoces, telles que le colza, le lin, la navette, le seigle, le trèfle incarnat, la vesce d'hiver.
Culture. — Préparatian du sol. La pomme de terre a besoin, pour prospérer, d'une grande masse de terre meuble, et aussi de terri' neuve, dans laquelle elle puisse étendre ses racines et développer ses tubercules. Le sol doit donc recevoir des labours profonds, quel que soit son degré d humidité; s'il est très-humide, ces labours augmenteront sa perméabilité et la plante en souffrira moins; s'il est très sec, ils permettront à la pomme de terre d'y enfoncer ses racines plus profondément.
M. de Gasparin rapporte l'expérience suivante, faite à Saint-Didier, près Lyon, par M. de Chançay, et qui vient confirmer futilité deslabours profonds.
I n hectare, labouré à 0-10 de profondeur, a produit 7252 kil. de tubercules.
— bêché à 0-.0 86>>9
— défoncé ù 0-15 10905
W AKT AGK1C0LK.
Toutes les luis donc que la nature du sol le permettra, ou cotnmencera par donner un labour de défonceuient de 0m52 à 0ul4o de profondeur. Ce travail devra être exécuté le plus tôt 'possible avant riiiver, alin que la couche de terre ramenée du tond à la surface ait le temps de s'aérer avant la plantation. Dans les terres compactes, on applique un second labour ordinaire au printemps, aussitôt que l'état du sol le permet, puis un troisième en plantant les tubercules. Dans les sols légers et de consistance moyenne, on se contente, après le défoncement d'automne, de donner un labour ordinaire au moment de la plantation.
C'est ici le lieu de dire un mot du mode de préparation du sol adopté, pour cette culture, dans une grande partie de l'Irlande.
On divise d'abord le terrain par planches de l^ôiî à 2 ni. de large, séparées par des intervalles de 0,n06 à 0 m 8 12 ; puis, s'il a été cultivé l'année précédente, on laboure les planches en forme de billons. Ce labour est pratiqué avec la charrue, la houe ou la bêche, selon l'étendue de la surlace et le nombre de bras dont on peut disposer. On brise ensuite les mottes sur ces sillons. Mais, si le sol est inculte, ou en nature d'herbage, on se contente de tracer sur le gazon la place de chaque planche. Dans les deux cas, après ces opérations préliminaires, ou répand le fumier seulement sur les planches, et l'on place pardessus les tubercules espacés à 0ro30 les uns des autres. Cela fait, on retourne les intervalles entre les billons, et, si c'est un herbage, on enlève le gazon très-mince, afin qu'il puisse se diviser plus facilement, puis on répand ce gazon, ou la terre enlevée dans les intervalles, sur les pommes de terre, de manière à les recouvrir d'une couche de 0^0.) d'épaisseur environ. 11 n'est pas nécessaire de biner les pommes de terre qui commencent à lever sur les billons en herbages et qui n'ont pas été labourés, parce que le sol en est assez propre; mais il faut donner cette façon aux billons faits sur les terres déjà en culture, et qui ont été labourées.
Lorsque les plantes dépassent le sol de (TUG à 0m07, on recouvre de nouveau les billons de 0,n05 à 0m04 de terre prise dans les intervalles, et l'on recommence cette opération quand les [liantes ont dépassé une troisième et une quatrième fois ces diverses couvertures; l'ensemble de ces opérations équivaut à une sorte de buttage. Quand on donne la dernière couverture, on coupe à la bèi he les parois des fossés et Ton en approprie le fond avec soin. La coupe d'un champ ainsi cultivé présente à ce moment IVspeel de la ligure 446*. Lors de la récolte et des préparations suivantes, les fossés sont en partie comblés, mais le champ conserve encore la forme de billons assez élevés.
DE LA POMME DE TERRE. *ï
Quoique ce procédé paraisse faire perdre beaucoup d'espace, c'est celui qui donne les produits les plus abondants, surtout dans les sols très-humides. Aussi pensons-nous qu'on pourra l'adopter avec a van-
Fig. 446. Mode de culture de la pomme de terre en Irlande.
tage, mais seulement dans les localités où les bras seront nombreux et le prix du travail peu élevé, car il est d'une exécution lente el exige beaucoup de main-d'œuvre.
Amendements et engrait. — Pour obtenir d'abondants produits, il faudra amender convenablement; ainsi les terres fortes et argileuses seront copieusement chaulées ou marnées, celles qui sont trop humides seront mises en état par des saignées, des fossés ou des opé* rations de drainage, et l'on chargera de marne argileuse, de vase de rivières et d'étangs, de curures de fossés ou de mares, les terres légères ou trop arides.
Les engrais qui paraissent le plus favorables à la pomme de terre sont, sans contredit, les excréments des bêtes à cornes, convertis en fumier, parce qu'ils renferment tout à la fois des débris organiques azotés et des substances salines. Les engrais trop riches en principes organiques azotés, les engrais salins ou minéraux, sont moins propices au développement des tubercules.
D'après Schwerz, Woght et Thaër, les fumiers d'élable répondent, presque poids pour poids, à la consommation de la pomme de terre; l'azote s'y trouve, relativement aux matières carbonées et salines, dans le rapport de 100 à 49, et, dans la pomme de terre, l'azote est à ces dernières matières comme 100 à 47. D'où il résulte que le rendement moyen de la pomme de terre étant, . par hectare, de 21,600 kil. de tubercules, et, d'après M. Boussingault, de 4,968 kil. de fanes vertes, ou en tout de 26,568 kil., cette récolte aura puisé dans la terre l'équivalent de 21 ,600 kil. de fumier ou environ 81 kil. pour 100 kil. de tubercules et de tiges produits.
Les résultats suivants démontrent bien que cette plante, peu avide d'engrais azotés, exige surtout, dans le sol, la présence de substances
«Pline décomposition facile, riches en alcali, et qui soient une soum abondante d'acide carlionique.
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